Interview

Francis Atwoli: «Nous devons absolument créer plus d’emplois durables pour les jeunes en Afrique»

L’Afrique a besoin de plus d’emplois durables pour les jeunes, qui représentent la majorité de la population africaine, dit Francis Atwoli, le nouveau président élu de l’Organisation de l’unité syndicale africaine (OUSA)et vice-président de la Confédération Syndicale Internationale pour l'Afrique (CSI-Afrique). Dans cet entretien, M. Atwoli nous fait part de sa position sur le rôle des syndicats pour aider les jeunes travailleurs en Afrique. En tant que Secrétaire général de la Confédération syndicale du Kenya (COTU-Kenya), M. Atwoli nous informe également des doléances des travailleurs de son pays.

2 avril 2014

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ACTRAV INFO: Au cours de la session de mars 2014 du Conseil d’administration de l’OIT, une attention particulière a été accordée à l’emploi des jeunes. En tant que nouveau président élu de l’OUSA, quel est votre avis sur cette question pour l’Afrique?


L’Afrique a tant de problèmes en ce qui concerne les hommes et les femmes qui travaillent. Mais nous devons œuvrer sans relâche à faire en sorte de pouvoir soutenir nos gouvernements pour la gestion et l’exploitation de nos minerais. Nous serons alors en mesure de créer de l’emploi pour nos peuples.

Grâce aux efforts de l’OUSA, nous devons aussi nous assurer que les employeurs du continent créent des emplois pour les jeunes. A cet égard, nous avons besoin que l’on investisse de manière plus importante dans l’éducation et les compétences. L’Afrique a d’énormes possibilités – plus qu’aucun autre continent. La crise économique et financière mondiale a eu sur elle des effets négatifs car notre continent a investi massivement dans son économie informelle. Il nous faut à présent veiller à la régularisation de cette économie informelle. Ce processus aidera à la création d’emplois durables en Afrique, en particulier pour les jeunes et les femmes, dont nous devons garantir la participation à la production sur le continent.

L’Afrique a un potentiel considérable. Il nous faut juste tenter de remettre certains de nos gouvernements dans le droit chemin lorsqu’ils se fourvoient et veiller à être en mesure d’attirer des investissements directs et indirects durables pour permettre la croissance économique sur le continen
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ACTRAV INFO: Que peuvent faire les syndicats pour aider les jeunes travailleurs en Afrique?

Les syndicats auront un impact en sensibilisant nos gouvernements, en veillant à la protection de nos minerais et en favorisant l’intégration régionale. Ce faisant, nous pourrons organiser des échanges commerciaux entre nous car nous ne sommes pas encore à même d’affronter la concurrence au niveau international. L’Afrique ne contribue qu’à hauteur de 3 pour cent au marché international mais si nous pouvons utiliser ces 3 pour cent sur le continent, cela aura un effet multiplicateur. Lorsque nous commencerons à affronter la concurrence, nous pourrions ainsi disposer d’une meilleure part pesant pour plus de 25 ou 30 pour cent sur l’ensemble du marché économique mondial.

ACTRAV INFO: En tant que Secrétaire général de COTU-Kenya, pourriez-vous nous en dire plus sur la situation syndicale au Kenya en termes de relations avec les employeurs et avec votre gouvernement?


Nous avons un problème avec le gouvernement récemment élu au Kenya, notamment concernant le fonctionnement et la gestion de la Caisse nationale de sécurité sociale (NSSF). Actuellement, le gouvernement ne respecte pas les dispositions tripartites qui régissent la NSSF conformément à plusieurs conventions de l’OIT, dont les Conventions nos 1, 87, 98 et 144.

Par ailleurs, le gouvernement tente de déstabiliser la Confédération syndicale du Kenya (COTU-Kenya) en n’adhérant pas à la Commission nationale du travail qui réglemente les relations professionnelles dans le pays. Il est sorti de son rôle en tentant de soutenir et de former des syndicats jaunes qui lui sont tout acquis. Je ne pense pas que ce soit le bon moyen de consolider les relations professionnelles. Il va à l’encontre des normes de l’OIT en s’engageant dans des pratiques de travail déloyales. Voilà ce que le gouvernement kényan tente actuellement de faire mais nous, les travailleurs, nous sommes unis et les employeurs nous soutiennent.


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