Recrutement équitable

Dans l’économie mondialisée d’aujourd’hui, les travailleurs sont de plus en plus amenés à chercher des débouchés en dehors de leur pays d’origine, en quête de travail décent et d’un meilleur niveau de vie. En outre, des millions de travailleurs se déplacent à l’intérieur des frontières pour trouver un emploi décent. Les agences d’emploi publiques et privées, quand elles sont correctement réglementées, jouent un rôle décisif pour que les marchés du travail fonctionnent efficacement et équitablement en faisant coïncider les emplois disponibles avec les travailleurs qualifiés correspondants.

Toutefois, des inquiétudes ont vu le jour quant au rôle grandissant joué par des agences d’emploi sans scrupule, des intermédiaires informels et d’autres acteurs agissant en dehors du cadre légal et réglementaire et qui prennent pour proie les travailleurs peu qualifiés. Parmi les abus recensés figurent une ou plusieurs des pratiques suivantes: fraude quant à la nature et aux conditions de travail; confiscation des passeports; retenues illégales sur salaires; servitude pour dette liée au remboursement des frais de recrutement; menaces si les travailleurs veulent quitter leur employeur, associées à la crainte d’être expulsé du pays le cas échéant. Cumulés, ces abus confinent au travail forcé ou au trafic d’êtres humains. En dépit des normes internationales du travail qui régissent le recrutement, les législations nationales et leur application sont souvent insuffisantes pour protéger les droits des travailleurs et ceux des travailleurs migrants en particulier.

Initiative pour un recrutement équitable

Dans son rapport à la Conférence internationale du Travail de 2014, le Directeur général s’était prononcé en faveur d’un programme de l’OIT pour une migration équitable et avait mis l’accent sur l’inquiétude que suscitaient les pratiques de recrutement abusives et frauduleuses qui touchent les travailleurs migrants.

Pour résoudre ces problèmes, l’OIT a lancé une Initiative sur le recrutement équitable mondiale afin de:
  • contribuer à la prévention de la traite d’êtres humains et du travail forcé,
  • protéger les droits des travailleurs, y compris des travailleurs migrants, contre les pratiques abusives et frauduleuses lors du processus de recrutement (y compris la présélection, la sélection, le transport, le placement et la possibilité de retour),
  • réduire le coût des migrations de main-d’œuvre et améliorer les résultats pour les migrants et leurs familles en termes de développement, ainsi que pour les pays d’origine et de destination.

Cette initiative qui réunit une multitude d’acteurs est mise en œuvre en étroite collaboration avec les gouvernements, les organisations d’employeurs et de travailleurs, le secteur privé et d’autres partenaires essentiels. Elle s’appuie sur une approche en quatre volets qui place le dialogue social au centre. L’initiative de recrutement équitable s’emploiera à:
  1. Renforcer les connaissances mondiales sur les pratiques de recrutement aux niveaux national et international
  2. Améliorer la législation, les politiques et les mécanismes d’application afin de promouvoir des pratiques de recrutement équitables
  3. Promouvoir des pratiques commerciales équitables
  4. Responsabiliser et protéger les travailleurs

Partenaires

Les partenaires sociaux de l’OIT et leurs adhérents jouent un rôle central dans la conception et la mise en œuvre de cette initiative, y compris la Confédération syndicale internationale (CSI) et ses organisations affiliées, et l’Organisation internationale des employeurs (OIE) et ses membres, en particulier la Confédération internationale des agences d’emploi privées (CIETT).

L’initiative de recrutement équitable de l’OIT est étroitement coordonnée avec le Groupe mondial sur la migration (GMG) et les agences du Groupe de coopération inter-agence contre la traite des personnes (ICAT), en particulier l’OIM, la Banque mondiale, le HCNUDH et l’ONUCD.

L’initiative est actuellement soutenue par les gouvernements du Royaume-Uni (Département pour le développement international), des Etats-Unis (Département d’Etat et Département du Travail) et du Canada (Affaires étrangères, Commerce et développement).