Members of the ILO delegation to the Doha Dialogue in Dar Es Salam, Tanzania. 6 October 2026

Dialogue de Doha 2026

L’OIT soutient les efforts visant à promouvoir une mobilité durable de la main-d’œuvre entre l’Afrique et les États arabes

Ce dialogue de haut niveau réunit des pays africains et arabes afin de renforcer la coopération en matière de compétences, de protection des travailleurs et de mobilité durable de la main-d’œuvre.

7 octobre 2026

Les membres de la délégation de l'OIT au Dialogue de Doha à Dar es-Salaam, en Tanzanie. 6 octobre 2026 © ILO
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DAR ES-SALAAM (OIT Infos) – L’Organisation internationale du Travail (OIT) s’est félicitée de la nouvelle dynamique en faveur d’une coopération concrète sur la mobilité de la main-d’œuvre entre l’Afrique et les États arabes, alors que gouvernements et partenaires se sont réunis à Dar es-Salaam à l’occasion du deuxième Dialogue de Doha sur la mobilité de la main-d’œuvre.

Accueillie et présidée par la Tanzanie, cette réunion de deux jours a rassemblé des États Membres de l’Union africaine et du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG) – Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar – ainsi que la Jordanie et le Liban.

Organisé sur le thème «De l’engagement à l’action: faire progresser une mobilité équitable et durable de la main-d’œuvre entre l’Afrique et les pays du CCG+», le Dialogue a porté sur la manière de traduire des priorités communes en une coopération concrète bénéficiant aux travailleurs, aux employeurs et aux économies des deux régions.

Les points de vue des employeurs, des travailleurs ainsi que des partenaires régionaux et internationaux ont également nourri les discussions.

L’État du Qatar, représenté par son ministère du Travail, la Commission de l’Union africaine et le Bureau exécutif du CCG ont joué un rôle clé dans la progression de ce processus interrégional.

L’OIT a participé au Dialogue de Doha avec une délégation de haut niveau conduite par Ruba Jaradat, Directrice régionale de l’OIT pour les États arabes. Elle a apporté son expertise technique aux discussions et soutenu les préparatifs tripartites associant gouvernements, employeurs et travailleurs.

Des engagements communs à une coopération concrète

Le deuxième Dialogue de Doha s’est appuyé sur la première réunion, organisée à Doha, au Qatar, en 2024, ainsi que sur la Déclaration de Doha sur la mobilité de la main-d’œuvre entre les pays du CCG, la Jordanie et le Liban, et les États Membres africains qui en a résulté.

Cette Déclaration a établi un cadre commun de coopération entre pays d’origine et de destination, autour de priorités telles que la mobilité et la reconnaissance des compétences, le recrutement équitable, la protection des salaires et la protection sociale, l’accès à la justice et l’information sur le marché du travail. Le Dialogue de 2026 a permis de faire progresser ce programme, avec un accent particulier sur sa mise en œuvre et sur le développement de partenariats concrets.

Alors que la migration de main-d’œuvre offre d’importantes possibilités aux travailleurs, aux employeurs et aux économies des deux régions, la réunion de Dar es-Salaam s’est concentrée sur les moyens de les traduire en actions concrètes. Les discussions ont notamment porté sur la manière de mettre en relation les travailleurs avec les emplois pour lesquels leurs compétences sont recherchées, d’assurer la reconnaissance des qualifications au-delà des frontières, de promouvoir un recrutement équitable et des conditions de travail décentes, et de permettre aux travailleurs de conserver leurs droits à la protection sociale lorsqu’ils migrent ou rentrent dans leur pays d’origine. Les accords bilatéraux sur la migration de main-d’œuvre et l’amélioration des données sur les marchés du travail ont également été examinés comme des outils permettant de rendre la mobilité plus prévisible pour les gouvernements, les employeurs et les travailleurs.

Prononçant le discours principal au nom de la Présidente de la Tanzanie, Samia Suluhu Hassan, le Président de Zanzibar, Hussein Ali Mwinyi, a souligné la complémentarité des atouts des deux régions.

