ILO Voices | Inclusion du handicap
J’ai découvert l’étincelle en moi pour promouvoir l’inclusion du handicap
Je m’appelle Lata Korde. Je travaille comme facilitatrice de l’inclusion du handicap dans l’État du Maharashtra, en Inde. Ce travail est important pour moi. Étant moi-même en situation de handicap, je veux m’assurer que des personnes comme moi soient reconnues et incluses dans la société.
3 décembre 2025
J’ai un master en travail social. Après avoir terminé mes études, je cherchais du travail quand j’ai vu une annonce dans le journal au sujet du projet SPARK de l’Organisation internationale du Travail (OIT). L’annonce disait qu’ils travaillaient pour l’inclusion des personnes handicapées.
Comme j’ai moi aussi un handicap, j’ai senti que c’était la bonne occasion pour moi de faire quelque chose de significatif. Je m’y suis rendue, j’ai passé l’examen, j’ai été sélectionnée, puis j’ai eu un entretien que j’ai également réussi.
SPARK, qui en anglais signifie «Sparking Disability Inclusive Rural Transformation», est un projet consacré à l’inclusion des personnes handicapées dans les zones rurales. Avec dix autres facilitatrices et facilitateurs de l’inclusion du handicap, mon rôle était de sensibiliser les communautés rurales aux obstacles que rencontrent les personnes handicapées pour accéder au travail et à la protection sociale, et de partager des idées pour les surmonter.
Même si j’ai moi-même un handicap, je n’avais jamais vraiment interagi avec d’autres personnes comme moi. Mes amitiés étaient uniquement avec des personnes non handicapées. SPARK m’a donné l’occasion de créer des liens avec des personnes handicapées, de comprendre leurs problèmes et de réfléchir à la manière dont je pouvais contribuer à les résoudre.
Dans les villages, les personnes handicapées sont souvent identifiées uniquement par leur handicap. On ne les appelle pas par leur nom.
Lata Korde, Facilitatrice de l’inclusion du handicap
Dans les villages, les personnes handicapées sont souvent identifiées uniquement par leur handicap. On ne les appelle pas par leur nom. Grâce au projet SPARK, j’ai organisé des réunions dans 25 villages et j’ai insisté sur le fait que les personnes handicapées ont elles aussi un nom, et que l’on doit les appeler par leur nom.
Quand je disais cela, les yeux de beaucoup de femmes se remplissaient de larmes et elles me disaient: «Madame, personne n’a jamais pensé à nous comme ça auparavant.» Voir leurs sourires et leurs larmes de joie m’a fait sentir que oui, c’était quelque chose d’important – et que j’y avais contribué!
Aujourd’hui, chaque fois que je visite un village, la première chose que je fais est de demander comment vont les gens. Et eux aussi me demandent: «Madame, comment allez-vous? Vous avez mangé?» Parfois, nous partageons même un repas, et cette sensation de manger ensemble apporte un bonheur particulier.
Soutenir les personnes handicapées – des personnes que la société n’a jamais vraiment valorisées – me semble être la plus grande réussite de ma vie. Ensemble, en tant que groupe, nous pouvons partager nos problèmes et vivre heureux en travaillant côte à côte.
En travaillant sur le projet SPARK, j’ai acquis des connaissances sur différentes lois et différents programmes destinés aux personnes handicapées, mes compétences en communication se sont améliorées et j’ai pu parler avec assurance aux agents du gouvernement.
Les compétences que j’ai acquises grâce au projet SPARK ont été une véritable chance pour moi et m’ont aidée à obtenir mon nouvel emploi.
Je travaille désormais comme facilitatrice communautaire au sein d’un projet de WaterAid dans le Maharashtra, promouvant les droits des personnes handicapées et appliquant ce que j’ai appris grâce au projet SPARK.
Je veux que davantage de personnes handicapées de ma région, connaissent leurs droits et leurs prestations, et puissent accéder aux programmes de protection sociale qui leur sont destinés.
Je veux que davantage de personnes handicapées prennent conscience de leurs droits et puissent accéder aux programmes de protection sociale qui leur sont destinés.
Lata Korde, Facilitatrice de l’inclusion du handicap
SPARK est une initiative formidable. Le mot «spark» signifie «éclat» ou «lumière». Si vous vous engagez dans le travail d’inclusion du handicap, vous deviendrez vous-même une lumière, une étoile. Vous inspirerez beaucoup de personnes, tout comme moi. Je veux que beaucoup de «Lata» émergent en Inde.
Avant, je pensais ouvrir une ONG liée à l’éducation ou pour les orphelins, mais après avoir travaillé avec SPARK, ma façon de penser a changé. Maintenant, je veux créer quelque chose pour les personnes handicapées – leur offrir du travail et faire en sorte que la société ne les voie pas comme des objets de charité ou de pitié. Personne ne devrait dépendre des autres. Je veux offrir des opportunités d’emploi aux personnes handicapées.
En bref
- Dans le monde, on estime à 1,3 milliard le nombre de personnes – soit 16 pour cent de la population – ayant une forme de handicap.
- Le projet «Sparking Disability Inclusive Rural Transformation» (SPARK) a été mis en œuvre dans quatre pays: l’Inde, le Malawi, le Burkina Faso et le Mozambique.
- Il s’est déroulé de 2021 à 2024, en partenariat avec Light For the World International et Procasur.
- En Inde, SPARK a été intégré au projet Nav Tejaswini Yojana, un projet du gouvernement du Maharashtra financé par le Fonds international de développement agricole (FIDA), destiné au développement durable des ménages ruraux – en particulier des femmes – en renforçant leurs compétences entrepreneuriales et leur accès aux marchés.
- Le projet a créé un réseau durable de facilitatrices et facilitateurs de l’inclusion du handicap (DIF) pour aider les personnes handicapées vivant dans les zones rurales à accéder aux services et à mieux connaître leurs droits. Lata Korde a travaillé avec le projet de 2022 à 2024.
- Le 3 décembre marque la Journée internationale des personnes handicapées, qui vise à promouvoir les droits et le bien-être des personnes handicapées.