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Pour combattre des problèmes sociaux aussi complexes que le travail des enfants, il faut absolument pouvoir compter sur des données précises et fiables. Les estimations mondiales fournissent une bonne vue d’ensemble de la situation actuelle du travail des enfants, tant au niveau mondial qu’à l’échelle régionale, ainsi que des points de repère concernant le rythme auquel progresse la lutte contre le travail des enfants dans le monde et dans les régions.
Par ailleurs, les estimations contribuent à mieux faire connaître le problème du travail des enfants dans le monde, l’ampleur et les principales caractéristiques de ce phénomène, et là où il sévit le plus dans le monde. Elles constituent une composante essentielle d’un programme d’action interinstitutions à plus grande échelle entrepris dans le cadre de l’Alliance 8.7 en vue de mesurer et de suivre les progrès accomplis pour atteindre la cible 8.7 des objectifs de développement durable (ODD).
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Pour la première fois, les estimations mondiales de 2020 ont été produites conjointement par l’OIT et l’UNICEF, en qualité de coresponsables de la cible 8.7 des objectifs de développement durable.
D’autres institutions partenaires du système des Nations Unies et des experts de l’extérieur ont également été consultés aux fins de ces estimations.
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Les premières estimations mondiales ont été publiées en 2000; les suivantes en 2004, 2008, 2012 et 2016.
Les estimations mondiales de 2020 sont donc les sixièmes de la série; elles nous permettent de dresser un tableau détaillé des tendances enregistrées ces vingt dernières années relativement au travail des enfants.
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Le travail des enfants comprend les travaux que les enfants sont trop jeunes pour effectuer et/ou les travaux qui, par leur nature ou leurs circonstances, sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou au développement moral des enfants. Trois grandes normes internationales relatives aux droits de l'homme et aux droits du travail - la Convention relative aux droits de l'enfant, la convention (n° 138) sur l'âge minimum d'admission à l'emploi (BIT) et la convention (n° 182) sur les pires formes de travail des enfants (BIT), universellement ratifiée - fixent les limites juridiques du travail des enfants et servent de base aux actions nationales et internationales visant à y mettre fin.
En termes plus techniques, le travail des enfants englobe le travail effectué par des enfants dans tout type d'emploi, à deux exceptions importantes près : les travaux légers autorisés pour les enfants appartenant à la tranche d'âge spécifiée pour les travaux légers ; et les travaux qui ne sont pas classés parmi les pires formes de travail des enfants, en particulier les travaux dangereux, pour les enfants ayant dépassé l'âge minimal d’admission au travail.
Une définition plus large du travail des enfants inclut les services ménagers dangereux non rémunérés, communément appelés "tâches ménagères dangereuses". Les normes statistiques utilisées pour mesurer le travail des enfants dans les tâches ménagères sont toutefois moins développées. Les tâches ménagères ont été exclues des estimations du travail des enfants publiées dans le Rapport, sauf indication contraire.
Les définitions statistiques et concepts détaillés utilisés figurent en annexe du rapport sur les estimations mondiales et dans une publication séparée intitulée Méthodologie des estimations mondiales du travail des enfants.
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Les travaux dangereux effectués par des enfants désignent toute activité ou occupation qui, par sa nature ou par les conditions dans lesquelles elle s’exerce, est susceptible de nuire à la santé, à la sécurité ou au développement moral de l’enfant.
En général, les conditions de travail dangereuses englobent le travail de nuit et de longue durée, l’exposition à des sévices physiques, psychologiques ou sexuels, les travaux exécutés sous terre, sous l’eau, à des hauteurs dangereuses ou dans des espaces confinés, les travaux exécutés avec des machines, du matériel ou des outils dangereux ou qui nécessitent la manipulation ou le transport de lourdes charges, et les travaux exécutés dans un milieu malsain pouvant, par exemple, exposer les enfants à des substances, des agents ou des procédés dangereux, ou à des conditions de température, de bruit ou de vibrations préjudiciables à leur santé.
