Créer des emplois décents grâce aux infrastructures : l'impact du Programme HIMO en Afrique occidentale francophone
Avec le soutien de l'OIT, les pays mettent en œuvre des approches à forte intensité d'emploi afin de créer des emplois décents, de renforcer les capacités locales et de renforcer la résilience des communautés.
3 octobre 2025
Bamako, Mali – Dans toute l'Afrique occidentale francophone, le Programme d'investissement à haute intensité de main-d'œuvre (HIMO) de l'OIT aide les communautés à construire plus que de simples infrastructures : il contribue à renforcer la résilience, l'inclusion et la création d'emplois décents, en particulier pour les jeunes, les femmes et les populations déplacées.
Au Mali, un nouveau projet lancé en avril 2025 porte déjà ses fruits dans les zones périurbaines de Bamako. Grâce au financement du gouvernement japonais et au soutien technique du Programme HIMO de l'OIT, cette initiative vise à améliorer les infrastructures urbaines tout en stimulant les moyens de subsistance. Lancé officiellement par la ministre de l'Emploi, Mme Oumou Sall Seck, ce projet d'une durée d'un an mobilisera 125 jeunes et femmes, y compris des personnes déplacées à l'intérieur du pays et des membres des communautés d'accueil, pour réhabiliter les principales routes urbaines de la Commune 6.
Mis en œuvre selon le modèle du « chantier-école », une approche pratique de formation en cours d'emploi, le projet ne se limite pas aux travaux routiers ; il vise également à développer les compétences et à améliorer l'employabilité. Les participants apprennent les techniques de construction à partir de matériaux locaux en pierre, tout en bénéficiant d'un mentorat et d'une formation aux compétences de la vie courante. L'initiative est menée en collaboration avec l'Agence pour la promotion de l'emploi des jeunes (APEJ), le centre de formation professionnelle SENOU et les autorités locales, ce qui garantit une forte appropriation locale et la durabilité du projet.
Dans le cadre de ce projet, entre avril et fin septembre 2025, 30 parties prenantes tripartites ont suivi une formation sur les approches d'investissement à haute intensité de main-d'œuvre (HIMO). En outre, huit cabinets de conseil et dix petites et moyennes entreprises ont bénéficié d'une formation spécialisée sur les approches HIMO liées aux études préliminaires, aux processus d'appel d'offres, à la gestion des contrats et à l'organisation des chantiers.
Parallèlement, en Guinée, le Programme HIMO de l’OIT a aidé le gouvernement à faire progresser une stratégie nationale en faveur des travaux publics à forte intensité de main-d'œuvre, et des efforts sont déjà en cours pour aligner les investissements dans les infrastructures sur les politiques nationales en matière d'emploi. Dans le cas de la Guinée, l'élaboration de cette stratégie reflète un changement institutionnel profond visant à intégrer les approches HIMO dans tous les secteurs, afin de garantir que les projets routiers, d'assainissement et de travaux publics contribuent systématiquement à la création d'emplois, en particulier pour les jeunes.
Ailleurs dans la sous-région, des progrès similaires sont réalisés. Au Burkina Faso, les projets de travaux publics soutenus par le Programme HIMO de l’OIT ont contribué à la reconstruction après le conflit et à l'emploi des jeunes. Bien que de moindre envergure, les initiatives menées au Togo et au Bénin ont jeté les bases d'une future expansion, notamment grâce à la collaboration avec les agences nationales pour l'emploi et les centres de formation professionnelle.
Au Sénégal, le gouvernement, par l'intermédiaire de l'Autorité de régulation des marchés publics, a récemment finalisé, avec l'appui technique de l'OIT, un guide visant à promouvoir à la fois la quantité et la qualité de l'emploi grâce aux marchés publics. Le document a été soumis pour validation aux principales parties prenantes et aux partenaires sociaux le 14 septembre 2025.
Ces réalisations s'appuient sur une attention constante portée au renforcement des capacités. Dans toute la région, le Programme HIMO soutient la formation d'ingénieurs, d'entrepreneurs et d'organisations communautaires afin qu'ils puissent appliquer efficacement les techniques de l’HIMO. Cela comprend la conception technique adaptée aux matériaux locaux, la gestion de projet et les garanties sociales, afin de s'assurer que les projets d'infrastructure respectent non seulement les normes d'ingénierie, mais aussi les droits du travail et l'inclusion des genres.
Les expériences des pays francophones d'Afrique de l'Ouest avec le Programme HIMO révèlent un point commun : lorsque le développement des infrastructures est associé à une politique de l'emploi et à la formation, les résultats vont bien au-delà des travaux physiques. Des emplois décents sont créés, les communautés sont autonomisées et les systèmes nationaux sont renforcés.
À mesure que ces programmes se développent et évoluent, l'OIT continue de travailler en étroite collaboration avec ses partenaires locaux et nationaux afin d'accroître leur impact et de documenter les enseignements tirés. Des routes urbaines à Bamako aux stratégies nationales à Conakry, l'approche d'investissement à haute intensité de main-d'œuvre de l'OIT s'avère être un modèle de développement pratique, inclusif et résilient, qui offre non seulement des résultats concrets, mais aussi des opportunités et de la dignité.
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