Drying cocoa in Cote d'Ivoire

Formation-apprentissage des jeunes dans les sous-préfectures de Grand-Zatry et de M’Batto en Côte d'Ivoire

En Côte d’Ivoire, le projet ACCEL Africa, Financé par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, soutient la formation-apprentissage de 57 jeunes dans les sous-préfectures de Grand-Zatry et de M’Batto. À travers des formations en aviculture et en production et transformation du manioc, l’initiative offre aux jeunes des alternatives concrètes au travail précoce et renforce leurs perspectives d’insertion professionnelle.

26 mai 2026

Drying cocoa beans © Ben Diakité Barack
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Grand-Zatry et de M’Batto (OIT Infos) - Dans le monde, plus de 138 millions d’enfants sont encore en situation de travail des enfants. En Côte d’Ivoire, des progrès importants ont été réalisés ces dernières années. Le taux national du travail des enfants est passé de 31 % en 2016 à 22 % en 2021.

Community members in Cote d'Ivoire receive equipment
© ILO/Paul Koffi
© ILO/Paul Koffi
Community members benefiting from ACCEL Africa interventions

Le projet ACCEL Africa, mis en œuvre par l’Organisation internationale du Travail (OIT) et Financé par le Ministère des Affaires Etrangères des Pays-Bas contribue à l’élimination du travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement du cacao et de l’or. Il appuie la Côte d’Ivoire dans la lutte contre le travail des enfants, notamment dans la cacaoculture et l’exploitation minière artisanale.

L’objectif global du projet ACCEL Africa est d’accélérer l’élimination du travail des enfants en Afrique à travers des actions ciblées dans des chaînes d’approvisionnement sélectionnées. Dans sa deuxième phase, le projet met l’accent sur l’emploi des jeunes, en raison du lien entre le travail des enfants, la pauvreté et le manque d’opportunités économiques pour les familles.

Dans ce cadre, des centres de formation ont été sélectionnés à l’issue d’un appel d’offres dans deux secteurs clés : l’aviculture, ainsi que la production et la transformation du manioc. À Agoua, dans la sous-préfecture de M’Batto, région du Moronou, le Centre de formation Nandoh, agréé par le ministère de l’Enseignement technique, a été retenu pour la filière avicole. À Grand-Zatry, l’ONG OPEIF, spécialisée dans la production et la transformation du manioc, assure l’encadrement et l’accompagnement des jeunes.

Ces deux structures sont aujourd’hui les références du programme de formation-apprentissage des jeunes initié par le projet ACCEL Africa. Ce programme combine formation théorique et apprentissage pratique. Il constitue également un levier important pour l’entrepreneuriat des jeunes et la diversification des activités de production en milieu rural.

Au total, 57 enfants et jeunes âgés de 15 à 17 ans sont encadrés dans le cadre de cette formation-apprentissage. Parmi eux, 29 apprenants, dont 24 garçons et 5 filles, suivent la formation en aviculture à M’Batto. À Grand-Zatry, 28 apprenants, dont 22 garçons et 6 filles, sont formés à la production et à la transformation du manioc.

Ces formations sont mises en œuvre à travers la promotion des Pôles de Formation par Alternance (PFA) dans les communautés rurales, en appui à la Direction de l’Apprentissage et de l’Insertion Professionnelle (DAIP). Elles permettent aux jeunes d’acquérir des compétences professionnelles pouvant conduire à l’obtention d’un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP). En amont, le projet a également formé 63 maîtres et maîtresses d’apprentissage, dont 45 femmes, aux principes de la formation par alternance.

La mobilisation des communautés rurales autour de projets d’entrepreneuriat inclusif de diversification a renforcé l’acceptation sociale de la formation professionnelle comme alternative au travail précoce. Cette approche implique à la fois les jeunes âgés de 15 à 17 ans, les adultes, les hommes et les femmes, notamment à travers les groupements AVEC et d’autres groupes d’entrepreneurs.

L’innovation de cette approche réside dans le fait qu’elle combine formation théorique et pratique sous forme d’apprentissage pendant une durée de six mois. Elle s’appuie sur les groupements locaux, les jeunes à insérer et les maîtres-artisans locaux dans les domaines de l’aviculture et du manioc.

En plus de la formation technique, les jeunes et leurs maîtres-formateurs sont sensibilisés à l’importance du travail décent. Leurs capacités sont renforcées dans plusieurs domaines, notamment le travail des enfants, le droit du travail, les parcours d’emploi, la sécurité et santé au travail, la protection sociale et le dialogue social.

Les jeunes ont également bénéficié d’une visite médicale, d’un entretien d’orientation conduit par les inspecteurs en orientation de la DAIP, d’une assurance pour les apprentis, d’une inscription à la Couverture Maladie Universelle lorsque cela n’était pas encore fait, d’une bourse d’étude et d’un accès à une cantine. À la fin de la formation-apprentissage, ils pourront obtenir un Certificat de Qualification Professionnelle par Apprentissage (CQP).

Dans le cadre de la formation continue et de l’insertion professionnelle, les jeunes, avec l’appui de leurs maîtres-artisans-formateurs, ont bénéficié d’un accompagnement post-apprentissage. À M’Batto, ils ont entrepris l’élevage d’une bande de poulets, qui s’est avéré fructueux après la commercialisation. Les maîtres-artisans du Centre Nandoh envisagent de lancer de manière cyclique l’élevage d’une nouvelle bande de 500 poulets, dans la limite de la période d’accompagnement des jeunes par le centre.

À l’issue de cette phase d’apprentissage et de coaching, le projet prévoit de catégoriser les jeunes afin d’adapter l’appui post-formation à leur âge et à leurs capacités, en collaboration avec le centre de formation.

La réussite de ce programme repose sur une collaboration renforcée entre l’OIT et les parties prenantes nationales, aux niveaux central et décentralisé. Il s’agit notamment du ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, à travers la DAIP, de l’ANADER, des autorités administratives locales, de la chefferie traditionnelle, du Comité d’observation du travail des enfants dans le cadre du SOSTECI, ainsi que des agents de changement.

La collaboration de l’OIT avec le Centre Nandoh, à travers un contrat de prestation de services, ainsi qu’avec l’ONG OPEIF, qui a contribué à mettre en place un cadre de formation in situ dans deux villages, constitue également un facteur important de réussite.

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