Pour les estimations mondiales de 2020 du travail des enfants, le travail dangereux se mesure en fonction d’une liste d’industries ou d’occupations dangereuses, d’heures de travail supérieures à 43 heures par semaine, et de conditions de travail dangereuses (comme le travail de nuit).
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Comme toutes celles qui sont produites tous les quatre ans depuis 2000, les estimations de 2020 sont fondées sur l’extrapolation de données tirées d’enquêtes nationales auprès des ménages.
Les estimations de 2020 utilisent des données tirées de plus de 100 enquêtes menées auprès des ménages portant sur les deux tiers de la population mondiale d’enfants âgés de 5 à 17 ans : enquêtes à indicateurs multiples menées avec l’assistance de l’UNICEF; enquêtes menées avec l’assistance de l’OIT; enquêtes démographiques et de santé de l’USAID enquêtes sur la population active; et autres enquêtes nationales auprès des ménages.
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Différents groupements régionaux sont utilisés par l’OIT, l’UNICEF et aux fins du suivi de la réalisation des objectifs de développement durable. Les estimations mondiales sont ventilées par zone géographique de la manière qui convient à chacune.
Les estimations pour 2020 présentées dans le corps du Rapport concernent six des sept principaux groupements régionaux utilisés pour le suivi de la réalisation des objectifs de développement durable, soit : Afrique subsaharienne; Afrique du Nord et Asie occidentale; Asie centrale et du Sud; Asie de l’Est et du Sud-Est; Amérique latine et Caraïbes; Europe et Amérique du Nord. Le septième groupement régional aux fins des ODD, l’Océanie, est omis en raison du peu de données disponibles.
L’annexe statistique du Rapport présente également des estimations pour 2020 correspondant aux régions définies en fonction de la nomenclature régionale utilisée au Département de statistique du BIT (Afrique, États arabes, Asie et Pacifique, Europe et Asie centrale), ainsi qu’aux groupements régionaux de l’UNICEF (Asie orientale et Pacifique, Afrique orientale et australe, Europe centrale et Asie centrale, Amérique latine et Caraïbes, Moyen-Orient et Afrique du Nord, Amérique du Nord, Asie du Sud, Afrique de l’Ouest et du Centre, Europe occidentale).
Les régions figurant dans le corps du Rapport pour l’analyse des tendances sont limitées à trois : Afrique subsaharienne; Amérique latine et Caraïbes; Asie et Pacifique. D’autres régions ne figurent pas dans l’analyse des tendances en raison du peu de données disponibles sur le travail des enfants.
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Non. Les estimations mondiales sont fondées sur les informations tirées d’enquêtes auprès des ménages. Ces enquêtes ne permettent pas de recueillir des données sur d’autres pires formes de travail des enfants (esclavage, traite, conflits armés, prostitution, activités illicites, etc.).
Les estimations du travail forcé des enfants et de l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales seront présentées dans la publication intitulée Les estimations mondiales de l’esclavage moderne : travail forcé et mariage forcé, à venir en 2022.
Il faut de nouveaux outils de recherche pour optimiser la mesure du recrutement forcé d’enfants en vue de leur utilisation dans des conflits armés et l’utilisation d’enfants à des activités illicites.
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Non. Les enfants âgés de 12 à 14 ans exécutant un travail léger (c’est-à-dire une activité non dangereuse pendant moins de 14 heures par semaine) et les enfants âgés de 15 à 17 ans exécutant un travail non dangereux (pendant moins de 43 heures par semaine) ne sont pas concernés par le travail des enfants.
Conformément aux normes internationales du travail et à la législation nationale, l’autorisation des parents et la supervision par l’inspection du travail sont donc requises. Tous les enfants âgés de moins de 12 ans qui travaillent sont considérés comme étant en situation de travail des enfants.
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Dans le monde, 160 millions d’enfants sont astreints au travail des enfants; près de la moitié d’entre eux, soit 79 millions, effectuent des travaux dangereux. Cela signifie qu’environ un enfant sur dix dans le monde est astreint au travail des enfants, et qu’environ un enfant sur 20 est astreint à un travail dangereux pour les enfants, avec des écarts importants entre les régions, les secteurs d’activité et les emplois.
