Infrastructure communautaire et approches basées sur les ressources locales

29 janvier 2024

En quoi consistent les approches communautaires et les approches fondées sur les ressources locales (LRB) ?

Le manque d’accès suffisant aux biens, aux équipements et aux services est une préoccupation exprimée au sein de nombreuses communautés urbaines et rurales défavorisées. Les approches fondées sur les ressources locales (LRB) — promues par le programme EIIP (Programme d’investissements à haute intensité de main-d’œuvre) — visent à améliorer l’accès physique à l’échelle locale. Elles y parviennent en optimisant et en combinant l’utilisation des ressources locales pour le développement, l’exploitation et l’entretien d’infrastructures communautaires. Cela passe par une planification locale, une participation accrue, un ciblage des groupes vulnérables, ainsi que par la promotion de matériaux et de technologies locaux dans la mise en œuvre des projets.

Dans le cadre des interventions de l’EIIP liées aux investissements sectoriels et aux programmes nationaux d’infrastructure, la priorité est accordée à la création d’actifs de qualité, l’objectif de création d’emplois étant secondaire. Ces programmes sont souvent financés et mis en œuvre par des ministères techniques — tels que ceux en charge des routes, de l’eau, du développement rural, de l’agriculture et des forêts, du développement urbain ou de l’irrigation. L’exécution des travaux est fréquemment confiée, par contrat, à des petites et moyennes entreprises. Dans ce contexte, l’EIIP promeut et démontre l’intérêt des approches à haute intensité de main-d’œuvre, tout en renforçant les capacités nécessaires à leur mise en œuvre, le plus souvent par le biais d’une assistance technique.

Par ailleurs, l’EIIP soutient des programmes de développement local qui intègrent souvent des composantes infrastructurelles, appuient la décentralisation et sont mis en œuvre et financés par les autorités locales (municipalités, districts, ministères en charge du développement régional ou local, etc.). Il s’agit généralement de programmes multisectoriels qui, au-delà de la création d’actifs, de la prestation de services et de la création d’emplois, poursuivent un objectif plus large : le développement économique et communautaire à l’échelle locale.

Allier la participation locale au recours à une main-d’œuvre locale qualifiée ou non, à des matériaux locaux, à des savoirs locaux ainsi qu’à des technologies appropriées s’est avéré être une approche efficace et économiquement viable pour les travaux d’infrastructure et la création d’emplois dans de nombreux contextes locaux.

L’approche participative permet d’identifier, de hiérarchiser et de prendre en compte les besoins spécifiques de tous les groupes au sein des communautés, notamment les femmes, les jeunes, les personnes en situation de handicap, les peuples autochtones et tribaux, ainsi que les personnes déplacées internes. Cette approche valorise les connaissances, les technologies et les structures organisationnelles disponibles localement, favorisant ainsi l’appropriation et l’autonomisation. Le processus de développement communautaire renforce le dialogue social et l’inclusion.

Pour la planification de programmes d’infrastructures locales, le programme EIIP (Programme d’investissements à haute intensité de main-d’œuvre) a mis au point une méthodologie de planification à l’échelle locale, appelée « Planification intégrée de l’accessibilité en milieu rural » (IRAP, selon son acronyme anglais). L’approche IRAP repose sur des outils et des techniques de planification participative, conçus « de la base vers le haut » (bottom-up) au niveau local, avec pour objectif d’améliorer l’accessibilité physique vers et au sein des communautés rurales.

Les procédures IRAP sont relativement simples à utiliser et génèrent des résultats immédiats exploitables dans tout processus de planification. Elles s’accompagnent d’un renforcement des capacités des autorités locales. Les résultats obtenus reflètent les priorités d’investissement convenues en matière d’infrastructures locales (par exemple, dans les domaines des transports, de l’eau, des marchés, de l’éducation, de la santé et de l’agriculture). Le programme EIIP a démontré l’efficacité d’approches permettant l’implication directe des communautés dans leurs propres projets d’amélioration, par le biais de « contrats communautaires ». L’objectif est de renforcer l’autonomie des communautés en leur facilitant l’accès à de meilleurs services et infrastructures, en favorisant le renforcement de leurs capacités, et en leur offrant une expérience concrète en matière de négociation, d’organisation et de contractualisation.

L’étendue des responsabilités confiées à la communauté peut varier selon le contexte et le modèle contractuel retenu ; le contractant peut être la communauté dans son ensemble, un groupe spécifique en son sein (jeunes, femmes, familles vulnérables, peuples autochtones), ou encore une petite entreprise communautaire. Les aspects essentiels des contrats communautaires incluent la sélection directe (sans mise en concurrence), la précision des estimations de coûts, les paiements anticipés, les marges bénéficiaires, ainsi que le renforcement des capacités et l’appui technique.

Le recours aux contrats communautaires n’est pas toujours envisageable ; cela dépend de la nature des travaux, des modalités de passation des marchés et des circonstances locales. Dans bien des cas, lorsque cette option n’est pas la plus appropriée, il est préférable de confier la réalisation des travaux à des entreprises privées locales.

Fiche technique

Approches basées sur les ressources locales et infrastructures communautaires

Approches basées sur les ressources locales et infrastructures communautaires