«L’Afrique et les pays du CCG+ […] disposent d’une base solide pour établir un partenariat. L’Afrique compte une population en âge de travailler importante et croissante, une jeune génération et un potentiel considérable en matière de capital humain. Dans le même temps, les économies des pays du CCG+ poursuivent leur diversification et leur transformation, générant une demande de travailleurs et de compétences dans différents secteurs. Cette complémentarité constitue une opportunité que nous devons gérer de manière stratégique et responsable», a déclaré la Présidente Hassan.

Revenant sur les progrès accomplis depuis le premier Dialogue de Doha en 2024, le ministre qatari du Travail, Ali bin Samikh Al Marri, a réaffirmé l’engagement du Qatar à poursuivre ce processus interrégional.

«L’État du Qatar réaffirme sa disponibilité à poursuivre les consultations et la coopération avec l’ensemble des pays participants et des partenaires internationaux, et à s’appuyer sur les acquis de Dar es-Salaam de manière à maintenir la dynamique du Dialogue et à renforcer ses résultats concrets, tout en respectant les spécificités des politiques et législations nationales des pays participants», a déclaré le ministre Al Marri.

La Directrice régionale de l’OIT, Ruba Jaradat, a déclaré que le Dialogue offrait une occasion importante de transformer cette coopération en résultats concrets pour les populations et les marchés du travail.

«Le Dialogue de Doha nous offre une occasion majeure de nous appuyer sur les progrès déjà accomplis et de transformer nos engagements communs en résultats concrets dans la vie quotidienne des populations. Lorsqu’elle est bien organisée, la mobilité de la main-d’œuvre permet aux travailleurs d’accéder à des emplois décents et d’acquérir de nouvelles compétences, aux employeurs de trouver les talents dont ils ont besoin et aux pays d’origine comme de destination de bénéficier de marchés du travail plus solides et plus dynamiques. Notre tâche commune consiste désormais à approfondir la coopération le long du corridor Afrique–États arabes afin que cette mobilité crée des possibilités durables pour les travailleurs, les familles, les entreprises et les économies des deux régions», a déclaré Ruba Jaradat.

L’OIT a apporté son expertise technique à l’ensemble des thèmes inscrits à l’ordre du jour du Dialogue, en s’appuyant sur son travail avec les gouvernements et les organisations d’employeurs et de travailleurs en Afrique et dans les États arabes. Ses contributions ont alimenté les discussions sur le corridor de migration de main-d’œuvre entre l’Afrique et les États arabes, la mobilité des compétences, le recrutement équitable, la protection des salaires, l’accès à la justice, la protection sociale et la transférabilité des prestations.

Soutenir la coopération le long du corridor

La participation de l’OIT au Dialogue de Doha s’inscrit également dans le prolongement de programmes régionaux et interrégionaux déjà établis, qui visent à promouvoir une mobilité durable de la main-d’œuvre et à accroître les bénéfices de la migration pour les travailleurs, les employeurs et les sociétés tout au long du corridor Afrique–États arabes.

Le programme FAIRWAY, financé par la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC), est le programme interrégional phare de l’OIT sur la migration de main-d’œuvre entre l’Afrique et les États arabes. Il soutient la coopération dans des domaines tels que le recrutement équitable, l’accès à la justice, les accords bilatéraux sur la migration de main-d’œuvre, les statistiques sur les migrations de main-d’œuvre, la mobilité des compétences, la protection des salaires et le dialogue social.

L’OIT contribue également au Programme conjoint sur la migration de main-d’œuvre (JLMP), programme phare de l’Union africaine dans ce domaine. Financé par la DDC et l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (Sida), le programme est mis en œuvre conjointement par la Commission de l’Union africaine, l’OIT, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ). Il soutient la gouvernance des migrations de main-d’œuvre, la protection sociale, le développement des compétences et le renforcement des capacités institutionnelles en Afrique.