A pick and a helmet in a mine

Notre impact, leur histoire

Reprendre notre avenir : Le combat d’un village contre le travail des enfants

Découvrez le parcours inspirant de Kuchiko-Camp, un village nigérian autrefois tourné vers l’agriculture, aujourd’hui transformé par l’exploitation artisanale de l’or et le travail des enfants. Grâce au soutien du projet ACCEL Africa, la communauté opère un changement : les enfants sont retirés des sites miniers dangereux pour retrouver le chemin de l’école, et l’éducation est désormais perçue comme la clé d’un avenir meilleur.

28 février 2025

A pick and a helmet in a mine © Canva Stock Picture
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Joseph Hassan, Village Head of Kuchiko-Camp, Nigeria
© ILO/Henry
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Joseph Hassan, Village Head of Kuchiko-Camp, Nigeria

Joseph Hassan, Mai Angwa (chef du village) de Kuchiko-Camp, Nigeria : Kuchiko-Camp est un village agricole paisible situé à environ 100 km de Minna, la capitale de l’État du Niger. Pendant des années, la vie y était simple. Nos habitants cultivaient de l’igname et du maïs. En 1996, nous avons accueilli une nouvelle école publique. Elle a commencé avec trois salles de classe, puis s’est agrandie. Nous croyions que l’éducation garantirait un avenir meilleur à nos enfants.

Mais les choses ont changé. Un jour, des mineurs venus de l’État de Zamfara sont arrivés dans notre communauté. Forts de leur expérience dans l’orpaillage, ils ont lancé leurs activités ici, versant des redevances aux propriétaires fonciers. Soudain, ils ont pu s’offrir ce dont nous ne rêvions que rarement — des motos, des vêtements neufs, des biens coûteux.

Face à leur style de vie, nos habitants ont peu à peu abandonné leurs fermes pour se lancer dans l’exploitation minière. Les enfants ont quitté l’école pour accompagner leurs parents sur les sites miniers. Cela semblait être un raccourci vers une vie meilleure. Mais l’orpaillage était informel et dangereux. Les enfants travaillaient sans protection. Ils gagnaient de l’argent, devenaient indépendants trop tôt, et certains se mariaient précocement, pensant être déjà des adultes.

Après près de 30 ans avec une école dans notre village, aucun de nos enfants n’est encore diplômé d’université. Seuls huit habitants ont terminé leurs études supérieures, et malheureusement, notre village reste pauvre. Notre or n’a ni construit de routes ni apporté l’électricité ! Nous constatons même que des communautés sans mines d’or s’en sortent mieux que nous.

Pour aggraver la situation, de grandes entreprises minières se sont intéressées à notre terre. En tant que Mai Angwa, il est de coutume que je signe les documents en tant que témoin lors de la vente de terres. Un jour, une entreprise minière m’a présenté des documents à signer. Quelques semaines plus tard, de puissantes explosions ont secoué notre village – des maisons ont été fissurées, y compris la mienne. À notre grande surprise, les détonations venaient de l’entreprise pour laquelle j’avais signé.

J’ai exigé des explications, et ils m’ont montré les documents signés. Je n’en comprenais pas les termes. Sans le savoir, je leur avais donné mon accord ! Lorsque je me suis plaint auprès de l’Émir — chef suprême de tous les chefs de village de la région de Suleja — il était trop tard. Les explosions ont continué dans notre village.

C’est à ce moment-là qu’ACCEL Africa, un projet de l’Organisation internationale du Travail (OIT), financé par le Gouvernement des Pays-Bas, est arrivé dans notre communauté. Ils sont venus avec un message : l’éducation et un travail décent pour un avenir meilleur !

Lorsque l’OIT a commencé à travailler avec nous, nous ne comprenions pas bien le concept de travail des enfants. Dans notre mode de vie, les enfants ont toujours aidé leurs parents et gagnaient de l’argent. Mais le projet nous a aidés à comprendre le cycle de pauvreté dans lequel nous étions piégés. Nous avons compris pourquoi nos enfants paraissaient plus vieux que leur âge, pourquoi notre communauté manquait de représentation et pourquoi les choses ne s’amélioraient pas.

Avec le soutien d’ACCEL Africa, nous avons mis en place un Comité communautaire de surveillance du travail des enfants (CCLMC). La plupart des membres avaient peu de formation, mais ils comprenaient les enjeux. Ensemble, nous avons sensibilisé la communauté aux dangers du travail des enfants et nous encourageons désormais tous les parents à envoyer leurs enfants à l’école.

Ce ne fut pas facile, mais nous avons réussi ! Aujourd’hui, les parents inscrivent à nouveau leurs enfants à l’école, comme jamais auparavant. Certains choisissent même des écoles privées pour une meilleure éducation.

Par ailleurs, les parents adoptent désormais des pratiques minières plus sûres et tiennent leurs enfants éloignés des sites dangereux.

Les ministères et agences gouvernementales s’intéressent aussi à nous. Nous nous sentons plus en sécurité, nous connaissons nos droits. Même si les entreprises minières continuent de menacer notre communauté, nous ne nous laissons plus berner par des documents ambigus qui profitent de notre ignorance !

Il reste encore beaucoup à faire, mais nous gardons espoir. Nous œuvrons pour bâtir un avenir dont la prochaine génération pourra être fière.

Nous espérons que notre histoire inspirera d’autres communautés à œuvrer pour un avenir meilleur grâce à l’éducation !

En savoir plus :

  • La communauté de Kuchiko est l’une des 16 communautés bénéficiaires du projet ACCEL Africa dans les États du Niger, d’Ondo et d’Osun, visant à éliminer le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement du cacao et de l’orpaillage artisanal à petite échelle (ASGM).
  • À travers deux programmes de renforcement des capacités ciblés, le projet a mis en place et consolidé des Comités communautaires de surveillance du travail des enfants (CCLMC) pour mener des actions locales.
  • Chaque CCLMC est composé de sept représentants clés de la communauté — y compris des chefs traditionnels, des femmes, des jeunes, des agriculteurs et des éducateurs — habilités à identifier, surveiller et prévenir le travail des enfants.
  • Les membres ont reçu une formation complète sur la protection de l’enfance, la sécurité et la santé au travail (SST), la protection sociale, ainsi que sur les risques liés au travail des enfants. Ils ont également été formés à l’action de plaidoyer, au signalement des cas, et à la création de liens avec le ministère fédéral du Travail et de l’Emploi ainsi qu’avec d’autres acteurs de la protection de l’enfance.
  • Les comités ont élaboré et validé des Plans d’action communautaires (PAC) pour orienter leurs efforts. Ces PAC sont désormais reconnus aux niveaux local, étatique et national, garantissant l’appui du gouvernement et l’adhésion des parties prenantes.
  • En renforçant les systèmes de suivi et de réponse dirigés par les communautés, ACCEL Africa accroît les capacités locales à éliminer le travail des enfants et ses pires formes dans les secteurs agricole et minier.
  • ACCEL Africa est financé par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas.

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