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Les progrès accomplis à l’échelle internationale dans la lutte contre le travail des enfants stagnent depuis 2016. Le pourcentage d’enfants astreints au travail des enfants est demeuré inchangé, tandis que le nombre absolu d’enfants astreints au travail des enfants a augmenté de plus de huit millions.
Les tendances sont les mêmes concernant les enfants astreints à des travaux dangereux : la situation est presque inchangée en pourcentage; mais on note une augmentation de 6,5 millions d’enfants en chiffres absolus, en quatre ans.
C’est la première fois depuis que nous avons commencé à mesurer ce phénomène, en 2000, que l’on n’a réalisé aucun progrès dans le monde dans la lutte contre le travail des enfants.
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Aujourd’hui, le nombre d’enfants astreints au travail des enfants a diminué de près de 86 millions depuis que nous avons commencé à chiffrer le travail des enfants dans le monde, en 2000. Mais les dernières tendances enregistrées démontrent que nous avons pris beaucoup de retard quant à notre engagement collectif d’éliminer le travail des enfants sous toutes ses formes d’ici 2025.
Dans le Rapport, nous calculons que, pour atteindre la cible 8.7, il faudrait progresser presque 18 fois plus vite dans le monde qu’au cours des deux dernières décennies. Cela montre également que, compte tenu du rythme auquel nous avons avancé de 2008 à 2016, 140 millions d’enfants seront encore astreints au travail des enfants en 2025 si l’on ne passe pas à la vitesse supérieure. Ces calculs ne tiennent pas compte des retombées de la crise du COVID-19, qui ne manqueront pas de ralentir encore notre progression d’ici 2025 (voir ci-dessous).
Ces faits mettent en évidence la nécessité d’agir au plus vite, à un rythme sans précédent, si nous voulons arriver le plus près possible de la cible 8.7 d’ici la date butoir de 2025.
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Oui. Dans l’ensemble, la lutte contre le travail des enfants progresse de façon continue dans les régions Asie et Pacifique, et Amérique latine et Caraïbes. Dans ces deux régions, le travail des enfants a chuté au cours des quatre dernières années, en pourcentage et en chiffres absolus, une tendance à la baisse qui se maintient depuis plusieurs périodes d’estimation de quatre années. Toutefois, une telle progression se révèle difficile à atteindre en Afrique subsaharienne.
Au cours des quatre dernières années, la situation a progressé constamment pour les enfants de 12 à 14 ans et de 15 à 17 ans: le travail des enfants a baissé dans ces deux groupes d’âge, en pourcentage et en chiffres absolus, pendant cette période, une tendance à la baisse déjà enregistrée lors des précédentes périodes d’estimation de quatre années.
En revanche, il est préoccupant de constater que le travail des enfants est en progression dans le cas des jeunes enfants âgés de 5 à 11 ans: en 2020 , le nombre d’enfants astreints au travail des enfants dans ce groupe d’âge a augmenté de 16,8 millions par rapport à 2016.
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Malheureusement pas. Presque tous les ensembles de données sur lesquelles les estimations sont fondées datent d’avant la crise de la COVID-19 – ces données ont été recueillies avant mars 2020, date à laquelle la COVID-19 a été classée officiellement comme une pandémie.
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L’aggravation de la pauvreté et les fermetures d’école associées à la pandémie contribuent à accroître le risque de travail des enfants dans de nombreux contextes.
Un exercice de modélisation a été effectué pour les besoins du rapport en vue de mieux comprendre les retombées à court terme de la COVID-19 sur le travail des enfants. Selon les résultats de cet exercice, qui est fondé sur un simple modèle utilisant les dernières projections concernant la pauvreté pour prédire l’évolution des tendances relatives au travail des enfants jusqu’en 2022, il y aura 8,9 millions d’enfants astreints au travail des enfants de plus d’ici la fin de 2022 du fait de l’aggravation de la pauvreté résultant de la crise de la COVID-19.
