Un taux d'emploi élevé, des salaires bas: La réalité économique des réfugiés ukrainiens
Le rapport d'analyse révèle qu'en dépit de l'augmentation des taux d'emploi, les réfugiés ukrainiens dans les pays voisins continuent de faire face à des défis économiques importants. Avec 40% d'entre eux vivant sous le seuil de pauvreté en raison des coûts élevés du logement, la nécessité d'un soutien ciblé est plus urgente que jamais. À long terme, une meilleure adéquation des compétences et une amélioration des salaires permettraient probablement de réduire la pauvreté.
16 avril 2025
GENÈVE (OIT Infos) – Un nouveau rapport interinstitutions met en lumière les défis économiques persistants auxquels sont confrontés les réfugiés ukrainiens dans dix pays voisins. Malgré une amélioration de leur situation économique globale depuis l'année dernière, 40% de ces réfugiés vivent toujours en dessous du seuil de pauvreté – lorsque les coûts élevés du logement sont pris en compte – et ce malgré une augmentation de 28% des salaires des réfugiés.
Le rapport souligne que si les taux d'emploi des réfugiés ont augmenté pour quasiment égaler ceux des populations d'accueil, la qualité de ces emplois reste un sujet de préoccupation majeur.
Environ 60% des réfugiés employés travaillent dans des secteurs sans rapport avec leur expérience antérieure, avec des primes salariales minimes pour les niveaux d'éducation supérieurs. Cette inadéquation entre les compétences et les secteurs d'emploi est le signe d'un sous-emploi généralisé et d'obstacles importants à la stabilité économique.
«La prime salariale pour les réfugiés ayant fait des études supérieures n'est que de 16%, contre 78% pour la population d'accueil. Ni les réfugiés ni les pays d'accueil ne devraient perdre l'opportunité économique que représente cette main-d'œuvre hautement qualifiée», a déclaré David Mosler, analyste des politiques et des données de crise à l'OIT et coauteur du rapport.
Les résultats révèlent que la vulnérabilité financière des réfugiés a des répercussions tangibles sur leur vie quotidienne. Nombre d'entre eux déclarent se sentir en danger, ne pas être en sécurité dans leur logement et se priver fréquemment de soins de santé essentiels. La situation est particulièrement désastreuse pour les groupes vulnérables tels que les personnes âgées et les personnes handicapées, qui éprouvent également les plus grandes difficultés à accéder au marché du travail.
Le rapport appelle à un soutien ciblé de la part des gouvernements, des acteurs du développement et des acteurs humanitaires pour résoudre ces problèmes. Les recommandations portent notamment sur la conception de programmes de soutien tenant compte des niveaux élevés de pauvreté parmi les réfugiés, sur la prise en compte des disparités en matière de coût du logement, et sur la promotion d'opportunités d'emploi correspondant aux niveaux de compétences des réfugiés. Les femmes étant confrontées à des difficultés particulières, il serait souhaitable qu'elles bénéficient d'un soutien plus important pour alléger leur charge de famille et qu'elles aient accès à des modalités de travail plus souples, telles que le télétravail et les horaires variables.
Alors que la communauté internationale continue de soutenir les réfugiés ukrainiens, ce rapport souligne le besoin urgent de se concentrer non seulement sur les taux d'emploi, mais aussi sur la qualité et la durabilité des emplois disponibles pour cette population résiliente.
Le rapport conjoint a été lancé le 11 avril 2025 par toutes les agences participantes – OIT, OIM, ONU Femmes et HCR – dans le cadre de la réponse régionale aux réfugiés pour la situation en Ukraine.