Secteur du tourisme
L’emploi dans le secteur du tourisme connaîtra un véritable essor ces dix prochaines années, selon un rapport du BIT
Plus de 150 délégués représentant les gouvernements, les employeurs et les travailleurs d’une cinquantaine de pays sont réunis ici pour le Forum de dialogue mondial sur les nouveaux développements et défis dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme afin de débattre de l’évolution du secteur les 23 et 24 novembre.
19 novembre 2010
GENÈVE (Nouvelles du BIT) – Plus de 150 délégués représentant les gouvernements, les employeurs et les travailleurs d’une cinquantaine de pays sont réunis ici pour le Forum de dialogue mondial sur les nouveaux développements et défis dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme afin de débattre de l’évolution du secteur les 23 et 24 novembre.
L’industrie du voyage et du tourisme est l’un des secteurs les plus vastes et les plus dynamiques de l’économie mondialisée; elle devrait générer environ 9 pour cent du PIB global et représenter plus de 235 millions d’emplois en 2010, soit 8 pour cent de l’emploi mondial.
Selon un rapport du BIT préparé pour le Forum, le tourisme international a certes été affecté par la crise économique et sociale mondiale mais il devrait connaître un essor significatif au cours des dix prochaines années. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) s’attend à ce que le secteur fournisse 296 millions d’emplois à l’échelle mondiale d’ici à 2019.
Le Forum sera inauguré par le Directeur général du BIT, Juan Somavia, et par le Secrétaire général de l’OMT, Taleb Rifai.
«Le tourisme a le potentiel de devenir une source majeure d’emplois après la crise», a souligné le Directeur général du BIT Juan Somavia avant la réunion, ajoutant: «Le dialogue social entre les gouvernements, les employeurs et les travailleurs peut garantir que les emplois créés seront décents. Ce dialogue est particulièrement important dans un secteur de services comme le tourisme, où le succès dépend pour beaucoup de la qualité du service qui, elle, va de pair avec une main-d’œuvre motivée et qualifiée.»
Après plusieurs années consécutives de croissance, le secteur du tourisme a souffert d’un déclin au second semestre 2008, déclin qui s’est aggravé en 2009. Une réduction drastique des flux de voyageurs, de la durée des séjours, des dépenses des touristes et de plus en plus de restrictions dans les frais de voyages d’affaires ont provoqué une contraction marquée de l’activité économique du secteur à l’échelle mondiale.
Parmi les activités les plus durement touchées pendant la crise figurent les arrivées de touristes internationaux, en baisse de 4 pour cent en 2009, alors que les revenus du tourisme international devraient avoir baissé de 6 pour cent à la fin 2009. Les régions les plus fortement éprouvées par cette contraction du tourisme international dans le monde furent le Moyen-Orient (- 4,9 pour cent), l’Europe (- 5,7 pour cent) et les Amériques (- 4,6 pour cent). Seule l’Afrique a enregistré une hausse constante (+ 2,9 pour cent), même si c’est sur un volume de voyages relativement faible.
En dépit de la crise, l’emploi global de l’industrie du tourisme a augmenté d’environ 1 pour cent entre 2008 et 2009 selon le rapport. Ce dernier relève cependant des disparités régionales marquées en ce qui concerne l’impact de la crise sur l’emploi dans l’hôtellerie-restauration. Alors que les Amériques ont subi un recul de 1,7 pour cent de l’emploi, la région d’Asie et Pacifique a bien résisté et a même gagné 4,6 pour cent.
Qui plus est, dans de nombreux pays, la récession générale s’est traduite par une réduction de la durée du travail afin de réduire les coûts et le nombre de licenciements.
Au cours de la deuxième journée du Forum se déroulera un panel de discussions destiné à promouvoir les nouvelles idées concernant le vaste potentiel de dialogue social dans le secteur et à encourager des formules de tourisme durables susceptibles de réduire la pauvreté. Le panel abordera les bonnes pratiques que l’on pourrait partager avec d’autres pays en développement dans ce domaine, en particulier dans le cadre de la coopération au développement Sud-Sud.
«Heureusement, le secteur est bien placé pour tirer profit de cette crise en instaurant des mesures proactives en vue de pallier le manque de dialogue social et de développement des ressources humaines dans le secteur», explique Elizabeth Tinoco, Directrice du Département des activités sectorielles du BIT. «Une industrie du tourisme durable peut apporter des réponses essentielles aux problèmes soulevés lors du récent sommet du G20 à Séoul: une croissance tirée par le secteur privé et créatrice d’emplois; la protection sociale, le travail décent et la croissance dans les pays les moins développés; la pauvreté et le déficit de formation et de qualifications; et un développement respectueux de l’environnement», a-t-elle conclu.