Couverture Maladie Universelle

Les syndicats mobilisés pour la protection sociale des acteurs de l’économie informelle avec l’appui de l’OIT

ABIDJAN (Nouvelles de l'OIT) – Lancée le 1er juin 2021 par le Comité Intersyndical pour la Transition vers l’Economie Formelle (CITEF), la campagne de sensibilisation des travailleuses et travailleurs de l’économie informelle sur l’importance d’adhérer à la Couverture Maladie Universelle (CMU), a pris fin le 15 octobre 2021 au marché Mathias N’gouan Aka de Cocody Saint-Jean.

9 novembre 2021

Pendant quatre mois et demi, cette campagne qui a sillonné 17 marchés dans le District autonome d’Abidjan, a permis d’enrôler trois mille trente et trois (3.033) personnes. Supervisée et coordonnée par le Bureau des Activités des Travailleurs (ACTRAV) de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), la campagne s’inscrit dans le cadre du projet d’appui de l’OIT à la résilience du secteur informel et à la relance post-crise COVID-19.

ACTRAV qui privilégie une approche basée sur les droits en vue d’un développement inclusif et d’un travail décent, a salué les résultats obtenus par cette campagne plaidant surtout pour la qualité des prestations qui est aussi très importante selon Kattia Paredes Moreno, spécialiste principale des activités des travailleurs (ACTRAV) au Bureau de l’OIT à Abidjan. « Il appartient aux syndicats de faire avancer l’accès à une protection sociale de qualité, y compris pour les travailleurs de l’économie informelle », a-t-elle exhorté.

La CMU : un outil de lutte contre la pauvreté et la vulnérabilité

Pour le directeur de pays de l’OIT pour la Côte d’Ivoire, le Benin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Togo, la CMU est centrale pour l’amélioration des conditions des populations. « La santé est une cause de vulnérabilité. La CMU s’attaque à la vulnérabilité et à la pauvreté des populations » a déclaré Frédéric Lapeyre.


Saluant l’initiative du gouvernement de Côte d’Ivoire qui selon lui, « est l’un des rares pays à créer la Couverture Maladie Universelle, M. Lapeyre a aussi plaidé pour un dispositif de contrôle de la qualité du service, ajoutant que ce projet concerne une frange importante de la population de l’économie informelle qui n’a pas de protection sociale ni de revenus réguliers. « Grâce au Régime Spécial pour les Travailleurs Indépendants (RSTI) et à la CMU, la pauvreté et les vulnérabilités vont se réduire », a indiqué le directeur de pays de l’OIT justifiant le soutien de son institution aux organisations syndicales à travers le CITEF pour sensibiliser les travailleuses et travailleurs de l’économie informelle à s’enrôler à la CMU afin de réduire les vulnérabilités auxquelles ils font face.

964 cartes CMU éditées pour des adhérents des marchés

La Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) qui était de cette campagne de sensibilisation des acteurs de l’économie informelle des marchés d’Abidjan sur l’importance de la CMU, en sort satisfaite. « 964 cartes ont été éditées à la faveur de cette campagne », se réjouie Dégbo Achy, responsable des opérations de la CNAM pour qui, « le plus gros lot des potentiels assurés de la CMU, exercent dans le secteur informel.

M. Achy rassure les populations à faible revenu, qu’un Régime d’Assistance Médicale est initié par le gouvernement pour elles. « Pour appartenir à ce régime, c’est le gouvernement qui le décide après des enquêtes qui ont déjà démarré dans les zones rurales. Dès que le décret sera pris par le gouvernement, les bénéficiaires pourront en jouir » a expliqué Dégbo Achy ajoutant que la « CMU est la plus grande avancée en terme d’action de développement de la Cote d’Ivoire ».

Les syndicats mobilisés pour la CMU

Si les centrales syndicales soutiennent la campagne de sensibilisation des acteurs de l’économie informelle pour la Couverture Maladie Universelle, elles plaident néanmoins pour une revue à la baisse de la prime de cotisation de mille francs par adhérent. « Mille francs c’est trop pour une famille nombreuse » a déploré Elie Boga Dago, Secrétaire général de la centrale Dignité au nom de ses camarades syndicalistes.

Marceline Douai Adopo, coordonnatrice du Comité Intersyndical pour la Transition vers l’Economie Formelle a au terme de cette campagne, souhaité que « s’ouvre un dialogue social entre toutes les parties prenantes afin de trouver une formule qui permette à un plus grand nombre d’ivoiriens, d’être couverts par la CMU et d’avoir accès à des prestations de qualité ».

Le dialogue social et la concertation avec les partenaires sociaux pour la mise en place des politiques et pour la gouvernance de la protection sociale est important selon Mme Kattia Moreno pour qui, « il est important d’impliquer les travailleurs de l’économie informelle dans ce processus de dialogue social ».

La finalité de l’appui de l’OIT à ce projet est de renforcer la résilience des acteurs de l’économie informelle en Côte d’Ivoire et à les aider à faire face aux effets et conséquences de la COVID-19 à travers l’extension du bénéfice aux droits à la protection sociale pour la frange de travailleurs parmi les plus vulnérables de l’économie informelle. Une des voies pour avancer vers le travail décent !

Ta Bi Ta Conny, commerçante au marché de Cocody, a compris l’importance de cette voie vers le travail décent. « J’ai souscrit à la CMU et j’ai déjà ma carte. Cela me permettra de me soigner désormais à moindre coût », soutient-elle.