Journée mondiale du sida 2025

Les lieux de travail comblent les lacunes dans les tests de dépistage du VIH chez les hommes et favorisent la santé et le bien-être

Un nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail montre le potentiel des lieux de travail pour intensifier les tests et le traitement du VIH, en particulier pour les hommes et les personnes généralement laissées pour compte.

1 décembre 2025

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Group of young men gathered around ECOSIDA peer educator
© ILO
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Un pair éducateur d'ECOSIDA mène une campagne de mobilisation sociale en faveur de l'autotest du VIH auprès des travailleurs informels de la ville de Matola (province de Maputo) au Mozambique.

Genève (OIT Infos) — Un nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT), publié le 1er décembre, montre que les lieux de travail jouent un rôle essentiel pour combler les lacunes en matière de dépistage du VIH chez les hommes, tout en promouvant une santé et un bien-être inclusifs pour l’ensemble des travailleurs grâce à son initiative de Conseil volontaire et de dépistage du VIH pour les travailleurs (VCT@WORK).

Le rapport, lancé à l’occasion de la Journée mondiale du sida et intitulé Réduire l’écart dans le dépistage du VIH chez les hommes: Conseil volontaire et dépistage du VIH pour les travailleurs, révèle qu’entre 2021 et 2024, la VCT@WORK de l’OIT, en collaboration avec des partenaires dans le monde entier, a atteint près de 2,5 millions de travailleurs avec des informations liées au VIH et permis 1,5 million de tests volontaires. Parmi ceux-ci, 1,1 million concernaient des hommes — une avancée essentielle pour réduire les disparités de genre dans le diagnostic du VIH. Au total, 48'616 travailleurs (37'435 hommes et 11'182 femmes) ayant obtenu un résultat positif ont été orientés vers un traitement antirétroviral vital.

À l’échelle mondiale, les hommes restent à la traîne par rapport aux femmes dans les résultats liés au VIH : seulement 84% des hommes vivant avec le VIH connaissent leur statut, contre 92% des femmes; 73% des hommes suivent un traitement, contre 83% des femmes; et seulement 69% des hommes sous traitement ont une charge virale supprimée, contre 79% des femmes, selon la Mise à jour mondiale sur le sida 2025 de l’ONUSIDA.

«L’initiative VCT@WORK montre que le lieu de travail est un point d’entrée essentiel dans la lutte pour mettre fin au VIH. Cette initiative contribue à autonomiser les travailleurs et à les aider à rester en bonne santé, y compris ceux qui obtiennent un résultat positif. Elle intègre également des mesures pour prévenir et traiter la violence fondée sur le genre, la stigmatisation et la discrimination, tout en soutenant la santé, la dignité et l’inclusion au travail», a déclaré Chidi King, Cheffe du Service de l’égalité de genre, de la diversité et de l’inclusion à l’OIT.

Des travailleurs du secteur minier en Afrique du Sud aux travailleurs migrants en Inde, en passant par les réfugiés au Cameroun, les personnes handicapées au Mozambique et les chauffeurs routiers au Kenya, le rapport met en lumière la manière dont VCT@WORK atteint des populations souvent exclues des services de santé.

Le dépistage autonome du VIH est particulièrement apprécié par les travailleurs de l’économie informelle, pour qui se rendre dans des établissements de santé entraîne souvent des coûts d’opportunité importants.

«Aller faire un test de dépistage du VIH était difficile pour moi. L’auto-dépistage l’a rendu pratique. Il garantit aussi la confidentialité. Tous les camionneurs devraient participer à une campagne d’auto-dépistage du VIH», a déclaré un chauffeur routier du Kenya.

Mise en œuvre conformément à la Recommandation n° 200 de l’OIT sur le VIH et le sida et le monde du travail, l’initiative garantit la confidentialité, la non-discrimination et la participation volontaire. Les politiques fondées sur les droits, les pairs éducateurs formés et une direction engagée ont été essentielles pour instaurer la confiance et favoriser l’adhésion.

En intégrant le dépistage du VIH dans des programmes plus larges d’égalité sur le lieu de travail, de santé et de protection sociale, l’initiative a réduit la stigmatisation et élargi l’accès aux services essentiels. En Inde, par exemple, un projet de l’OIT qui a aidé les travailleurs de la construction à s’inscrire auprès du conseil de protection sociale des travailleurs de la construction au niveau de l’État leur a également donné accès à des terrains à tarif préférentiel.

«J’avais perdu tout espoir lorsque j’ai été détecté positif au VIH, mais grâce au conseil et au traitement je travaille à nouveau. Avoir une carte E Nirman (carte de construction électronique) m’a énormément aidé. J’ai obtenu un terrain pour construire ma propre maison. Tout cela est arrivé grâce aux bonnes informations reçues au bon moment», a déclaré un travailleur de la construction du Gujarat, en Inde.

Au-delà du VIH, VCT@WORK a été une initiative pionnière dans le dépistage intégré de la santé, y compris pour les maladies non transmissibles (MNT) telles que le diabète et l’hypertension. Les employeurs ont salué cette approche holistique, qui s’inscrit dans le bien-être en milieu de travail et contribue à maintenir les travailleurs en bonne santé et productifs.

En intégrant le dépistage du VIH et des MNT dans le bien-être au travail et la protection sociale, la VCT@WORK de l’OIT démontre comment les approches fondées sur les droits dans les lieux de travail sont des portes d’entrée vers des moyens de subsistance durables, la santé, la dignité, la résilience et une voie vers la fin du sida en tant que menace pour la santé publique.