4e Conférence internationale sur le financement du développement
Evénement de haut niveau: l’appel à une action audacieuse concrétisant la promesse de Séville au Sommet de Doha
En marge de la Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FfD4), les dirigeants des Nations Unies, des banques de développement et des partenaires sociaux tracent une voie vers un développement social inclusif et durable.
SÉVILLE (OIT Infos) – En marge de la Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FfD4), l’Espagne, le Qatar, l’Organisation internationale du Travail (OIT) et le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (UNDESA) ont organisé, le 1er juillet, un événement spécial de haut niveau visant à faire progresser l’agenda social mondial.
Réunissant des hauts représentants gouvernementaux, des dirigeants des Nations Unies, des banques de développement et des partenaires sociaux, l’événement – De Séville à Doha: Financer un développement social inclusif et durable – a posé les bases du Deuxième Sommet mondial pour le développement social (WSSD2, 2nd World Social Summit on Development), prévu à Doha du 4 au 6 novembre 2025.
Modéré par le Directeur général de l’OIT, Gilbert F. Houngbo, l’événement s’est ouvert sur un message clair: les cadres de financement mondiaux doivent servir les personnes avec équité, résilience et justice sociale. «Appelons cela par son nom: la solidarité, à l’intérieur des États et entre eux», a déclaré M. Houngbo. «Le multilatéralisme inclusif a besoin d’actes.»
L’événement a mis en lumière le Compromiso de Sevilla, document final de la FfD4, comme une étape historique dans le repositionnement des investissements sociaux comme éléments essentiels de la transformation économique. Ce document appelle les pays à accroître la couverture de la protection sociale d’au moins deux points de pourcentage par an, une référence fondée sur des données probantes, approuvée par l’OIT. Le Directeur général Houngbo a annoncé le lancement prochain d’une plateforme mondiale dirigée par l’OIT pour suivre et soutenir la mise en œuvre de cet objectif, affirmant la volonté de l’Organisation d’accompagner les États Membres dans la concrétisation de leurs engagements.
Yolanda Díaz, Vice-Présidente du gouvernement espagnol et Ministre du Travail et de l’Économie sociale, et Maryam bint Ali bin Nasser Al-Misnad, Ministre d’État à la Coopération internationale du Qatar, ont souligné la nécessité d’un leadership politique soutenu pour intégrer les objectifs sociaux dans les cadres macroéconomiques. Toutes deux ont réaffirmé l’engagement de leurs gouvernements à faire en sorte que Séville et Doha s’inscrivent dans une même dynamique de reconstruction de la confiance publique et de progrès social.
Le Secrétaire général adjoint de l’ONU, Li Junhua, a insisté sur le fait que «les dépenses sociales ne sont pas un luxe, mais un investissement productif». Il a appelé à des efforts plus audacieux pour aligner les politiques fiscales sur le développement social, notant que la confiance du public est la plus forte là où les systèmes fiscaux et de transferts sociaux sont équitables et efficaces.
Dans son discours principal, le Président du Conseil économique et social (ECOSOC), Bob Rae, a attiré l’attention sur la crise mondiale de confiance envers les institutions. Il a soutenu que la construction de sociétés inclusives exige un nouveau récit économique – centré sur la dignité, le travail décent et la résilience collective, plutôt que sur des rendements à court terme.
Le panel a rassemblé des contributions de la Banque de développement du Conseil de l’Europe, de l’Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social, du Think Tank de l’économie sociale Arizmendiarrieta, ainsi que des partenaires sociaux de l’OIT.
Luc Triangle, de la Confédération syndicale internationale (CSI), a souligné la nécessité d’institutionnaliser les salaires décents, une protection sociale sensible au genre et le droit à la liberté syndicale.
Roberto Suárez Santos, de l’Organisation internationale des employeurs (OIE), a plaidé pour orienter les financements du secteur privé vers les entreprises alignées sur les normes internationales du travail et les Objectifs de développement durable (ODD). Iñigo Albizuri a quant à lui mis en avant le rôle catalyseur de l’économie sociale et solidaire et a appelé à son intégration dans les stratégies de financement.
L’événement s’est conclu par un rappel de la promesse de Séville et du chemin vers Doha, avec les remarques finales de Lok Bahadur Thapa, Représentant permanent du Népal auprès des Nations Unies et co-facilitateur des négociations sur les conclusions de la FfD4. Il a souligné que le Compromiso de Sevilla doit désormais se traduire par une action transformatrice à Doha.
Alors que l’attention de la communauté internationale se tourne vers Doha, l’OIT a réaffirmé son engagement à jouer un rôle de chef de file et de catalyseur pour placer la justice sociale et le travail décent au cœur des efforts en faveur des personnes et de la planète.