Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30)

Les États s'engagent à faire de la protection sociale un pilier de la résilience climatique et d'une transition juste

La Déclaration de Belém sur la faim, la pauvreté et l'action climatique centrée sur l'humain, récemment adoptée lors de la COP30 au Brésil, fixe des engagements ambitieux en matière de protection sociale.

24 novembre 2025

© ILO/Laly Margarita Malagó
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BELÉM (OIT Infos) – La protection sociale a été placée au cœur de la Déclaration présentée le 7 novembre, à Belém, au Brésil, lors du sommet des dirigeants de la Conférence des Parties 30 (COP30). Signée par 43 pays et l'Union européenne, la déclaration comprend un certain nombre d'objectifs concrets et invite les organisations internationales, dont l'OIT, à contribuer au suivi de leur mise en œuvre. Parmi les engagements figurent notamment:

  • Soutenir les pays en développement vulnérables aux effets du changement climatique dans l'extension de la couverture de la protection sociale, notamment ceux qui se fixent comme objectif une augmentation de deux points de pourcentage par an.
  • Adapter les systèmes de protection sociale pour répondre aux effets du changement climatique.
  • Mobiliser davantage de financements climatiques pour le renforcement des systèmes de protection sociale.
  • Augmenter le nombre de pays qui intègrent la protection sociale et la transition juste dans leurs stratégies climatiques, notamment les contributions déterminées au niveau national (CDN), les stratégies climatiques nationales et les plans d'adaptation nationaux (PAN).

L'OIT réaffirme son engagement en faveur d’une protection sociale universelle en soutien à la déclaration de Belém

Lors d'un atelier consacré aux solutions en soutien à la déclaration de Belém, convié par le ministère brésilien du Développement social le 11 novembre, Vinicius Pinheiro, directeur de l'OIT pour le Brésil, a affirmé:

L'OIT s'engage pleinement à faire progresser les objectifs de la déclaration et à contribuer au suivi de leur mise en œuvre. L'OIT a joué un rôle déterminant dans la promotion d'un objectif visant à étendre la couverture dans les pays en développement d'au moins deux points de pourcentage par an, et nous sommes très heureux de voir cet engagement repris dans la Déclaration de Belém.

L'OIT publie régulièrement des données sur la couverture de la protection sociale, y compris dans les pays les plus vulnérables au changement climatique, ainsi que sur l'intégration de la protection sociale dans les stratégies climatiques telles que les CDN.

En partenariat avec la FAO, l'UNICEF et l'UNRISD, l'OIT a également organisé un événement le 12 novembre consacré au rôle de la protection sociale dans le renforcement de la résilience climatique et d'une transition juste. Animé par Kumi Naidoo, président du Traité sur la non-prolifération des combustibles fossiles, ancien secrétaire général d'Amnesty International et de Greenpeace International, cet échange a mis en lumière des expériences concrètes et des perspectives de groupes clés, notamment celles des travailleurs, des employeurs, des jeunes et des femmes.

© ILO
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De gauche à droite : Flore Ghetti, Gina Cortés Valderrama, Kumi Naidoo, María Noel Estrada, Mansi Shah, João Pedro Dias. Belém, Brésil, 12 novembre 2025.

«Pour les travailleurs pauvres de l'économie informelle, le changement climatique est une crise quotidienne et bien réelle. [...] Nous sommes convaincus que les syndicats et les organisations de travailleurs peuvent contribuer à amplifier la voix des travailleurs dans les espaces politiques, en veillant à ce que la protection sociale contre les chocs climatiques soit un droit quotidien et non un privilège», a expliqué Mansi Shah, de l'Association des femmes travailleuses indépendantes (SEWA) en Inde.

Les représentants des gouvernements du Cambodge, de la Gambie et du Brésil ont également partagé leurs expériences et réflexions sur les progrès réalisés pour étendre et adapter les systèmes de protection sociale face aux impacts du changement climatique.

Favoriser une transition juste grâce à l’Accélérateur mondial

Ces messages et engagements ont été renforcés lors d'un événement parallèle organisé le 15 novembre au pavillon français, où l'OIT, l'Agence française de développement (AFD) et des représentants nationaux d'Afrique du Sud, du Mexique et de Caritas Brésil ont souligné que pour réaliser les ambitions climatiques, il fallait donner la priorité au développement social et économique parallèlement à des politiques ambitieuses de décarbonisation.

L'AFD, en tant que co-responsable de la Coalition pour l'investissement social du Sommet Finance in Common (FICS), est l'une des banques publiques de développement pionnières qui promeuvent l'investissement social comme élément nécessaire à une transition juste.

«La justice sociale n'est plus une option pour nous, c'est une condition préalable à la réussite des projets que nous soutenons. Dans notre nouvelle feuille de route «Planète» pour 2025-2030, nous concilions climat, nature et développement en intégrant systématiquement les questions sociales et d'inégalité», a expliqué Audrey Rojkoff, directrice Climat et Nature de l'AFD.

Cela correspond bien à l'approche de l'OIT, qui considère la création d'emplois décents et la protection sociale universelle comme des catalyseurs de l'action climatique.

«Une transition juste pour tous, la création d'emplois décents et la protection sociale ne sont pas seulement des avantages connexes, ils sont les catalyseurs de l'ambition tant en matière d'atténuation que d'adaptation. À ce titre, les objectifs d'une transition juste et de la justice sociale doivent être placés au début, et non à la fin du processus», a déclaré Moustapha Kamal Gueye, directeur du Programme d'action prioritaire de l’OIT pour une transition juste.

La protection sociale reconnue dans les décisions prises en matière d'adaptation et de transition juste

L'importance croissante accordée à la protection sociale pour renforcer la résilience climatique et soutenir une transition juste s'est également reflétée dans les décisions prises dans plusieurs domaines clés des négociations. Les indicateurs d'adaptation de la Déclaration de Belém, qui permettront de suivre les progrès collectifs vers la réalisation de l'objectif mondial en matière d'adaptation défini dans l'Accord de Paris, comprennent deux indicateurs relatifs à la protection sociale. Les parties ont également convenu de mettre en place un mécanisme de transition juste afin de traduire les discussions sur la transition juste, y compris celles liées à la protection sociale, en actions concrètes sur le terrain.

Les experts de l’OIT en matière de protection sociale et de transition juste ont apporté leur soutien aux Parties tout au long des délibérations, en qualité d’observateurs et de conseillers techniques.