COP16
La gestion durable de la biodiversité dans l'agriculture pourrait créer des millions de nouveaux emplois en Amérique latine – OIT
L'OIT mettra en évidence le potentiel de transformation des emplois verts et des solutions fondées sur la nature lors de la Conférence des parties à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique de 2024, en Colombie.
18 octobre 2024
BOGOTÁ (OIT Infos) – L'Organisation internationale du Travail (OIT) a constaté que 64 millions d'emplois verts en Amérique latine et dans les Caraïbes – soit 19 pour cent du total – dépendent de la biodiversité et des écosystèmes naturels. C'est pourquoi, selon l'agence des Nations Unies pour le monde du travail, la 16e Conférence des Parties (COP16) sur la biodiversité, qui se tient actuellement à Cali, en Colombie, représente une opportunité clé pour répondre au besoin urgent de protection de la biodiversité par la création d'emplois décents et durables.
«Le passage à des modèles économiques qui respectent et restaurent la nature n'est pas seulement une nécessité environnementale mais aussi une opportunité de créer des emplois verts et des moyens de subsistance durables», a déclaré Blanca Patiño, spécialiste des emplois verts et de la transition juste au Bureau de l'OIT pour l'Amérique latine et les Caraïbes.
L'agenda de l'OIT à la COP16
L'OIT organise une série d'événements pendant la COP16, visant à explorer diverses questions liées à une transition juste, à la création d'emplois verts et à la conservation de la biodiversité.
Il s'agit notamment d'événements parallèles sur le rôle des peuples autochtones dans le développement inclusif et la transition juste, ainsi que de Biodiversity Footprints, un événement conjoint avec le ministère colombien du Travail qui se concentrera sur la participation civique, l'égalité des sexes et le travail décent dans les plans nationaux de biodiversité. Il explorera également une stratégie de création d'emplois verts en Colombie.
Des perspectives prometteuses
Un rapport conjoint de l'OIT, du Programme des Nations Unies pour l'environnement et de l'Union internationale pour la conservation de la nature, publié en 2022, estime que 20 millions d'emplois pourraient être créés dans le monde si les investissements dans les solutions fondées sur la nature étaient triplés d'ici à 2030. Cependant, la transition verte doit être gérée correctement pour que les travaux basés sur la nature, tels que la plantation d'arbres et la restauration des rivières, puissent créer des emplois décents.
«Il ne suffit pas de créer des emplois; nous devons veiller à ce que les nouveaux emplois soient verts et décents, qu'ils contribuent à la préservation ou à la restauration de l'environnement, avec des conditions de travail justes et sûres», a déclaré M. Patiño, soulignant que cela était particulièrement important dans des secteurs tels que l'agriculture et la sylviculture, où l'informalité et les conditions de travail précaires sont des défis persistants.
La région de l'Amérique latine et des Caraïbes, en particulier, abrite un cinquième des forêts du monde et 60 % de la vie terrestre de la planète. Dans ces régions, la biodiversité n'est pas seulement un trésor écologique, mais aussi un pilier fondamental pour les économies et les diverses communautés de la région. Il est donc essentiel que les peuples indigènes et les communautés locales participent à la conservation et à la gestion durable de la biodiversité, conformément à la Convention (n° 169) de l'OIT relative aux peuples indigènes et tribaux, 1989, le seul traité international contraignant à reconnaître le statut de ces groupes en tant que détenteurs de droits et participants à leur propre développement.
«Les jeunes autochtones sont particulièrement bien placés pour mener la transition vers une économie verte et créer des emplois verts et décents dans de nombreux domaines, notamment le tourisme durable, les cosmétiques naturels, la sylviculture et la protection de l'eau», a déclaré Hernán Coronado, spécialiste des peuples autochtones et point focal pour l'Amérique latine à l'OIT. «Leur contribution avérée à la conservation des ressources naturelles et à leur utilisation durable est plus précieuse aujourd'hui que jamais.»
«La création d'emplois durables et décents doit être au centre de l'agenda, car une transition juste vers une économie verte est à la fois nécessaire pour la survie de la planète et une voie pour aborder la pauvreté, l'inégalité et d'autres défis à la justice sociale et au développement durable», a déclaré M. Patiño.
La COP16 se tient du 21 octobre au 1er novembre.
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Rapport conjoint OIT-PNUE-UICN
Le travail décent dans les solutions fondées sur la nature 2022