Marché du travail en 2026
Comprendre les différentes formes d'économie informelle peut contribuer à l'élaboration de mesures politiques plus efficaces en Amérique latine et dans les Caraïbes
Un nouveau rapport de l'Organisation internationale du Travail préconise que les politiques de l'emploi associent formalisation, développement des compétences, productivité et protection sociale afin de s'adapter au mieux aux changements démographiques, technologiques et économiques.
30 juillet 2026
LIMA (OIT Infos) – Selon un nouveau rapport de l'Organisation internationale du Travail (OIT), les marchés du travail d'Amérique latine et des Caraïbes ont dépassé la phase de reprise post-pandémique et sont entrés dans une nouvelle période marquée par des forces structurelles, notamment la transition démographique, les évolutions technologiques et la persistance de l'économie informelle.
Le rapport, intitulé Tendencias del mercado laboral en América Latina y el Caribe, « Tendances du marché du travail en Amérique latine et dans les Caraïbes », révèle que le taux de chômage est tombé à 5,3 %, l'un de ses niveaux les plus bas de ces dernières décennies. Il souligne également que l'impact de l'économie informelle sur la productivité nécessite des mesures politiques ciblées qui tiennent compte des différentes capacités et contraintes auxquelles sont confrontés les travailleurs et les entreprises.
L'économie informelle ne se présente pas de la même manière pour tous. Certaines entreprises génèrent des revenus trop faibles pour couvrir les coûts liés à une activité formelle, tandis que d'autres ont les moyens de se formaliser mais ne sont pas suffisamment incitées à le faire ou n'y voient que peu d'avantages. Par ailleurs, une partie de l'emploi informel se trouve au sein d'entreprises enregistrées qui ne formalisent pas l'ensemble de leurs relations de travail.
Dans ce contexte, les politiques de l'emploi doivent elles aussi évoluer. Tout en favorisant la création d'emplois, les gouvernements doivent simultanément renforcer la productivité, soutenir la régularisation des emplois, développer les compétences et consolider la protection sociale.
Une micro-entreprise qui lutte pour sa survie ne se heurte pas aux mêmes obstacles qu’une entreprise ayant un potentiel de croissance mais qui continue d’exercer ses activités dans le secteur informel.
Ana Virginia Moreira Gomes, Directrice régionale de l’OIT pour l’Amérique latine et les Caraïbes
«Une micro-entreprise qui lutte pour sa survie ne se heurte pas aux mêmes obstacles qu’une entreprise ayant un potentiel de croissance mais qui continue d’exercer ses activités dans le secteur informel. Pour apporter des réponses efficaces, il faut donc un diagnostic plus précis et une combinaison d’instruments politiques adaptés aux besoins et aux capacités de chaque groupe», a déclaré Ana Virginia Moreira Gomes, Directrice régionale de l’OIT pour l’Amérique latine et les Caraïbes.
Le rapport montre également que la relation entre formalisation et productivité est bidirectionnelle. La formalisation peut améliorer l'accès des entreprises et des travailleurs au financement, à la technologie, aux marchés et à la protection institutionnelle. Parallèlement, une productivité accrue peut permettre aux entités économiques de se développer, d'augmenter leurs revenus et de créer les conditions nécessaires à leur formalisation.
À cet égard, le rapport fait valoir que les politiques ont davantage de chances d’être efficaces lorsqu’elles combinent des mesures complémentaires plutôt que de se concentrer uniquement sur la réduction des coûts d’enregistrement ou le renforcement de l’inspection du travail. Le développement des compétences, l’accès au financement, à la technologie, à la protection sociale, aux services d’aide au développement des entreprises et à l’accès aux marchés peuvent permettre de s’attaquer à la fois aux obstacles à la formalisation et aux contraintes qui limitent la productivité.
Tendances du marché du travail en 2026
Le rapport présente également un aperçu complet de l'évolution du marché du travail en 2025. Le taux d'emploi régional est passé de 59,7 % à 59,9 %, tandis que le taux d'activité s'est établi à 63,2 %, restant globalement inchangé.
Le taux de chômage a reculé à 5,3 %, son niveau le plus bas depuis dix ans. Toutefois, cette baisse du chômage reflète également une évolution plus discrète mais significative de la dynamique du marché du travail régional, alors que la transition démographique commence à remodeler l'offre de main-d'œuvre dans toute la région.
Il sera de plus en plus important de comprendre qui trouve un emploi, qui reste en dehors du marché du travail et quels types d'opportunités sont créés.
Gerson Martínez, auteur principal du rapport et spécialiste régional de l'économie du travail à l'OIT
«Les tendances du marché du travail en 2025 restent globalement positives, mais elles doivent être considérées dans leur ensemble. L'emploi a augmenté et le chômage a reculé, tandis que le taux d'activité est resté pratiquement inchangé. Il sera de plus en plus important de comprendre qui trouve un emploi, qui reste en dehors du marché du travail et quels types d'opportunités sont créés», a déclaré Gerson Martínez, auteur principal du rapport et spécialiste régional de l'économie du travail à l'OIT.
Les premières données disponibles pour 2026 indiquent que l'emploi continue de progresser et que le chômage continue de reculer dans plusieurs pays. À ce jour, rien n'indique une détérioration généralisée des conditions du marché du travail, même si les tendances varient d'une économie à l'autre. La croissance de l'emploi reste relativement forte dans certains pays, tandis que dans d'autres, elle a ralenti. Le rapport souligne qu'il sera essentiel de suivre l'évolution de la situation au cours des prochains trimestres afin de déterminer si ces différences sont temporaires ou si elles annoncent l'émergence d'une nouvelle tendance.
Malgré cette relative stabilité, un contexte mondial de plus en plus incertain et les transformations structurelles en cours soulignent la nécessité de renforcer les politiques visant à favoriser la formalisation, la productivité, le développement des compétences et la protection sociale. Ces politiques devraient être adaptées aux réalités et aux besoins variés des entreprises et des travailleurs de toute la région.