Une formation de l’OIT favorise une caféiculture plus sûre au Kenya
Dans les comtés de Meru et de Nyeri, les caféiculteurs et les acteurs locaux renforcent la sécurité et la santé au travail dans la production de café grâce à des solutions pratiques et peu coûteuses, en s’appuyant sur la méthode participative WIND de l’OIT.
21 août 2026
MERU ET NYERI, Kenya (OIT Infos) – Dans les comtés de Meru et de Nyeri, les caféiculteurs et les acteurs locaux renforcent leur capacité à rendre le travail agricole plus sûr grâce à des solutions pratiques et adaptées aux réalités locales pour prévenir les risques liés à la sécurité et à la santé au travail.
Du 17 au 21 août 2026, l’Organisation internationale du Travail, dans le cadre du projet ACCEL Africa, a formé des facilitateurs locaux à la méthode WIND (Work Improvement in Neighbourhood Development). La formation a permis aux participants d’acquérir les outils nécessaires pour identifier les dangers sur le lieu de travail et accompagner les agriculteurs dans l’amélioration de la sécurité et des conditions de travail au sein des communautés productrices de café.
Les travailleurs agricoles peuvent être exposés à divers risques en matière de sécurité et de santé au travail, notamment les blessures liées à la manutention manuelle, l’utilisation dangereuse de produits agrochimiques, les lourdes charges de travail et l’exposition à des conditions météorologiques extrêmes. L’amélioration de la sécurité et de la santé dans les exploitations de café peut contribuer à protéger les travailleurs et à favoriser des moyens de subsistance plus productifs et durables.
WIND propose une approche pratique et participative de l’amélioration des conditions de travail. Les agriculteurs évaluent eux-mêmes leur environnement de travail, identifient les dangers et élaborent des solutions abordables adaptées aux conditions et aux ressources locales. En plaçant les agriculteurs au cœur du processus, la méthode les encourage à prendre en main l’amélioration de leurs propres conditions de travail.
La formation a réuni des participants issus des services chargés du travail et de la sécurité et de la santé au travail, des services de vulgarisation agricole, des organisations d’employeurs et de travailleurs et des unions de coopératives, ainsi que des agriculteurs référents de la filière café.
S’appuyant sur la méthode de formation participative orientée vers l’action (PAOT) de l’OIT, le programme a associé connaissances techniques et apprentissage pratique. À partir d’illustrations de situations de travail et d’exemples de bonnes pratiques locales, les participants ont examiné comment des changements reposant sur les ressources disponibles localement pouvaient contribuer à réduire les risques professionnels.
Pour Annlucy Gichoga, caféicultrice dans le comté de Meru, la formation a permis de porter un regard nouveau sur des pratiques de travail devenues familières.
La formation m’a aidée à voir mon exploitation différemment. Certains risques faisaient tellement partie de notre façon habituelle de travailler que nous ne les considérions pas toujours comme des dangers. J’ai appris que nous pouvions apporter des changements simples, en utilisant ce que nous avons déjà à notre disposition, afin de nous protéger et de travailler dans de meilleures conditions de sécurité.
Annlucy Gichoga, caféicultrice, comté de Meru
Les participants ont également étudié les méthodes d’évaluation des risques professionnels et les dangers couramment associés au travail agricole. Les sessions ont examiné le lien entre la sécurité et la santé au travail et la prévention du travail des enfants, en soulignant l’importance de veiller à ce que les enfants ne soient pas exposés à des travaux dangereux dans les environnements agricoles.
L’apprentissage sur le terrain a permis aux participants de mettre ces enseignements en pratique. Lors d’une visite dans une unité de transformation du café, ils ont observé les processus de travail, les équipements et les conditions de travail afin d’identifier les dangers et d’évaluer les mesures de sécurité existantes. Les échanges avec la direction et les travailleurs leur ont permis de mieux comprendre les difficultés rencontrées sur le lieu de travail et les possibilités d’amélioration.
Les participants se sont également exercés à dispenser des formations sur la sécurité et la santé au travail dans le cadre de séances de micro-enseignement et ont reçu les observations de leurs pairs. Ces exercices ont renforcé leur capacité à animer des discussions participatives encourageant les agriculteurs à identifier eux-mêmes les risques et à élaborer leurs propres solutions.
Un responsable d’une unité de transformation du café explique aux participants comment les travailleurs se protègent au cours du processus de préparation des grains de café.
Dans une exploitation de café, les participants ont appliqué directement les outils WIND avec les agriculteurs. Grâce à des discussions participatives, ils ont identifié les risques professionnels et examiné des mesures permettant d’améliorer la sécurité, la santé et la productivité à partir de ressources disponibles localement. L’exercice a montré comment les agriculteurs peuvent prendre l’initiative d’améliorer leurs propres conditions de travail avec l’appui de facilitateurs formés.
L’approche participative a également trouvé un écho auprès des responsables de coopératives et des agents de vulgarisation agricole. Francis Wanjii, responsable de coopérative dans le comté de Nyeri, a souligné l’intérêt de partir des connaissances et des pratiques existantes des agriculteurs.
Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est que WIND ne commence pas par dire aux agriculteurs ce qu’ils font mal. La méthode commence par les écouter et par examiner ce qui fonctionne déjà. En tant que responsables de coopératives, nous pouvons utiliser cette approche pour aider nos agriculteurs à identifier les risques et à trouver des solutions pratiques qu’ils peuvent réellement mettre en œuvre.
Francis Wanjii, responsable de coopérative, comté de Nyeri
En renforçant les compétences des facilitateurs locaux et en réunissant agriculteurs, coopératives, services de vulgarisation agricole et acteurs du monde du travail, la formation contribue à mettre en place une approche ancrée dans les communautés pour améliorer la sécurité et la santé au travail dans la filière café au Kenya. Désormais formés à la méthode WIND, les facilitateurs peuvent accompagner les agriculteurs de leurs communautés dans l’identification des risques professionnels, le partage des bonnes pratiques et la mise en œuvre d’améliorations concrètes adaptées aux réalités locales.
Cette initiative a été mise en œuvre dans le cadre du projet ACCEL Africa, financé par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas.
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