« Vers plus de justice sociale : façonner l’avenir du travail en Afrique »

3 décembre 2019

Une conférence de presse a été dirigée le 28 novembre 2019 dernier à Antananarivo Madagascar par le Directeur du Bureau de Pays de l’OIT pour Madagascar, les Comores, Maurice et les Seychelles, en présence des mandants tripartites pour donner aux médias les informations relatives à l’organisation de la 14ème réunion régionale africaine à Abidjan, du 3 au 6 décembre 2019.

En effet, la 14e Réunion régionale africaine rassemblera les mandants tripartites de l’OIT, représentant les gouvernements, les travailleurs et les employeurs de 54 pays africains, ainsi que les représentants d’organisations internationales, intergouvernementales et non gouvernementales, invités par le Conseil d’administration.

Le centenaire nous offre l’occasion d’un renouveau en axant principalement la réflexion sur son thème fédérateur « Faire avancer la justice sociale: façonner l’avenir du travail en Afrique ». Les enjeux concernent l’impact de la technologie, du changement climatique et de la démographie sur la nature et le rythme du changement. Parallèlement, des questions comme l’informalité et la pauvreté au travail perdurent et exigent toujours d’être traitées, notamment en faisant de la technologie un instrument au service du travail décent et productif. Enfin, dans un monde fait de changements et de fluctuations, l’objectif de l’OIT reste clair: mettre le cap sur une approche de l’avenir du travail centrée sur l’humain. En juin 2019, la 108e session de la Conférence internationale du Travail a adopté la Déclaration du centenaire de l’OIT pour l’avenir du travail (Déclaration du centenaire). La Déclaration du centenaire demande à l’OIT de poursuivre “avec une inlassable énergie son mandat constitutionnel au service de la justice sociale en renforçant son approche de l’avenir du travail centrée sur l’humain, qui place les droits des travailleurs, ainsi que les besoins, les aspirations et les droits de toutes les personnes au cœur des politiques sociales, économiques et environnementales ». L’OIT aura pour but de concrétiser la vision énoncée dans la Déclaration du centenaire à travers ses programmes de travail pour les années à venir. La 14e Réunion régionale africaine façonnera une vision et un programme régionaux pour orienter cette action.

A l’échelle continentale, les résultats de cette 14e Réunion régionale faciliteront la réalisation des objectifs pertinents des grands cadres d’action, y compris l’Agenda 2063 de l’Union Africaine (UA) ; le Plan d’action de l’Union africaine sur l’emploi, l’éradication de la pauvreté et le développement inclusif («Ouagadougou + 10») ; le Protocole de l’Union africaine sur la liberté de circulation ; la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) ; et le Pacte Mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (Pacte mondial pour les migrations) adopté en décembre 2018.

Dans le même temps, les pays de la région se sont aussi engagés à réaliser le Programme des Nations Unies de développement durable pour 2030 (Programme 2030). Les objectifs de travail décent sont au cœur des ODD. Les progrès constants en faveur des objectifs de travail décent seront aussi une contribution majeure à la réalisation des ODD, que les gouvernements africains ont promis de réaliser.

Vu les taux de chômage qui ont atteint des niveaux sans précédent, le manque criant d’emplois, surtout pour les jeunes Africains, et l’aggravation des inégalités dans l’accès à la protection sociale de base, le rapport du Directeur général à la Conférence formulera des recommandations politiques indispensables pour une croissance inclusive et pour le progrès social en Afrique. A l’issue des réunions, un plan d’action devrait être proposé pour le continent et pour la prochaine décennie.

Les cérémonies officielles d’ouverture et de clôture et les cinq séances plénières seront ouvertes aux journalistes et retransmises en direct sur le site web de la réunion (www.ilo.org/afrm14/fr ).

Une retransmission web en direct de toutes les séances plénières de haut niveau sera disponible sur www.ilo.org/afrm14/fr. Les séances seront disponibles pour téléchargement au format MP4 et indexées par séance.

Il est important de noter que l'avenir du travail en Afrique dépendra des choix réalisés et des mesures prises dès maintenant. La Déclaration du centenaire demande à tous les acteurs concernés de prendre la responsabilité d’établir un avenir du travail juste et équitable. Cela nécessitera de construire des partenariats stratégiques aux niveaux national, régional et international avec des données de bonne qualité pour effectuer le suivi et l’évaluation des progrès.

Les domaines prioritaires suivants contribueront à façonner l’avenir du travail en Afrique :
  • L’expansion rapide de la main-d’œuvre est une chance… mais cette chance doit être saisie… ce qui suppose des formes appropriées de transformation structurelle… dans le cadre d’une stratégie de développement globale.
  • Promouvoir l’emploi productif suppose d’accélérer la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle… d’améliorer l’environnement pour les entreprises durables… et de favoriser une transition juste.
  • Il est nécessaire d’examiner et de renouveler les institutions du marché du travail pour améliorer la gouvernance… et favoriser une gouvernance équitable et efficace des migrations de main-d’œuvre.
  • Le tripartisme et le dialogue social doivent être renforcés et rendus plus efficaces afin de favoriser le développement et la mise en place des politiques publiques.
  • L’éducation et la formation seront essentielles… et la situation s’est nettement améliorée… mais les systèmes souffrent trop souvent d’une participation insuffisante des partenaires sociaux… et d’un manque de coordination efficace des politiques.
  • Privilégier l’éducation et la formation professionnelle des jeunes et des femmes en milieu rural.
  • Améliorer la qualité et assurer la pertinence des systèmes de développement des compétences peut contribuer bien davantage à l’employabilité des jeunes comme l’ont reconnu de nombreux pays dans la région.
  • Etendre la protection sociale pour offrir à tous un meilleur avenir, y compris les emplois dans l’économie informelle.

“Le moment est venu d’agir en élaborant un agenda du travail décent africain.

Avec sa main-d’œuvre en croissance rapide et l’arrivée de jeunes désireux de travailler et de bâtir un présent et un avenir du travail plus radieux, l’Afrique dispose d’un potentiel énorme que les gouvernements, les organisations de travailleurs et d’employeurs, le Bureau et les partenaires pour le développement doivent tous contribuer à réaliser. Les facteurs qui vont être le moteur de l’avenir du travail et jouer un rôle essentiel – les jeunes, toujours plus nombreux, les nouvelles technologies, notamment numériques, l’intégration régionale et les changements climatiques – vont être source d’incertitudes et risquent d’accroître les inégalités entre les pays et au sein de chaque pays si nous ne sommes pas déterminés à agir dès aujourd’hui.