Journée mondiale du tourisme 2012

Le trekking dope les revenus des régions rurales du Népal

En 2007, quand l’insurrection maoïste au Népal a pris fin, l’OIT a lancé un projet destiné à promouvoir l’emploi et à consolider le processus de paix. L’ouverture de nouvelles routes touristiques au profit des populations locales faisait partie du projet.

26 septembre 2012

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Sur le parcours du Numbur Cheese Circuit (© tvancort)
SHIVALAYA, Népal (OIT Info) – Le soir tombe sur le quartier de Shivalaya Bazaar dans le district de Ramechaap au nord-est du pays. L’effervescence gagne le quartier au rythme des bus de touristes qui affluent pour la saison des trekkings.

La meilleure saison pour le tourisme népalais – d’octobre à décembre – vient tout juste de commencer et les propriétaires de refuges, le personnel des restaurants et les guides touristiques sont enthousiastes.

Shivalaya possède des montagnes, un torrent, un terrain de camping, des refuges impeccables et un office du tourisme qui propose des guides de montagne et des porteurs. C’est aussi le point de départ d’un sentier de randonnée relativement nouveau dans les montagnes himalayennes baptisé Numbur Cheese Circuit (Circuit nommé d'après le mont Numburchili (6959 mt) et le fromage de yak produit dans la région).

La randonnée dure de 14 à 16 jours et commence à Shivalaya qui est aussi la première étape d’un trek de 25 jours vers le camp de base de Sagarmatha (Mont Everest) et qui offre un raccourci vers le fameux Namche Bazaar dans la région de l’Everest.

Le NCC fait partie d’un projet appelé Emploi et consolidation de la paix grâce au Développement économique local initié en 2007 par l’Organisation internationale du Travail (OIT) en partenariat avec le gouvernement du Népal. Il a pour but de canaliser le flux touristique vers de petites entreprises gérées par des locaux qui fournissent des emplois durables sur place, offrent aux touristes des sentiers inexplorés, l’occasion de visiter des boutiques qui vendent des produits locaux et de goûter à la vie locale à travers un programme d’accueil chez l’habitant.

«Le programme d’hébergement chez l’habitant permet aux visiteurs d’expérimenter la vie d’un foyer rural népalais et de découvrir la culture de la communauté locale», déclare Rokat Basnet, président du centre de développement du tourisme du NCC (NCCTDC en anglais) et l’un des principaux promoteurs de cette nouvelle piste de trekking. L’OIT et le gouvernement ont délégué au NCCTDC la responsabilité de faire connaître cette voie.

Dans le cadre du programme d’hébergement chez l’habitant, les touristes sont logés avec la famille des propriétaires. Il ne s’agit pas de professionnels de l’hôtellerie-restauration; leur principale source de revenus reste l’élevage ou l’agriculture. Mais leurs maisons servent aussi à loger les randonneurs qui veulent séjourner chez eux après une dure journée de marche.

Jusqu’à présent, 11 ménages de cinq villages situés sur le circuit offrent un hébergement chez l’habitant. En 2009, l’OIT a formé une personne dans chacune de ces familles pour faire la cuisine et le ménage. Il est prévu d’impliquer davantage de familles et de lieux.

Etendre la croissance économique aux zones rurales

«Ces initiatives de développement économique local sont un créneau porteur pour le Népal parce qu’elles favorisent une croissance économique inclusive», déclare Gerard McCarthy conseiller technique de l'unité du Développement économique local de l'OIT (EmPLED).

Venant après la fin officielle, en 2006, de dix ans d’une insurrection maoïste qui avait bloqué la croissance et poussé de nombreux jeunes à s’expatrier pour trouver du travail, ces initiatives aident les populations des régions rurales comme Ramechhap à exploiter leur potentiel local et à ouvrir une perspective de développement durable.

«Avant que la nouvelle route ne soit ouverte, nous n’avions jamais vu aucun touriste étranger effectuer ce type de séjour», explique Nabarj Khadka de Lekali Trekking and Guest House à Garjang, première étape après Shivalaya sur le NCC. Quelque 25 à 30 touristes étrangers y ont séjourné ces deux dernières années.

Le NCC est le résultat d’un effort conjoint mobilisant la population locale de la région, les représentants du gouvernement dans le district, des entrepreneurs (hôteliers, commerçants) et l’OIT qui a mis à disposition deux consultants étrangers pour trouver une route praticable en 2009.

M. Basnet déclare que cet itinéraire inédit offre un panorama à couper le souffle sur les sommets enneigés de l’Himalaya, notamment le Numburchuli, le plus haut sommet du circuit qui culmine à près de 7 000 mètres d’altitude, et une vue des glaciers les plus proches de Katmandou. Parmi les autres curiosités, figurent la flore alpine, le léopard des neiges, le panda roux, les fleurs de rhododendron au printemps et, en été, le fromage de yak.

Richard Wallas, écrivain et photographe venu de Rapid City, dans le Dakota du Sud (Etats-Unis), est l’un de ces randonneurs. Au cours de son quatrième voyage dans ce pays himalayen, M. Wallas a séjourné une semaine chez l’habitant à Khahare. «C’était une expérience géniale, dit-il. Une des meilleures choses à faire au Népal.»

Par Damakant Jayshi/ Correspondant d’Inter Press Service News Agency (IPS) pour l’Asie-Pacifique