Le travail forcé génère 150 milliards de dollars de profits annuels

Le montant estimé pour l'ensemble des bénéfices illicites obtenus par l'utilisation du travail forcé en Afrique est de 13.10 milliards de dollars US par an.

20 mai 2014

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GENÈVE / ADDIS ABEBA (Nouvelles du BIT) - Dans l’économie privée, le travail forcé génère 150 milliards de dollars de profits illégaux par an, environ trois fois plus que le montant estimé précédemment, selon un nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

«Ce rapport nous fait franchir une nouvelle étape dans la compréhension de la traite, du travail forcé et de l’esclavage moderne», déclare le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder.

Le rapport de l’OIT, "Profits et pauvreté: l’économie du travail forcé", indique que deux tiers des 150 milliards de dollars estimés, soit 99 milliards, proviennent de l’exploitation sexuelle à des fins commerciales, tandis que les 51 autres milliards résultent de la traite à des fins d’exploitation économique, y compris le travail domestique, l’agriculture et d’autres activités économiques.

En Afrique, le montant estimé pour l'ensemble des bénéfices illicites obtenus par l'utilisation du travail forcé est de 13.10 milliards de dollars US par an.

Selon ces estimations pour la région, les bénéfices annuels de l'exploitation sexuelle forcée est de 8,9 milliards de dollars par an, tandis que les profits annuels moyens pour le travail domestique forcé seraient de l’ordre de 300 millions de dollars US par an.

La région Afrique abrite le deuxième plus grand nombre de travailleurs forcés à 3,7 millions (18 pour cent) et le nombre de victimes estime par type de travail forcé comprend l'exploitation sexuelle forcée (800 000), l'exploitation du travail forcé (2,5 millions) et le travail forcé imposé par l'Etat (400 000).

Le bénéfice annuel par victime est le plus élevé dans les économies développées ( 34.800 US $ par victime ), suivis par les pays du Moyen-Orient ( 15.000 US $ par victime ) , et la plus faible dans la région Asie-Pacifique ( 5000 US $ par victime ) et en Afrique ( US $ 3900 par victime ) .

Le taux (nombre de victimes par millier d'habitants) de la prévalence est le plus élevé dans les régions CSEE et de l'Afrique avec des taux de l’ordre de 4.2 et 4.0, respectivement.

Les bénéfices provenant de travaux forces

Les gens dans le travail forcé sont souvent pris dans un cercle vicieux qui les condamne à la pauvreté sans fin.

En Afrique, le nombre de victimes de l'exploitation du travail dans l'économie privée se divise en : agriculture, sylviculture et pêche : 1130000 ; Construction, la fabrication, l'exploitation minière et les services publics : 840 000 ; et le travail domestique : 570000.

Les formes traditionnelles de " vestiges de l'esclavage " sont encore répandues dans certains pays, conduisant à des situations où des familles entières (adultes et enfants, hommes et femmes) sont forcées de travailler dans les champs des propriétaires fonciers en échange de nourriture et de logement.

Le rapport met en évidence identifie les chutes de revenus et la pauvreté comme les principaux facteurs économiques qui poussent les individus vers le travail forcé. Les autres facteurs de risque et de vulnérabilité concernent le manque d’éducation, l’analphabétisme, l’égalité hommes-femmes et les migrations.

Qu'est-ce qui doit être fait ?

Beate Andrees, Cheffe du Programme d'action spécial de l'OIT pour combattre le travail forcé, préconise l’adoption d’une série de mesures destinées à réduire la vulnérabilité au travail forcé et notamment à:
  • Renforcer les socles de protection sociale pour éviter que les ménages pauvres ne contractent des emprunts abusifs en cas de perte soudaine de revenus.
  • Investir dans l’éducation et la formation professionnelle pour multiplier les possibilités d’emploi pour les travailleurs vulnérables.
  • Promouvoir une approche des migrations fondée sur les droits afin de prévenir le travail clandestin et les abus à l’encontre des travailleurs migrants.
  • Soutenir les organisations de travailleurs, y compris dans les industries et les secteurs vulnérables au travail forcé
  • Obtenir de meilleures données statistiques et la recherche contribueront aussi à la conception de programmes et de politiques plus efficaces.