L’OIT renforce les coopératives pour contribuer à l’élimination du travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement du thé et du café au Kenya.
Renforcer les coopératives pour lutter contre le travail des enfants au Kenya. En mars 2026, le projet ACCEL Africa de l’OIT, financé par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, a formé 52 formateurs locaux dans des comtés clés du thé et du café en utilisant les méthodologies Think.COOP, Start.COOP et My.COOP. En renforçant les capacités institutionnelles et en intégrant la prévention du travail des enfants dans les systèmes coopératifs, cette initiative autonomise les producteurs, améliore les revenus et soutient des chaînes d’approvisionnement durables, exemptes de travail des enfants.
30 mars 2026
NAIROBI (OIT Infos) – En mars 2026, le projet ACCEL Africa, financé par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, a organisé une formation de formateurs (ToT) sur la méthodologie COOP de l’OIT afin de renforcer les coopératives en tant qu’acteurs clés de l’élimination du travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement du thé et du café au Kenya. Cette formation de quatorze jours a permis de former 52 formateurs issus des départements coopératifs des comtés, de la Cooperative University of Kenya, de Solidaridad et des unions coopératives dans les comtés de Kisii, Kericho, Meru et Nyeri.
Cette initiative s’inscrit dans l’approche systémique plus large de l’OIT visant à s’attaquer aux causes profondes du travail des enfants, notamment la pauvreté, les faibles revenus des ménages, l’informalité et les capacités institutionnelles limitées au sein des chaînes de valeur agricoles. Au Kenya, les secteurs du thé et du café sont essentiels aux moyens de subsistance ruraux, mais restent exposés aux risques de travail des enfants, ce qui souligne la nécessité de solutions durables, ancrées dans les communautés.
En tant qu’organisations fondées sur des valeurs et pilotées par leurs membres, les coopératives sont particulièrement bien placées pour promouvoir les principes et droits fondamentaux au travail, y compris l’élimination effective du travail des enfants. Grâce à une gouvernance démocratique, à la participation des membres et à la fourniture de services, les coopératives peuvent améliorer les revenus, renforcer la résilience et s’attaquer aux facteurs socio-économiques qui conduisent souvent au travail des enfants.
L’OIT s’appuie sur des outils de développement coopératif reconnus au niveau mondial - Think.COOP, Start.COOP et My.COOP - pour accompagner les gouvernements et les parties prenantes dans le renforcement de la gouvernance des coopératives, l’amélioration de la productivité et le renforcement de la résilience économique des petits producteurs. Ces outils permettent également d’intégrer la prévention du travail des enfants dans les systèmes, les formations et les opérations des coopératives.
Les gouvernements des comtés jouent un rôle essentiel dans la réglementation et le soutien au développement des coopératives, et le modèle de formation de formateurs (ToT) vise à renforcer cette fonction en constituant un vivier durable d’expertise locale. En dotant les agents des coopératives, le personnel de vulgarisation et les représentants des pouvoirs publics d’outils et de méthodologies pratiques, cette formation permet aux institutions d’assurer un appui technique continu et de diffuser efficacement les connaissances auprès des coopératives et des producteurs à la base.
Comme l’a souligné le Dr Leonard Otii, Directeur des coopératives du comté de Kericho :
« Kericho reconnaît que la croissance durable doit aller de pair avec le respect des normes du travail. En renforçant la gouvernance, la transparence et la formation des membres au sein des coopératives, nous nous attaquons aux facteurs structurels qui contribuent au travail des enfants. »
De même, M. Bernard Ochieng, Directeur adjoint des coopératives du comté de Kisii, a insisté sur le fait que « cette initiative renforce les systèmes, et pas seulement les individus… en veillant à ce que la prévention du travail des enfants soit intégrée dans les politiques des coopératives, les programmes de formation et les pratiques quotidiennes ».
Les participants ont mis en avant la valeur pratique de la formation ainsi que sa pertinence immédiate pour leur travail.
« Avant cette formation, nous nous concentrions principalement sur la production et la commercialisation. Nous comprenons désormais comment la gouvernance des coopératives est directement liée à la prévention du travail des enfants. Nous pouvons accompagner les producteurs non seulement pour améliorer leurs revenus, mais aussi pour protéger leurs enfants. »
— Dorine Chepkemoi, agente des coopératives, comté de Kericho
« Nous disposons désormais d’approches concrètes pour travailler avec les producteurs : comment sensibiliser, comment identifier les risques et comment appuyer des améliorations simples. Cela va transformer notre manière d’interagir avec les coopératives au niveau local. »
— Lilian Kerubo, comté de Kisii
En renforçant les systèmes coopératifs et en développant les capacités des prestataires de services locaux, l’OIT et ses partenaires font progresser une approche durable et systémique pour éliminer le travail des enfants dans les secteurs du thé et du café au Kenya. Les coopératives jouent un rôle transformateur dans cet effort en promouvant des pratiques sans travail des enfants, en améliorant les revenus des ménages, en sensibilisant, en soutenant l’emploi des jeunes et en facilitant l’accès à la protection sociale.
« Lorsque les revenus sont faibles, les familles comptent parfois sur leurs enfants pour aider dans les exploitations agricoles. Mais lorsque les coopératives sont bien gérées et que les producteurs obtiennent de meilleurs revenus, les enfants peuvent rester à l’école. »
— Doreen Makena, comté de Meru
À travers cette formation, les participants ont élaboré des plans d’action concrets pour diffuser les connaissances et accompagner les membres des coopératives, les conseils d’administration et les groupes de producteurs au niveau local. Ces efforts devraient renforcer la gouvernance des coopératives, améliorer les conditions de travail et contribuer à la réalisation de chaînes d’approvisionnement agricoles responsables et exemptes de travail des enfants.
« L’approche ToT garantit que les connaissances ne s’arrêtent pas ici. Nous formerons d’autres personnes, qui formeront à leur tour davantage de producteurs. C’est ainsi que nous créons un changement durable dans nos communautés. »
— Henelico Macharia, comté de Nyeri
Projets pertinents
ACCEL Africa
Accélérer l’action pour l’élimination du travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement en Afrique