L’action communautaire au Ghana renforce la lutte contre le travail des enfants
Dans les communautés productrices de cacao et les communautés d’exploitation artisanale de l’or au Ghana, la lutte contre le travail des enfants progresse grâce à des actions concrètes menées par les communautés. Dans le cadre du projet ACCEL Africa, les partenaires locaux travaillent avec les enfants, les parents, les écoles, les structures communautaires de protection, les autorités des districts, les groupes d’épargne, les coopératives et les acteurs du secteur privé afin de créer des environnements plus sûrs et plus résilients pour les enfants.
10 août 2026
ACCRA (OIT Infos) – Une récente mission de terrain dans les communautés d’intervention du projet au Ghana a mis en évidence la manière dont les efforts de lutte contre le travail des enfants prennent progressivement racine au niveau local. Dans les communautés de Juaboso, Bia East, Bibiani Anhwiaso Bekwai et Wassa Amenfi East, les interventions associent protection de l’enfance, renforcement de la résilience économique des ménages et responsabilisation des acteurs locaux.
L’un des principaux atouts de cette initiative réside dans le rôle actif joué par les communautés elles-mêmes. Les comités communautaires de protection de l’enfance contribuent à identifier les enfants en situation de travail des enfants ou exposés à ce risque, à assurer le suivi des cas, à faciliter leur orientation vers les services appropriés et à renforcer la sensibilisation des familles. Leur action permet aux communautés de passer de la prise de conscience à l’action concrète, en veillant non seulement à identifier les enfants concernés, mais aussi à leur apporter le soutien nécessaire pour qu’ils puissent rester à l’école et évoluer dans des conditions plus sûres.
Le renforcement de la résilience économique des ménages constitue un autre volet essentiel de cette approche. De nombreuses familles sont confrontées à des difficultés financières susceptibles d’accroître le risque de travail des enfants, notamment dans la cacaoculture, l’exploitation minière artisanale, le travail domestique et le petit commerce. Pour y remédier, les associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) sont renforcées et bénéficient de formations en éducation financière, d’un accompagnement ainsi que de liens avec des institutions financières formelles. Ces groupes d’épargne aident les parents et les personnes ayant la charge d’enfants à mieux gérer leurs ressources financières, à accéder au crédit, à investir dans de petites activités économiques et à planifier les dépenses liées à l’éducation des enfants.
Les femmes jouent un rôle particulièrement important, tant en tant que membres que responsables de ces groupes. En améliorant les revenus des ménages et l’accès au crédit, les familles sont mieux à même de couvrir les dépenses liées à la scolarité et de réduire leur dépendance à l’égard du travail des enfants. La mise en relation avec les marchés permet également aux petits producteurs de mettre en pratique les acquis des formations et de développer des activités génératrices de revenus durables.
La mission a également mis en évidence l’importance d’un soutien ciblé aux enfants déjà touchés par le travail des enfants. Dans les communautés d’intervention du projet, les enfants identifiés grâce aux mécanismes de suivi communautaire ont reçu des kits scolaires comprenant notamment des cahiers, des uniformes, des chaussures et des sacs d’école. Cet appui contribue à lever les obstacles immédiats à la fréquentation scolaire et offre aux enfants une nouvelle possibilité de poursuivre leur scolarité dans un environnement plus sûr.
Avant le projet, je ne savais pas comment gérer mon argent. Pendant la période des récoltes, dès que j’étais payé, je dépensais immédiatement tout ce que j’avais gagné. Aujourd’hui, j’arrive à mettre de l’argent de côté et j’ai pu créer ma propre activité.
Bénéficiaire de la communauté
L’expérience du Ghana montre que l’élimination du travail des enfants ne peut reposer uniquement sur la sensibilisation. Elle nécessite des familles disposant de moyens de subsistance plus solides, des enfants qui connaissent leurs droits, des écoles qui favorisent leur participation, des communautés capables d’identifier les risques et d’y répondre, ainsi que des mécanismes au niveau des districts permettant de coordonner les actions. En combinant ces différents éléments, ACCEL Africa et ses partenaires aident les communautés à mettre en place des solutions concrètes et durables pour protéger les enfants.
La mission a confirmé que des progrès sont possibles lorsque les communautés sont considérées comme de véritables partenaires et disposent des outils nécessaires pour agir. Des clubs scolaires aux groupes d’épargne, des formations sur les moyens de subsistance au dialogue au niveau des districts, les communautés d’intervention du projet au Ghana montrent que la prévention du travail des enfants est plus efficace lorsqu’elle est portée au niveau local, inclusive et ancrée dans les réalités quotidiennes des familles.