Des femmes demandeuses d’asile retrouvent le sourire après avoir appris à transformer les déchets agricoles en biochar, une source d’espoir pour leur autonomie

Emplois verts

Transformer l’adversité en opportunité grâce au biochar

Au Nord de la Côte d’Ivoire, Diallo Koundja et sa famille, demandeurs d’asile du Burkina Faso, retrouvent espoir et dignité grâce à un projet de l’OIT sur le biochar.

6 août 2025

Des femmes demandeuses d’asile retrouvent le sourire après avoir appris à transformer les déchets agricoles en biochar, une source d’espoir pour leur autonomie © François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
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ABIDJAN (OIT Infos) – Père de sept enfants, Diallo Koundja a tout laissé derrière lui au Burkina Faso pour fuir l’insécurité. Depuis deux ans, il vit avec sa famille sur le site de demandeurs d'asile de Nioronigué, dans la commune de Ouangolodougou, au Nord de la Côte d'Ivoire.

Dans cet espace exigu, les conditions de vie restent précaires. L’accès à l’eau, à la terre, et aux opportunités dépend encore largement de l’aide humanitaire. Les ressources limitées mettent à l’épreuve la cohésion sociale entre réfugiés et communautés hôtes.

Diallo Koundja prépare la biomasse, premier geste vers une nouvelle vie grâce au biochar.
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
Diallo Koundja prépare la biomasse, premier geste vers une nouvelle vie grâce au biochar.

C’est dans ce contexte difficile, qu’une initiative de l’Organisation internationale du Travail (OIT), soutenue par le peuple japonais, redonne espoir. À travers le projet « Emplois verts pour les jeunes en réponse à la crise des réfugiés au Nord de la Côte d’Ivoire », l’OIT propose une réponse innovante : transformer les déchets agricoles en amendement organique pour enrichir les sols, améliorer la productivité et réduire la dépendance aux engrais chimiques.

Cette technologie, appelée biochar, est en train de changer la donne pour des réfugiés comme Diallo.

Le biochar : un levier d’autonomisation économique pour les réfugiés

Pour Diallo, ce projet représente bien plus qu’une simple activité économique. « J’accueille ce projet avec beaucoup de satisfaction. Maitrisant le mécanisme de production du biochar grâce à l’OIT, je vais en faire, avec ma famille, une activité lucrative. Je compte produire davantage de biochar et le vendre aux cultivateurs de coton, de maïs ou de sorgho dans la région », confie-t-il avec conviction.

Demandeurs d’asile et communautés hôtes unis autour d’un savoir : transformer les déchets en biochar pour bâtir un avenir durable.
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
Demandeurs d’asile et communautés hôtes unis autour d’un savoir : transformer les déchets en biochar pour bâtir un avenir durable.

Si lui et les autres demandeurs d’asile ne disposent pas encore de terres à cultiver, ils voient dans cette activité une véritable aubaine pour bâtir leur autonomie financière. Diallo nourrit même le rêve d’ériger un comptoir de vente de biochar afin d’approvisionner durablement les agriculteurs locaux.

La cohésion sociale au cœur du projet biochar

Au-delà des perspectives économiques, le projet agit comme un catalyseur de paix et de cohésion sociale. Sur le site de Nioronigué, les premières coopératives prennent forme, rassemblant réfugiés et communautés hôtes autour d’un objectif commun : valoriser les ressources locales pour un développement partagé.

Avec ces coopératives, la cohésion se renforce, la cohabitation est plus pacifique.

Diallo Koundja, demandeur d'asile
Le carbonisateur renversé, la flamme va s’éteindre sous le sable, révélant le biochar : un trésor pour des sols fertiles et des vies transformées.
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
Le carbonisateur renversé, la flamme va s’éteindre sous le sable, révélant le biochar : un trésor pour des sols fertiles et des vies transformées.

Grâce au biochar, l’espoir renaît pour Diallo et sa famille. Loin d’être une simple technique agricole, il devient ici un levier de résilience, de dignité retrouvée et de dialogue sociale facilitant le vivre ensemble.

Une solution locale à un défi global

Ce projet de l’OIT illustre parfaitement comment des solutions locales peuvent répondre à des défis mondiaux : changement climatique, déplacements forcés, insécurité alimentaire et pauvreté. Le biochar devient ici bien plus qu’une technique agricole, c’est un outil de résilience, de dialogue social et de transformation humaine.

En offrant à Diallo et à sa famille les moyens de subvenir à leurs besoins par eux-mêmes, ce projet porté par l’OIT et le Japon ne se contente pas de former, il transforme. Il redonne aux réfugiés comme Diallo les moyens de se reconstruire avec dignité, aux côtés de leurs nouveaux voisins, pour bâtir un avenir commun.

Des femmes demandeuses d’asile retrouvent le sourire après avoir appris à transformer les déchets agricoles en biochar, une source d’espoir pour leur autonomie
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
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