L’Afrique a besoin de nouvelles solutions pour combattre le travail forcé, la traite d’êtres humains et l’esclavage
«Ceux qui tirent profit de l’exploitation doivent être immédiatement punis, ceux qui sont victimes d’abus et de coercition doivent obtenir les moyens de se faire entendre», a déclaré le Directeur régional pour l’Afrique par intérim, Hans Hofmeijer, en ouverture d’une conférence de haut niveau en Zambie. Pendant deux jours, la Conférence a pour but de se mettre d’accord sur des mesures concrètes de lutte contre le travail forcé, la traite d’êtres humains et l’esclavage sur le continent.
Hans Hofmeijer, Directeur régional pour l’Afrique par intérim
LUSAKA (OIT Info) – Avec quelque 3,7 millions d’hommes, de femmes et d’enfants toujours pris au piège du travail forcé – le deuxième taux de prévalence le plus élevé au monde –, le continent africain a besoin de toute urgence de solutions innovantes pour combattre le travail forcé et la traite, ont déclaré les participants de haut niveau à la Conférence tripartite régionale organisée par l’Organisation internationale du Travail (OIT) à Lusaka, en Zambie.
«Ceux qui titrent profit de l’exploitation doivent être immédiatement punis; ceux qui sont victimes d’abus et de mesures coercitives doivent obtenir les moyens de se faire entendre; de fortes mesures préventives, y compris des mesures visant à renforcer la législation du travail, à donner accès à des qualifications, à l’information et à la formation, surtout pour les femmes et les filles, sont également nécessaires», a ajouté Hans Hofmeijer, Directeur régional pour l’Afrique par intérim de l’OIT lors de la cérémonie d’ouverture.
La Conférence – la première réunion régionale organisée par l’OIT sur le sujet ces dernières années – a rassemblé des hauts fonctionnaires, des représentants des employeurs et des travailleurs et de la société civile d’une dizaine de pays à travers l’Afrique, des membres du corps diplomatique de Lusaka, ainsi que les deux Rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage et sur la traite des êtres humains.
L’OIT estime que le «coût de la coercition» en termes de pertes de revenus et de frais de recrutement illégal n’atteint pas moins d’un milliard et demi de dollars pour la seule Afrique. «C’est de l’argent qui pourrait et devrait aider des familles à sortir de la misère, servir à promouvoir le travail décent et à développer les communautés», a souligné le Directeur de l’OIT pour l’Afrique par intérim.
Dans son allocution d’ouverture, Edgar C. Lungu, ministre de l’Intérieur de Zambie, a mis en exergue les facteurs endogènes et exogènes de la traite d’êtres humains en Afrique, y compris «la demande de main-d’œuvre bon marché, qui est la conséquence de la volonté de produire au coût le plus bas possible».
En Afrique, l’agriculture, la construction, le travail domestique, l’industrie du sexe et certains segments des chaînes mondiales d’approvisionnement du secteur manufacturé sont très affectés par le travail forcé.
Cette réunion régionale est l’occasion d’évaluer l’état des connaissances sur le travail forcé, la traite des êtres humains et l’esclavage en Afrique, et de se mettre d’accord sur les méthodes et les moyens pour la région de contribuer du mieux possible à la Conférence internationale du Travail de 2014 qui va se pencher tout particulièrement sur ce thème.
La Conférence de deux jours devait adopter un communiqué final détaillant le consensus obtenu en vue de mener des actions concrètes.
«En réunissant les principaux acteurs de l’économie réelle – travailleurs, employeurs et ministres du Travail –, l’OIT pense que des solutions innovantes peuvent être élaborées pour combattre le travail forcé», a conclu Martin Clemensson, Directeur du Bureau de l’OIT pour la Zambie, le Malawi et le Mozambique.
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