Transition vers l’économie formelle
Caraïbes orientales: le tourisme, moteur de travail décent et de formalisation
Une nouvelle étude de l’OIT portant sur cinq pays des Caraïbes orientales appelle à faire progresser conjointement la productivité, le travail décent et la transition vers l’économie formelle dans le secteur du tourisme.
25 septembre 2026
Le tourisme représente en moyenne 39 % du PIB et plus de 11 % de l’emploi total dans les Caraïbes orientales, mais son importance économique s’accompagne d’une informalité persistante et de déficits en matière de travail décent. Une nouvelle étude de l’Organisation internationale du Travail (OIT) souligne que le renforcement conjoint de la productivité, des conditions de travail et de la formalisation peut permettre de faire du poids économique de ce secteur un moteur de développement plus durable et inclusif.
L’étude, Informality in the tourism sector in the Eastern Caribbean, (Informalité dans le secteur du tourisme dans les Caraïbes orientales) porte sur Antigua-et-Barbuda, la Barbade, la Dominique, la Grenade et Sainte-Lucie. Elle constate que l’informalité est entretenue par plusieurs facteurs qui se renforcent mutuellement, notamment la faible productivité de nombreuses micro, petites et moyennes entreprises (MPME), l’accès limité au financement, la fragmentation des cadres réglementaires, l’inadéquation persistante des compétences, les lacunes en matière de protection sociale et les capacités limitées à faire appliquer la réglementation du travail. La forte saisonnalité et l’exposition aux chocs climatiques limitent davantage encore la capacité des entreprises à investir, à se développer et à maintenir leurs activités dans l’économie formelle.
Le défi ne consiste pas simplement à réduire l’informalité, mais à faire du tourisme un véritable moteur de travail décent, de développement productif et d’inclusion sociale
Ana Virginia Moreira Gomes, Directrice régionale de l’OIT pour l’Amérique latine et les Caraïbes.
«Le défi ne consiste pas simplement à réduire l’informalité, mais à faire du tourisme un véritable moteur de travail décent, de développement productif et d’inclusion sociale», a déclaré Ana Virginia Moreira Gomes, Directrice régionale de l’OIT pour l’Amérique latine et les Caraïbes.
Plutôt que de considérer la formalisation comme un objectif à part entière, l’étude propose une approche intégrée fondée sur le cadre normatif de l’OIT, ainsi que sur la Stratégie de promotion de la formalisation en Amérique latine et dans les Caraïbes (FORLAC 2.0) et les lignes directrices de l’OIT sur le travail décent et le tourisme socialement responsable. Les neuf axes d’action proposés associent des mesures visant à renforcer le développement productif et les MPME, à améliorer les compétences et les perspectives d’emploi, à étendre la couverture de la protection sociale et à renforcer les droits au travail et le respect de la réglementation. Ils sont complétés par des actions destinées à renforcer le dialogue social, à promouvoir des politiques tenant compte des questions de genre et à améliorer la collecte de données et la coopération régionale.
L’étude souligne que ces mesures doivent tenir compte des différentes réalités du secteur. Les petits opérateurs exerçant une activité de subsistance et les entreprises tournées vers la croissance se heurtent à des obstacles différents en matière de formalisation, tandis que les conditions varient également d’un pays à l’autre. Il est donc nécessaire d’adopter des approches progressives et différenciées, qui rendent la formalisation viable pour les travailleurs et les entreprises, tout en renforçant la productivité et en améliorant les conditions de travail.
“Faire progresser la formalisation du tourisme dans les Caraïbes n’est pas seulement une priorité pour le marché du travail; c’est un impératif de développement”.
Joni Musabayana, Directeur de l’Équipe d’appui technique de l’OIT au travail décent et du Bureau de l’OIT pour les Caraïbes
«Faire progresser la formalisation du tourisme dans les Caraïbes n’est pas seulement une priorité pour le marché du travail; c’est un impératif de développement. En traduisant les résultats de la recherche en actions concrètes et en renforçant la coopération tripartite, nous pouvons bâtir un secteur touristique qui favorise le travail décent, une plus grande résilience et le développement durable», a déclaré Joni Musabayana, Directeur de l’Équipe d’appui technique de l’OIT au travail décent et du Bureau de l’OIT pour les Caraïbes.
L’OIT continuera de travailler avec les gouvernements et les organisations d’employeurs et de travailleurs afin de traduire ces priorités en actions concrètes, au service d’entreprises plus durables, de travailleurs mieux protégés, de communautés plus résilientes et d’un secteur touristique dont la croissance crée des perspectives et garantit la dignité.
L’étude a été élaborée dans le cadre de FORLAC 2.0, avec le soutien financier de l’Union européenne et de l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID). Elle s’inscrit dans la stratégie de l’OIT visant à renforcer une réponse intégrée et cohérente pour soutenir la transition vers l’économie formelle en Amérique latine et dans les Caraïbes sur la période 2024-2030. Cette stratégie repose sur des solutions innovantes adaptées aux contextes nationaux, destinées à accroître la productivité, à promouvoir les entreprises durables, la formalisation et le travail décent, ainsi qu’à favoriser les partenariats pour faire progresser les politiques intégrées de formalisation dans l’ensemble de la région.
Détails additionnels
Références
- DOI: N/A