Coalition mondiale pour la justice sociale
L'Asie-Pacifique fait avancer l’agenda des salaires décents
Un dialogue régional renforce l’engagement en faveur de systèmes de rémunération inclusifs, conformes aux principes de l’OIT.
23 septembre 2025
COLOMBO (OIT Infos) – La région Asie-Pacifique peut démontrer que les salaires décents sont réalisables grâce à une approche systématique fondée sur le dialogue social et des mécanismes salariaux basés sur des données probantes, ont affirmé les participants à un dialogue régional organisé par l’Organisation internationale du Travail (OIT).
La rencontre Façonner l’agenda des salaires décents en Asie et dans le Pacifique – Dialogue régional de haut niveau dans le cadre de la Coalition mondiale pour la justice sociale s’est tenue du 23 au 26 septembre 2025 à Colombo, au Sri Lanka. Elle a réuni des représentants de 16 pays pour réfléchir aux moyens de rendre les salaires décents accessibles à tous les travailleurs de la région.
Le dialogue a relevé que, malgré la progression constante des salaires moyens en Asie et dans le Pacifique, des millions de travailleurs – en particulier les femmes, les migrants et ceux employés dans l’informel – continuent de souffrir de bas salaires, de mauvaises conditions de travail et de la hausse du coût de la vie.
« Ce dont nous avons besoin, c’est d’un salaire qui permette aux travailleurs non seulement de survivre, mais de vivre dans la dignité : un salaire décent. Cela signifie pouvoir mettre une nourriture saine sur la table, payer un logement correct, envoyer ses enfants à l’école et accéder à des soins médicaux quand c’est nécessaire », a déclaré le Directeur général de l’OIT, Gilbert F. Houngbo, dans un message vidéo adressé aux participants.
Les participants ont souligné que les principes de l’OIT en matière de salaires décents – dialogue social, égalité, équilibre entre les besoins des travailleurs et la réalité économique des entreprises, traitement des causes profondes de la faible rémunération et recours à des approches fondées sur des données – sont essentiels pour mettre en place des systèmes salariaux prévisibles et efficaces, capables d’assurer une rémunération adéquate.
Les discussions ont mis en évidence la nécessité d’aligner les initiatives sur les salaires décents et les efforts nationaux de fixation des salaires sur les principes de l’OIT, afin de veiller à ce que la croissance économique se traduise par de meilleures conditions de vie et une prospérité partagée.
«Avec sa main-d’œuvre immense et son rôle moteur dans l’économie mondiale, la région a l’occasion de montrer que les salaires décents ne sont pas une aspiration mais une réalité atteignable, grâce à une approche systématique fondée sur le dialogue social», a affirmé Kaori Nakamura-Osaka, Directrice générale adjointe de l’OIT et Directrice régionale pour l’Asie et le Pacifique.
L’événement a également marqué le lancement du Répertoire numérique Asie-Pacifique des salaires minimums, première plateforme régionale de ce type rassemblant les données sur les salaires minimums. Cet outil améliore l’accessibilité, la transparence et la cohérence des systèmes de rémunération et s’inscrit dans les efforts plus larges de l’OIT pour aider ses États membres à élaborer des politiques salariales fondées sur des données probantes.
À l’issue du dialogue de haut niveau, un cours technique de trois jours sera organisé pour des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs de toute la région, afin d’examiner les politiques salariales efficaces et fondées sur des données, y compris les salaires décents.
Le dialogue s’appuie sur l’accord historique de 2024 entre gouvernements, employeurs et travailleurs autour du concept de salaire décent, ainsi que sur le lancement en 2025 du premier programme mondial visant à aider les pays à estimer et mettre en œuvre de tels salaires.
Selon l’OIT, un salaire décent permet aux travailleurs et à leurs familles de vivre dignement, couvrant nourriture, logement, santé, éducation et autres besoins essentiels. Il se distingue du salaire minimum, qui fixe un plancher légal contre les rémunérations abusivement basses mais ne garantit pas automatiquement un niveau de vie suffisant pour les travailleurs et leurs familles.