La Jamaïque décerne un «carton rouge» au travail des enfants

A l’occasion du match de qualification pour la Coupe du monde de la FIFA qui oppose la Jamaïque au Panama le 22 mars, Kingston, capitale de la Jamaïque, va donner le coup d’envoi de la campagne «Carton rouge au travail des enfants» de l’OIT et de la FIFA.

22 mars 2013

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Au cours de la cérémonie d’ouverture, 250 bénévoles donneront l’exemple aux spectateurs en brandissant un carton rouge symbolique pour recueillir des soutiens afin que cessent les pires formes du travail des enfants d’ici à 2016.

Le Premier ministre jamaïcain, Portia Simpson-Miller, la FIFA, la Fédération jamaïcaine de football, les joueurs et tous les partenaires concernés ont apporté leur soutien à l’événement, parrainé par l’Organisation internationale du Travail, l’Union européenne et le Secrétariat ACP (groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique).

Cette campagne mondiale réunit de nombreux supporters dont la légende du football et ancien ministre des sports Pelé, ainsi que d’autres personnalités internationales comme Zidane, Roger Milla, Ronaldo, Rai, Sepp Blatter et Gilberto Gil. Parmi les personnalités politiques internationales qui soutiennent la campagne du carton rouge se trouvent des présidents, des premiers ministres et des ministres du Brésil, du Cameroun, du Costa Rica, d’Egypte, du Mali du Pérou et du Timor-Leste..

La campagne mobilise des associations communautaires et sportives dans les quartiers défavorisés du monde entier afin de donner les moyens aux jeunes, garçons et filles, de prendre part à la lutte contre le travail des enfants. Elle encourage les initiatives sportives locales pour dire au monde de décerner un CARTON ROUGE à ceux qui exploitent les droits des enfants.

Le rapport global de l’OIT sur le travail des enfants de 2010 estime qu’il y a plus de 215 millions d’enfants qui travaillent dans le monde. Le combat pour lutter contre l’exploitation du travail des enfants est plus important que jamais si nous voulons atteindre notre but d’éliminer les pires formes de travail des enfants d’ici à 2016. En Jamaïque, l’enquête STATIN sur l’activité des jeunes de 2002 avait estimé que plus de 16 000 enfants était impliqués dans le travail des enfants pendant la semaine d’enquête.

Le «travail des enfants» est défini comme un travail qui nuit au potentiel, à la dignité et au développement physique et mental de l’enfant. Il recouvre les activités qui sont mentalement, physiquement, socialement ou moralement dangereuses et néfastes pour les enfants et qui entravent leur scolarisation:
  • En les privant de la possibilité d’aller à l’école;
  • En les obligeant à quitter prématurément l’école;
  • Ou en exigeant d’eux qu’ils essaient de concilier l’assiduité scolaire avec des travaux excessivement lourds et longs.
En Jamaïque, le travail des enfants existe aussi bien en milieu urbain que rural où il est à la fois dangereux et culturellement enraciné. Dans les régions rurales du pays, les enfants qui travaillent sont généralement employés dans le secteur agricole où ils souffrent de devoir porter de lourdes charges et manipuler des substances chimiques dangereuses.

Il est impératif pour la Jamaïque d’atteindre les objectifs de son plan de développement «Vision 2030» et l’élimination du travail des enfants représente un vecteur essentiel pour y parvenir.