NEW YORK (OIT Infos) – Le monde doit redoubler d’efforts pour éradiquer le travail des enfants sous toutes ses formes, a plaidé l’ONU lors de sa réunion intitulée «Une enfance dans la dignité» tenue ce mardi.
Malgré des avancées significatives — 86 millions d’enfants de moins sont concernés par le travail des enfants par rapport à 2000, année de référence — les pays ne parviendront pas à honorer leur engagement collectif visant à éliminer totalement cette pratique d’ici 2025.
Les participants au dialogue interactif informel ont affiché une forte détermination à faire face à cette crise persistante, notamment le recrutement forcé d’enfants dans les conflits armés.
Philemon Yang, Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, a ouvert la réunion en déclarant : «L’Objectif de développement durable 8.7 appelle à l’élimination du travail des enfants sous toutes ses formes d’ici 2025. Nous devons agir avec une urgence redoublée pour garantir à chaque enfant une vie digne et pleine de possibilités. Nous devons résoudre les causes profondes du travail des enfants.»
«Nous devons également renforcer l’application des lois sur les salaires équitables, sur la protection de l’enfance et investir davantage dans les enfants — en particulier ceux vivant dans des zones reculées où le travail des enfants est très répandu.»
Gilbert F. Houngbo, Directeur général de l’OIT, a rappelé: «N’oublions pas que l’abolition effective du travail des enfants est un principe fondamental et un droit du travail. Ces principes fondamentaux sont plus essentiels que jamais dans un ordre mondial bouleversé par les inégalités, les conflits et l’incertitude, qui mettent en péril les fondements du travail décent.»
La discussion a mis en avant deux conventions essentielles de l’OIT: la Convention nº 138 sur l’âge minimum (1973) et la Convention nº 182 sur les pires formes de travail des enfants (1999), qui couvre l’esclavage, le travail forcé, la traite, etc., et qui a été ratifiée universellement. Bien que les cadres juridiques soient en place, de graves lacunes subsistent dans leur mise en œuvre, compromettant l’objectif d’élimination du travail des enfants en 2025.
Le Directeur général de l’OIT a ajouté: «Il est évident que nous ne respecterons pas l’objectif des ODD d’ici 2025. C’est très préoccupant et cela nous oblige à accélérer l’action. Nous ne pouvons construire des sociétés inclusives ou une prospérité partagée si des millions d’enfants sont privés de leurs droits. Assurons-nous qu’aucun enfant ne soit privé de son enfance ni de son éducation.»
Principaux enseignements du dialogue:
- Mise en œuvre complète des conventions de l’OIT sur l’âge minimum et les pires formes de travail des enfants.
- Amélioration des données et des statistiques pour renforcer les politiques fondées sur des preuves.
- Intégration du travail des enfants dans les politiques nationales d’éducation, de protection sociale et d’emploi.
- Promotion du travail décent pour les parents, levier essentiel pour lutter contre la pauvreté.
- Accès universel à une éducation de base gratuite et de qualité, et à des programmes de développement de la petite enfance.
- Élimination du travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement.
- Prévention du recrutement et de l’utilisation d’enfants dans les conflits armés.
- Partenariats et actions collectives pour sensibiliser, coordonner, partager les bonnes pratiques, suivre les progrès et mobiliser les ressources.
Selon les dernières données de l’OIT et de l’UNICEF, 160 millions d’enfants — 63 millions de filles et 97 millions de garçons — étaient engagés dans le travail des enfants début 2020. Parmi eux, 79 millions effectuaient des travaux dangereux menaçant leur santé, leur sécurité et leur développement moral. Le prochain rapport «Estimations mondiales 2025 sur le travail des enfants de l’OIT et de l’UNICEF» sera publié le 11 juin.