Travail des enfants
Plan d’Action National 2025–2029 : L’OIT et la Côte d’Ivoire unies pour une réponse stratégique contre le travail des enfants
La Côte d’Ivoire a franchi un nouveau cap dans sa lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants avec le lancement officiel, le 4 juin 2025 à Abidjan, du Plan d’Action National 2025–2029 (PAN).
7 juin 2025
Abidjan (Nouvelles de l’OIT) – Ce plan quinquennal marque une avancée stratégique pour réduire de manière significative ce fléau, en alignement avec la cible 8.7 des Objectifs de développement durable (ODD).
Le PAN : trois axes d’intervention prioritaires avec un appui technique stratégique de l’OIT
Élaboré à l’issue d’un processus consultatif multisectoriel rigoureux, le PAN 2025–2029, repose sur trois axes prioritaires : améliorer l’accès des enfants aux services sociaux de base, réduire la vulnérabilité socio-économique des familles, et renforcer le cadre institutionnel et juridique de lutte contre le travail des enfants.
L’Organisation internationale du Travail (OIT), partenaire clé dans la conception de ce plan, a fourni un appui technique tout au long du processus, depuis l’évaluation des réalisations du PAN 2019-2023 à l’élaboration du nouveau PAN. Son expertise a permis de structurer le PAN sur la base de données probantes en lien avec les engagements internationaux, notamment les Conventions n°138 et n°182 de l’OIT. Représentant Ndeye Coumba Diop, la Directrice du Bureau pays de l’OIT-Abidjan, Coffi Agossou, Directeur régional adjoint du bureau régional de l’OIT pour l’Afrique a rappelé l’importance du PAN et l’engagement de l’OIT à accompagner la Côte d’Ivoire dans le combat contre le travail des enfants :
« L’OIT et les Agences Sœurs des Nations Unies dont notamment l’UNICEF, l’OIM, ont apporté un appui constant à l’élaboration et à la mise en œuvre des PAN passés. Nous entendons poursuivre ces appuis dans le cadre de la réalisation des ambitions affichées dans ce nouveau PAN. Pour nous, l’élimination définitive du travail des enfants passe par un engagement fort et renouvelé, des investissements coordonnés, et des partenariats solides, a déclaré M. Agossou ».
Un engagement politique fort pour des résultats déjà perceptibles
Ce nouvel engagement s’inscrit dans une dynamique impulsée depuis 2012 par le Comité National de Surveillance (CNS), présidé par Dominique Ouattara, Première Dame de Côte d’Ivoire et le CIM (Comité Interministériel de lutte contre le travail des enfants). Madame Ouattara, a réaffirmé son implication personnelle pour garantir à chaque enfant un environnement protecteur et épanouissant à travers différentes actions qui ont permis d’obtenir des résultats probants.
« En ce qui concerne la protection des enfants, des mécanismes d’alerte précoce ont été mis en place pour sauver les victimes de la traite et de l’exploitation, tant par les gouvernements que par le secteur privé. Nous avons également mis en place des familles d’accueil, des comités villageois de protection de l’enfant et construit des centres d’accueil pour enfants. Par ailleurs, deux lignes vertes sont opérationnelles pour signaler les cas de traite et d’exploitation d’enfants (116 et 1308). Ces dispositifs opérationnels ont permis de retirer et de secourir 30 541 enfants victime »
Entre 2016 et 2021, le taux national du travail des enfants est passé de 31,3 % à 21,6 %, grâce à des efforts conjoints du Gouvernement, des partenaires techniques et financiers, et de la société civile. Le secteur du cacao, particulièrement sensible, a vu une baisse de 32 % du travail des enfants dans les communautés ciblées par des interventions intensives.
Le PAN : un outil stratégique pour le Gouvernement
Le ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale, Adama Kamara, a salué l’adoption de ce quatrième plan, qui traduit selon lui, la volonté du Gouvernement de répondre aux enjeux nationaux et internationaux en matière de protection de l’enfance.
« « Le PAN 2025-2029 incarne notre volonté commune de franchir un cap décisif dans la lutte contre le travail des enfants en Côte d’Ivoire, en apportant des réponses ambitieuses, adaptées aux enjeux nationaux et aux exigences internationales. »
À cinq ans de l’échéance des ODD, le PAN 2025–2029 constitue un levier décisif pour faire reculer durablement le travail des enfants. Il appelle à une mobilisation accrue de toutes les parties prenantes, dans un esprit de partenariat et d’action concertée.