L’exercice de modélisation montre également que ce résultat n’est en aucun cas inéluctable; l’incidence réelle de la crise dépendra des mesures prises pour y répondre. Un renforcement de la protection sociale à court terme pourrait atténuer, à tout le moins, les retombées de la crise. En revanche, à supposer que l’accès à la protection sociale soit limité du fait des mesures d’austérité ou d’autres facteurs, le modèle laisse entendre que les conséquences de la crise pour le travail des enfants pourraient être bien pires.
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- Régions: Le nombre d’enfants astreints au travail des enfants atteint des records en Afrique subsaharienne (86,6 millions); viennent ensuite l’Asie centrale et du Sud (26,3 millions), l’Asie de l’Est et du Sud-Est (24,3 millions), l’Afrique du Nord et l’Asie occidentale (10,1 millions), l’Amérique latine et les Caraïbes (8,2 millions) et l’Europe et l’Amérique du Nord (3,8 millions).
En termes de prévalence, près d’un enfant sur quatre en Afrique subsaharienne (23,9 %) sont astreints au travail des enfants. Dans les autres régions, la prévalence est nettement inférieure : elle se situe entre 7,8 % en Afrique du Nord et en Asie occidentale, 6,2 % en Asie de l’Est et du Sud-Est, 6,0 % en Amérique latine et dans les Caraïbes, 5,5 % en Asie centrale et du Sud, et 2,3 % en Europe et en Amérique du Nord. - Groupes d'âge: Sur les 160 millions d’enfants astreints au travail des enfants, 89 millions sont âgés de 5 à 11 ans, et environ 35 millions ont de 15 à 17 ans. Toutefois, la prévalence du travail des enfants est presque la même dans les trois groupes d’âge – 9,7 % pour les 5 à 11 ans, 9,3 % pour les 12 à 14 ans, et 9,5 % pour les 15 à 17 ans.
- Sexe: Il y a nettement plus de garçons que les filles en situation de travail des enfants. Sur les 160 millions d’enfants astreints au travail des enfants, 97 millions sont des garçons et 63 millions sont des filles. Il convient de noter, cependant, que lorsque les tâches ménagères, à raison de plus de 21 heures par semaine, sont incluses dans la définition du travail des enfants, l’écart entre les sexes en matière de participation au travail des enfants se rétrécit.
- Secteurs: L’essentiel du travail des enfants se retrouve dans le secteur agricole, qui emploie 70 % de tous les enfants astreints au travail des enfants. Le secteur agricole englobe l’agriculture de subsistance et l’agriculture commerciale, ainsi que la pêche, la foresterie, l’élevage et l’aquaculture. Dix pour cent des enfants astreints au travail des enfants sont employés dans le secteur industriel, dont les mines et la constructions, 5 % dans le travail domestique et 15 % dans d’autres services.
- Situation dans l'emploi: Soixante-douze pour cent de tous les enfants astreints au travail des enfants, et 83 pour cent des enfants astreints au travail des enfants âgés de 5 à 11 ans, travaillent au sein de leur famille, essentiellement dans des exploitations familiales ou dans d’autres microentreprises familiales. Dix-sept pour cent de tous les enfants astreints au travail des enfants sont des salariés, et les 11 % restant sont des travailleurs indépendants.
- Régions: Le nombre d’enfants astreints au travail des enfants atteint des records en Afrique subsaharienne (86,6 millions); viennent ensuite l’Asie centrale et du Sud (26,3 millions), l’Asie de l’Est et du Sud-Est (24,3 millions), l’Afrique du Nord et l’Asie occidentale (10,1 millions), l’Amérique latine et les Caraïbes (8,2 millions) et l’Europe et l’Amérique du Nord (3,8 millions).
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Alors que le travail des enfants dans les tranches d’âge des 12 à 14 ans et des 15 à 17 ans a continué de diminuer ces quatre dernières années, il a augmenté dans le groupe d’âge des 5 à 11 ans.
