Séances d’orientations et de formation pour les acteurs tripartites de la Guinée sur les thématiques de l'OIT
23 mai 2024
Du 9 et 10 mai 2024, s’est tenu à Conakry un « Atelier de formation des membres du Conseil National du Dialogue Social (CNDS) sur les normes internationales du travail et la portabilité de la protection sociale en faveur des travailleurs migrants et leurs familles. Cet atelier, qui a vu la présence du Président du CNDS, Directeur Régional du BIT Dakar, du Coordinateur du mouvement syndical et du Ministre du Travail et de la Fonction Publique, a servi de cadre tripartite approprié pour renforcer les capacités des membres et du secrétariat de cette nouvelle institution sur les normes internationales du travail, le dialogue social et la portabilité de la protection sociale en faveur des migrants travailleurs et leurs familles.
L’objectif général de cet atelier était d’outiller les membres du CNDS et de son secrétariat permanent sur les normes internationales du travail, le dialogue social et la portabilité de la protection sociale en faveur des migrants travailleurs et leurs familles. En effet, l’atelier a permis l’amélioration des connaissances des membres du CNDS et de son secrétariat permanent sur les normes internationales du travail, le dialogue social, l’accès et la portabilité de la protection sociale en faveur des migrants travailleurs et leurs familles ; aux participants d’être mieux outillés sur la problématique de la migration de main-d’œuvre suivant l’approche de l’OIT et aux membres du CNDS d’améliorer leur contribution dans le processus d’élaboration du cadre réglementaire et institutionnel de la gouvernance de la migration équitable de main d’œuvre en Guinée.
L’atelier a adopté une approche d’animation basée sur des présentations PowerPoint, des études de cas et d’autres supports innovants. Compte tenu de la diversité et de la richesse des thématiques prévues ainsi que la disponibilité des experts spécialistes en la matière, les collègues en charge de ces thématiques au Bureau régional de l’OIT à Dakar ont été mobilisés pour animer ces modules en Guinée.
Les présentations ont abordé les quatre modules suivants :
- Module 1 : Présentation du projet AGRIDOM et du contexte de la migration de main d’œuvre en Guinée ;
- Module 2 : Les normes internationales du travail et les mécanismes de contrôles ;
- Module 3 : Le droit des travailleurs migrants : liberté syndicale et droit de négociations collectives / Accords multilatéraux et bilatéraux / discrimination/Accès à la justice/ Migrations et zone de libre-échange ;
- Module 4 : Le pacte de stabilité sociale : Mode opératoire, attelage institutionnel, contraintes et étapes de mise en œuvre ;
- Module 5 : Les normes internationales du travail pertinentes pour la protection des droits des travailleurs migrants ;
Module 6 : L’accès et la portabilité de la protection sociale en faveur des travailleurs migrants.Après la présentation du projet AGRIDOM, il s’en est suivi la présentation sur le module 2 lors de laquelle la spécialiste des normes internationales du travail du BIT basé à Dakar a rappelé l’historique de l’OIT, sa structure tripartite et son rôle notamment la procédure d’élaboration et de la ratification des normes internationales du travail, de son système de contrôle et ses applications.
A ce jour l’OIT a élaboré et adopté 190 conventions (dont 10 fondamentale), 208 recommandations et 6 protocoles. Pour le cas de la Guinée, le pays a ratifié 62 conventions dont 9 fondamentales.
Au titre de la conférence internationale du travail en 2024, la Guinée pourrait être interpelé par rapport à la convention 105 sur l’abolition du travail forcé.
Lors de la présentation du module 3 par le spécialiste des activités des travailleurs du BIT basé à Dakar, le sujet des « Droits des travailleurs migrants » a suscité de vifs intérêts au niveau des participants au regard de l’actualité syndicale du pays.
Le module 4 qui portait sur le pacte de stabilité sociale et son mode opératoire, a été présenté par le spécialiste en dialogue social et l’administration du travail du BIT basé à Dakar. Dans le développement, il a d’abord signalé que la Guinée est le seul pays qui a défini le pacte de stabilité sociale dans sa charte. Après avoir défini le pacte, il a évoqué les facteurs déclencheurs, les éléments de contenus, les conditions de réussite, et en fin les modes opératoires.
A la suite de cette présentation, le thème portant sur la protection sociale a été présenté par le spécialiste du BIT Dakar en charge de la protection sociale. Il a commencé à définir la protection sociale et dans quels cas a-t-on besoin de la protection sociale. La question dans quels cas a-t-on besoin de la protection, il a fait savoir que nous avons besoins de la protection sociale dans les cas suivants : Risque social : maternité, maladie, accident de travail, chômage et dans la situation de vulnérabilité ou de pauvreté.
Pour ce qui est des normes internationales de la protection sociale, il est revenu sur la convention n° 102 qui porte sur la sécurité sociale (normes minimum) de 1952. A ce niveau, il a rappelé que la Guinée n’a pas encore ratifié cette convention.
Poursuivant son explication, il a aussi parlé des recommandations 202 sur le socle de protection sociale (2012) qui parle de quatre garanties :
- Soins de santé essentiels à tous les résidents ;
- Tous les enfants bénéficient d’un revenu d’une sécurité de revenu de base ;
- Une sécurité de revenu pour toutes les personnes en âge de travailler qui ne bénéficient pas d’un revenu suffisant ;
- Toutes les personnes âgées bénéficient d’une sécurité de revenu de base.
La situation de la protection sociale en Afrique a été aussi abordé par le spécialiste, une situation alarmante puisque l’Afrique est à 17% de la protection sociale. Avant de finir, il a également abordé le point sur les sources potentielles de financement de la protection sociale et la différence entre la protection sociale et le dialogue.
Principales recommandations
- Renforcer les capacités des membres du CNDS sur d’autres thématiques ;
- Ramener les acteurs de l’économie informel d’être contributif ;
- Faire la restitution de cette formation aux employeurs, travailleurs et au membre du gouvernement ;
- Appuyer le CNDS dans le processus d’appropriation de la convention générale de la CEDEAO sur la sécurité sociale ;
- Inciter la Guinée à ratifier les conventions 102 et 155 ;
- Promouvoir la formation des formateurs au sein du CNDS.
Il faut noter que les deux journées consacrées à l’atelier ont permis à l’ensemble des participants d’être outillés sur les normes internationales du travail et la portabilité de la protection sociale en faveur des travailleurs migrants et leurs familles.