L’OIT promeut l’intégration de la dimension de genre dans les accords commerciaux devant le Parlement européen

Le Directeur régional adjoint du Bureau de l’OIT pour l’Afrique s’est adressé devant la commission sur le commerce international (INTA) du Parlement européen afin de discuter de l’impact des politiques commerciales horizontales sur le genre. Il a suggéré des initiatives afin de concilier accords commerciaux internationaux et autonomisation économique des femmes.

24 octobre 2023

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BRUXELLES (OIT Infos) - Selon une estimation de la Banque Africaine pour le Développement, en 2019, l’Indice de genre en Afrique était de 48,62% en moyenne sur le continent. Cet indice combine une dimension économique, sociale, et de participation politico-institutionnelle sur une échelle de 0 à 1, soit 100% étant la parité entre les femmes et les hommes. Cela indique la nature urgente de la prise en compte de l’égalité de genre comme un enjeu fondamental des initiatives de développement. C’est sur ce constat alarmant que Coffi Agossou, Directeur régional adjoint auprès du Bureau de l'OIT pour l'Afrique, a débuté son intervention devant les membres du Parlement européen.

Dans le contexte de sa semaine de l’égalité de genre, le Parlement a demandé des recommandations concrètes afin d’intégrer la dimension de genre au sein de tous les accords commerciaux de l’UE. Durant ce débat, l’OIT a souligné la multiplication d’opportunités d’emplois en Afrique grâce aux accords commerciaux internationaux. Toutefois, comme démontré par des études du Parlement, les effets de ces accords ont des répercussions différenciées sur les hommes et les femmes.

Sur le continent africain, les femmes font face à de graves problématiques systémiques dont les accords commerciaux internationaux n’arrivent pas à renverser la tendance. Effectivement, l’économie informelle représente 80% de l’emploi dans la majorité des pays d’Afrique; secteur dans lequel une majorité des femmes se trouvent. De plus, ces dernières sont moins formées, ont un accès limité aux ressources et processus décisionnels (financements, informations, temps, négociations, etc.), et font souvent l'objet d’emplois aux conditions de travail précaires. Les femmes sont également nombreuses parmi les migrants, les réfugiés, les déplacés forcés et les demandeurs d’asile. De surcroît, de nombreux enfants du continent sont astreints au travail.

L’OIT à présenté les bienfaits des initiatives internationales, comme le programme « Better Work » et « VZF (Vision Zero Fund) » de l’OIT, ont eu sur le renforcement de la capacité des femmes à maîtriser leurs revenus et à se faire entendre au sein du ménage au Madagascar, en Ethiopie, au Kenya ou encore au Lesotho.

Sur la base de la synergie entre les objectifs de l’UE et de l’OIT, le Directeur régional adjoint a recommandé à l’UE d’encourager le renforcement des capacités des femmes à participer à la formulation des politiques et accords commerciaux et la création de coopératives visant à l’autonomisation des femmes. L’OIT a également souligné l’importance de la ratification, le respect et la promotion des conventions fondamentales de l’OIT par tous les Etats-membres de l’UE, notamment les conventions n° 155 et n° 187 concernant la santé et la sécurité au travail, ainsi que de la Convention n° 190 sur le harcèlement et la violence au travail et le Protocole n° 29 sur l’élimination du travail forcé.

« Les problèmes du marché du travail ne sont pas déterminés par les seules pratiques commerciales, mais le commerce est un levier important pour faire la différence, » a conclu Agossou.

Au travers des interventions des invités, du discours des députés, et des provisions de genre apparaissant dans de récents accords commerciaux de l’Union, nous voyons que l’UE a commencé à intégrer la dimension de genre au sein de ces accords. Néanmoins, il demeure crucial de veiller sur sa bonne assimilation et de pousser pour davantage de viabilité et de responsabilité.

A la fin de son allocution, le Directeur régional adjoint de l’OIT-Afrique a souligné la nécessité de la création de la coalition pour la justice sociale afin de mieux préserver l’autonomisation des femmes.