En 2020, le nombre d’enfants âgés de 5 à 11 ans astreints au travail des enfants a augmenté de 16,8 millions par rapport à 2016. En outre, il faut approfondir les recherches par pays et par région afin de comprendre les raisons de cette augmentation du travail des enfants chez les plus jeunes et de déterminer les mesures à prendre pour y remédier. Nous savons déjà, toutefois, que l’essentiel du travail des enfants chez les plus jeunes persiste dans la cellule familiale et dans le secteur agricole, et que les mesures à prendre pour y remédier doivent donc cibler ces contextes.
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L’aggravation globale du travail des enfants au cours des quatre dernières années est due essentiellement à l’augmentation du nombre d’enfants astreints au travail des enfants en Afrique subsaharienne, tant en pourcentage (d’1,5 point de pourcentage) qu’en chiffres absolus (de 16,6 millions).
En revanche, le travail des enfants a chuté au cours de ces quatre dernières années, tant en pourcentage qu’en chiffres absolus, dans les régions Asie et Pacifique, et Amérique latine et Caraïbes, une tendance à la baisse qui se maintient depuis plusieurs périodes d’estimation de quatre ans.
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Non, la répartition sectorielle du travail des enfants n’a pas vraiment évolué au cours des quatre dernières années.
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Les estimations révèlent que le travail des enfants est particulièrement répandu dans les pays à faible revenu, mais le problème n’est en aucun cas propre aux pays à faible revenu.
Les taux de travail des enfants varient de 26,2 % dans les pays à faible revenu, 9,0 % dans les pays à revenu intermédiaire inférieur, 4,9 % dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, à 0,9 % dans les pays à revenu élevé. Trois enfants astreints au travail sur quatre vivent dans des pays à revenu intermédiaire (cela s’explique par le fait que de nombreux pays à revenu intermédiaire sont parmi les plus peuplés).
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Une portion importante des jeunes enfants astreints au travail des enfants sont exclus de l’école alors qu’ils sont dans une tranche d’âge où la scolarité est obligatoire.
Plus du quart des enfants âgés de 5 à 11 ans et plus du tiers des enfants âgés de 12 à 14 ans qui sont astreints au travail des enfants sont déscolarisés. Cela limite gravement les perspectives en matière de travail décent à l’adolescence et à l’âge adulte, ainsi que les perspectives d’avenir en général. Les enfants astreints au travail des enfants sont beaucoup plus nombreux à se battre pour concilier les impératifs de l’école et du travail des enfants, ce qui compromet aussi souvent sérieusement leur éducation.
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Malheureusement, vu l’insuffisance des données disponibles, il n’a pas été possible de produire des estimations fiables sur le nombre d’heures que les enfants consacrent chaque semaine au travail des enfants. On s’emploiera à remédier à cette insuffisance de données pour les prochaines estimations mondiales du travail des enfants, les informations concernant les heures travaillées étant très utiles pour déterminer la durée de l’exposition des enfants à d’éventuels dangers sur le lieu de travail et pour évaluer les conséquences possibles, sur le plan éducatif, du travail des enfants.
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Lorsque la définition du travail des enfants est élargie pour inclure l’exécution de tâches ménagères pendant plus de 21 heures par semaine, l’écart entre les sexes constaté dans les taux du travail des enfants passe de 3 points de pourcentage à 1 point de pourcentage.
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Il faut agir immédiatement pour éviter de perdre encore davantage de terrain pendant la crise du COVID-19 actuelle.
De toute évidence, la pandémie contribue à aggraver le risque de travail des enfants, surtout parce qu’elle entraîne une forte augmentation de la pauvreté qui rend les familles plus tributaires du travail des enfants, et parce que les fermetures d’école privent les familles de la solution de rechange logique au travail des enfants.
