Les travailleuses domestiques formées à Bobo Dioulasso, brandissant fièrement leurs certificats de fin de formation

L’OIT redonne espoir aux travailleuses domestiques du Burkina Faso par la formation professionnelle

Découvrez comment l’OIT transforme la vie des travailleuses domestiques au Burkina Faso grâce à une formation innovante qui leur redonne espoir, dignité et de nouvelles opportunités professionnelles.

18 février 2025

Les travailleuses domestiques formées à Bobo Dioulasso, brandissant fièrement leurs certificats de fin de formation © OIT-Burkina Faso
Traoré Alassane, Coordonnateur du projet AGRIDOM, remettant à Rosalie Yougouma, travailleuse domestique ayant pris part à la formation, son certificat de participation
© OIT-Burkina Faso
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Traoré Alassane, Coordonnateur du projet AGRIDOM, remettant à Rosalie Yougouma, travailleuse domestique ayant pris part à la formation, son certificat de participation

BOBO-DIOULASSO (Nouvelles de l’OIT) – Sous le soleil brûlant de Bobo-Dioulasso, une trentaine de filles et de femmes se rassemblent avec une lueur nouvelle dans les yeux. Parmi elles, Salimata Ouédraogo, 29 ans, déplacée interne, a longtemps exercé comme travailleuse domestique sans réelle formation, vivant au jour le jour, souvent sous-payée et méconnue. Mais aujourd’hui, elle entrevoit un avenir différent.

Grâce à l’Organisation internationale du Travail (OIT) via le projet AGRIDOM, soutenu par la Coopération suisse au développement, Salimata Ouédraogo et ses camarades viennent de boucler dix jours d’apprentissage intensif au Centre d’Accueil et de Formation des Travailleurs Domestiques (CAFTD) de Bobo-Dioulasso. Une formation qui leur a offert bien plus que des compétences : elle leur a redonné confiance, dignité et ambition.

Un apprentissage transformateur

« Avant, je travaillais comme je pouvais, sans savoir si ce que je faisais était bien ou mal. Aujourd’hui, je sais comment organiser mon travail, je connais mes droits et je me sens plus forte », confie Salimata avec un sourire radieux.

Phase pratique de la formation des travailleuses domestiques. Ici elles apprennent à repasser les habits
© OIT-Burkina Faso
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Phase pratique de la formation des travailleuses domestiques. Ici elles apprennent à repasser les habits

Pendant quatre jours, les participantes ont approfondi des notions essentielles : hygiène, sécurité au travail, droits des travailleurs domestiques et gestion des tâches ménagères. Puis, durant six jours de pratique, elles ont perfectionné l’entretien du linge, la cuisine, l’assainissement et la puériculture.

« Je ne savais pas qu’il y avait des techniques précises pour entretenir une maison ou cuisiner de manière plus efficace. Maintenant, je peux même enseigner ce que j’ai appris à d’autres », ajoute Abibata Zoumbri, une autre participante déplacée interne.

Un avenir plus serein et plus digne

Au-delà des nouvelles compétences acquises, ces femmes repartent avec une reconnaissance précieuse: une attestation certifiant leur formation et des outils pédagogiques pour poursuivre leur évolution professionnelle. « Je peux maintenant négocier un meilleur salaire et même envisager de travailler à l’étranger dans de meilleures conditions », explique Salimata, qui voit déjà de nouvelles opportunités s’ouvrir devant elle.

« Cette initiative met en lumière une réalité longtemps occultée : les travailleuses domestiques sont des piliers de nombreuses familles, mais elles restent vulnérables face aux conditions précaires et à l’absence de protection sociale. En investissant dans leur formation, c’est toute une dynamique de professionnalisation et d’émancipation qui se met en place », se réjouit Colette Ouédraogo Somdah, Coordonnatrice du CAFTD.

Phase pratique de la formation sur les techniques de cuisine
© OIT-Burkina Faso
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Phase pratique de la formation sur les techniques de cuisine

Un impact durable sur les communautés

Ce programme ne change pas seulement la vie de ces femmes, il impacte également leurs familles et communautés. « Avec ce que j’ai appris, je peux mieux gérer mon travail et enseigner à mes enfants l’importance de l’hygiène et de l’organisation », témoigne Ramata Sankara, une autre participante déplacée interne.

En soutenant ces travailleuses, l’OIT et ses partenaires offrent bien plus qu’une formation: « ils leur donnent une voix, une reconnaissance et les moyens de construire un avenir meilleur. Une avancée majeure permettant à chaque femme formée de devenir une actrice du changement », souligne Traoré Alassane, Coordonnateur du projet AGRIDOM.

De l’ombre à la lumière: une nouvelle génération de travailleuses domestiques émergentes

Salimata et ses collègues ne sont plus seulement des aides invisibles dans l’ombre des foyers, elles sont désormais des professionnelles, conscientes de leur valeur et armées pour affronter le monde du travail avec assurance. Avec de telles initiatives, le travail domestique au Burkina Faso prend une nouvelle dimension: celle du respect, de la dignité et du professionnalisme.

Les travailleuses domestiques brandissent fièrement leurs certificats de fin formation Photo de groupe des travailleuses domestiques, participantes à la formation professionnelle
© OIT-Burkina Faso
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Les travailleuses domestiques brandissent fièrement leurs certificats de fin formation