Près de trois millions et demi d’ouvriers du textile au Bangladesh, récemment confrontés à des catastrophes industrielles et à d’énormes pertes humaines, vont recevoir le soutien indispensable pour améliorer leurs conditions de travail, renforcer l’inspection du travail et faire progresser la sécurité incendie et bâtiments sur leurs lieux de travail.
Les efforts déployés par le gouvernement du Bangladesh et divers acteurs nationaux et internationaux du secteur du prêt-à-porter ont été relancés par un programme innovant de l’Organisation internationale du Travail (OIT), en partenariat avec les gouvernements néerlandais et britannique, inauguré à New York le 23 septembre.
«La croissance rapide du secteur textile a offert de précieux emplois aux femmes et aux hommes du Bangladesh et les a aidés à sortir eux et leurs familles de la misère. Toutefois, il y a urgence à collaborer et agir de manière déterminée pour faire du travail décent une réalité. Ce programme va améliorer les conditions de travail, en tout premier lieu la sécurité, et contribuer à alimenter une croissance économique et des investissements durables», a déclaré le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder.
Le Bangladesh s’est montré prêt à collaborer avec les partenaires internationaux pour améliorer les conditions de travail dans un secteur vital pour son économie, celui du textile et de l’habillement. Au Bangladesh, ce secteur a exporté des marchandises pour une valeur de 19,3 milliards de dollars entre juin 2012 et mai 2013, près de 12 pour cent de plus que l’année précédente.
Ce nouveau programme pluriannuel de l’OIT aura pour priorité de soutenir le Plan d’action national du Bangladesh pour la sécurité incendie et bâtiments élaboré suite à l’effondrement du Rana Plaza en avril dernier. Le Plan national d’action stipule que l’évaluation de toutes les usines textiles travaillant à l’export au Bangladesh devra s’achever d’ici au 31 décembre 2013.
Ce plan est relayé par d’autres initiatives parallèles axées sur le secteur du textile et de l’habillement au Bangladesh, à savoir l’Accord sur la sécurité incendie et bâtiments au Bangladesh qui a été signé par plus de 80 grandes marques de prêt-à-porter et de distributeurs, et l’Alliance pour la sécurité des travailleurs du Bangladesh, un engagement contraignant pris par les sociétés et les distributeurs de prêt-à-porter nord-américains d’améliorer la sécurité dans plus de 500 usines.
Les Pays-Bas, qui assurent actuellement la coprésidence du groupe de coordination des donateurs du Bangladesh, militent fortement pour l’adhésion aux normes internationales du travail sur la sécurité au travail et la protection des droits des travailleurs. Cette vision est également partagée par les entreprises néerlandaises et promue tout au long des chaînes d’approvisionnement.
La ministre du Commerce international et de la Coopération au développement des Pays-Bas, Lilianne Ploumen, a déclaré que «jamais dans l’histoire du secteur textile nous n’avions connu une telle occasion de faire progresser les conditions de travail. Avec la signature de cet accord, les Pays-Bas aux côtés de l’OIT et des autres donateurs vont donner à des millions de travailleurs du Bangladesh les moyens de vivre sainement et décemment».
Au cours de l’année écoulée, l’industrie du textile au Bangladesh a été secouée par plusieurs accidents industriels majeurs qui ont déclenché des manifestations de travailleurs de grande ampleur, revendiquant une sécurité incendie et bâtiments renforcée, de meilleures conditions de travail et une revalorisation des salaires minimaux. Ces actions ont abouti à des interruptions de travail dans des centaines d’usines.
Les autorités bangladaises font face à ces inquiétudes et soutiennent le programme qui va démarrer par une évaluation complète de la sécurité incendie et des structures dans toutes les usines textiles opérationnelles et lancer, si nécessaire, des mesures correctives appropriées. Le programme bénéficie aussi du soutien des organisations d’employeurs et des syndicats du Bangladesh. Pour sa part, le gouvernement agit pour améliorer considérablement la capacité de son système d’inspection en équipant les inspecteurs actuels et en formant les nouvelles recrues à l’inspection des usines, et en introduisant un système de surveillance pour assurer l’intégrité et accroître la transparence.
En outre, le programme va former les travailleurs, les contremaîtres et les cadres du secteur textile à améliorer leurs capacités afin de garantir la sécurité au travail, y compris la prévention des violences.
Ce programme est une partie importante du cadre de coopération plus large actuellement en vigueur. Par exemple, le 8 juillet 2013, l’Union européenne, l’OIT et le gouvernement du Bangladesh ont adopté une initiative conjointe intitulée «Pacte pour l’amélioration continue des droits au travail et de la sécurité des usines dans le secteur du prêt-à-porter et du tricot au Bangladesh». Le Pacte vise à améliorer les conditions de travail ainsi que la santé et la sécurité pour les travailleurs et à encourager les entreprises de l’industrie textile au Bangladesh à adopter un comportement responsable.
Le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, a souligné l’importance de réunir ces diverses initiatives en «une seule démarche cohérente afin d’éviter un éparpillement des efforts».
Pour les propriétaires des usines et pour les millions d’hommes et de femmes dont les revenus dépendent des emplois qu’offre le secteur du textile et de l’habillement, il est vital que le dialogue entre ces groupes progresse et que les conditions sur les lieux de travail soient conformes aux normes internationales. Ces efforts sont indispensables à l’expansion du commerce, à la création de meilleurs emplois et à la réduction de la pauvreté.
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