Pour réduire ces risques, il faudra absolument renforcer les mesures de soutien du revenu à l’intention des familles en situation de vulnérabilité, par des allocations familiales et d’autres moyens. Il en va de même pour les campagnes de retour à l’école et les cours de rattrapage intensifs visant à inciter les enfants à revenir sur les bancs d’école et à les aider à leur retour à rattraper le retard pris dans leur apprentissage, lorsque les conditions le permettent.
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Tant dans les phases aiguës de la crise du COVID-19 que pendant la reprise, il sera important de ne pas perdre de vue les impératifs politiques plus généraux pour l’abolition du travail des enfants. Ils s’imposent clairement depuis longtemps:
• Élargir la protection sociale des enfants et de leurs familles pour atténuer la pauvreté et l’incertitude économique qui sont à l’origine du travail des enfants.• Promouvoir les moyens de subsistance et la résilience, en milieu rural, notamment en appuyant la diversification économique, en investissant dans les services et les infrastructures de base, en élargissant la protection sociale et en élaborant des politiques de vulgarisation agricole aux fins de la diversification des cultures. Les exploitations agricoles et les entreprises qui dépendent du travail (non rémunéré le plus souvent) de leurs enfants ont besoin de plus de soutien pour améliorer leurs moyens de subsistance et mettre fin à cette dépendance.
• Promouvoir un travail décent qui rapporte un juste revenu aux jeunes (en âge légal de travailler) et aux adultes, à commencer par les travailleurs de l’économie informelle, pour que les familles renoncent au travail des enfants auquel la pauvreté les a acculés.
• Garantir le libre accès à un enseignement public de qualité au moins jusqu’à l’âge minimal d’admission à l’emploi pour offrir une solution de rechange viable au travail des enfants et donner aux enfants l’espoir d’un avenir meilleur.
• Veiller à l’introduction des lois et réglementations nécessaires pour protéger les enfants, ainsi que des mécanismes d’application de la législation, des systèmes de protection de l’enfance et des services requis pour s’y conformer.
• Garantir l’enregistrement de chaque naissance pour que tous les enfants aient une identité juridique et puissent bénéficier de leurs droits dès la naissance.
• Lutter contre les normes de genre et la discrimination associées au travail domestique et aux tâches ménagères non rémunérées qui contribuent à accroître les risques de travail des enfants, en particulier pour les filles. -
Les principales politiques requises pour mettre fin au travail des enfants n’ont pas changé depuis la crise du COVID-19, sinon qu’elles sont plus urgentes à un moment où la marge de manœuvre budgétaire des gouvernements est limitée. Il sera essentiel de faire des choix politiques judicieux et de prendre des décisions éclairées en matière de répartition des ressources.
Le renforcement des bases de données au niveau des pays permettra de mieux définir les priorités locales et d’orienter les politiques et les décisions en matière de dépenses. Le dialogue social entre les gouvernements, les organisations de travailleurs et les organisations d’employeurs est également crucial aux fins de l’élaboration de politiques opportunes et propres à remédier au travail des enfants et faire face aux difficultés qui y sont associées, où qu’elles se présentent.
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Les gouvernements devront adopter des stratégies novatrices de mobilisation des ressources pour se donner plus de marge de manœuvre budgétaire.
Face aux insuffisances budgétaires résultant de la pandémie, la communauté internationale devra redoubler d’efforts pour combler ce déficit de financement. Une proportion importante des fonds affectés à la riposte au COVID-19 et aux programmes de relance peut être investie dans les services publics et les moyens de subsistance en milieu rural, qui contribuent à prévenir et atténuer les risques de travail des enfants.
De nombreux pays industrialisés n’ont pas encore honoré les engagements pris de longue date en matière d’aide publique au développement et de financement du développement durable. Il faut que cela change.
Les pays déjà lourdement endettés devraient bénéficier d’une extension de l’allègement de la dette et d’une restructuration de la dette pour que les dépenses sociales ne soient pas sacrifiées à cause de l’augmentation des paiements au titre du service de la dette. Nous devons éviter les erreurs du passé en subordonnant les flux de crédit aux mesures d’austérité qui ont pénalisé avant tout les plus nécessiteux : les enfants et leurs familles.
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