ProAgro Morocco
Transition verte de l’agro-industrie marocaine: Anticipation des besoins en compétences des entreprises
10 juin 2024
La transition verte offre une opportunité de promouvoir une croissance économique inclusive et de garantir des emplois décents pour tous, mais il faut pour cela oser faire des choix ambitieux et véritablement embrasser un changement profond du développement économique actuel. Dans le secteur agro-industriel, cette transition vers une économie plus verte est incontournable. Il faut relever les défis écologiques tout en veillant à ce que les travailleurs soient au cœur de cette transformation. Les programmes de formation et d'adaptation joueront un rôle crucial pour aider ceux-ci à s'adapter aux nouvelles exigences du marché tout en préservant leur dignité et leurs droits fondamentaux.
La transition verte de notre agro-industrie devient inévitable en raison de plusieurs facteurs. D'une part, le réchauffement climatique et le stress hydrique qui compromettent la résilience et la durabilité du système agro-alimentaire national. D'autre part, les exigences réglementaires internationales issues des 17 Objectifs de Développement Durable de l'ONU et de l'Accord de Paris, qui se traduisent par des engagements mesurables pris par le Maroc dans sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN) actualisée en juin 2021. Enfin, la tendance marquée des consommateurs à privilégier des produits alimentaires sains, éthiques et respectueux de l'environnement qui influencent profondément les dynamiques commerciales globales, en particulier entre le Maroc et l'UE. Dans ce contexte, la transition verte du secteur apparait comme à la fois nécessaire (pour la résilience de notre système alimentaire) et opportune (pour la compétitivité de nos entreprises).
Bien que l'agro-industrie soit parfois considérée comme un des secteurs contribuant fortement au réchauffement climatique (consommation élevée d'énergie, utilisation d’emballages peu recyclables, production de déchets, etc.), ses émissions restent liées à 90% à l’amont agricole et sont donc en dehors de son périmètre de responsabilité directe (scope 3). Par conséquent, les entreprises qui décident de transiter vers des modes de production plus durables devront concentrer l’essentiel de leurs efforts sur les émissions directes (scope 1) et celles liées à l’énergie (scope 2). Cela va se traduire par des adaptations sur l’ensemble des processus et des procédés. Plus spécifiquement, ces entreprises devront améliorer la qualité de la matière première, utiliser efficacement l’énergie et l’eau, gérer les emballages et leur fin de vie, optimiser la logistique et le transport et lutter contre les pertes et le gaspillage alimentaire.
Ces adaptations nécessiteront des investissements matériels et immatériels, notamment dans le capital humain. Plus particulièrement, le verdissement des activités va impacter les emplois et engendrer des besoins spécifiques en compétences, à la fois transversales et techniques et à tous les niveaux (management et opérations). A titre d’illustration, la fonction achat devra intégrer la capacité à traduire les exigences environnementales en critères d’achat, la gestion des emballages pourrait entrainer la création d’un poste « Packaging Specialist » et l’équipe de maintenance devra être requalifiée ou élargie pour accompagner la transition vers les énergies renouvelables.
Comme partout dans le monde, il devient crucial d'ajuster les qualifications pour le verdissement des métiers et des secteurs, ainsi que pour la création de nouvelles professions. A défaut, l'inadéquation des compétences peut représenter un obstacle majeur au verdissement de l'économie, même dans les pays les plus avancés en matière de durabilité. La pénurie de compétences vertes pourrait alors compromettre les engagements environnementaux du Maroc, comme cela est déjà observé dans d'autres pays, et menacer le positionnement de nos entreprises sur les marchés. L'écosystème national devra donc être capable de fournir ces compétences, notamment en soutenant les entreprises dans la requalification de leurs salariés actuels et en adaptant les profils des futures recrues, particulièrement les jeunes diplômés.
Dans ce contexte, le partenariat public-privé entre l'ANAPEC et la FENAGRI, soutenu par le projet ProAgro Maroc de l’Organisation internationale du Travail, vise à co-construire une offre de formation adaptée aux besoins du secteur agro-industriel. L'intervention des partenaires du projet ProAgro se manifeste à plusieurs échelons. Tout d'abord, l'accompagnement et la sensibilisation continus sont cruciaux pour informer les entreprises de l'importance et de l'urgence de s'engager dans une transition écologique. Ensuite, il est essentiel d'anticiper les évolutions du marché et les tendances internationales qui affecteront, tôt ou tard, le Maroc. Cette anticipation inclut des analyses prospectives pour évaluer les besoins futurs en emplois et en compétences vertes. Enfin, un recueil régulier des besoins des entreprises est mis en place, sachant que l'anticipation et la sensibilisation contribuent à une meilleure précision des besoins, qui évoluent avec la prise de conscience des implications des tendances mondiales sur les besoins en compétences vertes des entreprises.
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ProAgro Maroc - Promotion du travail décent dans le secteur de l’agro-industrie au Maroc
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