Etude de l’OIT
La crise des réfugiés syriens en Jordanie rappelle l’acuité des principaux problèmes du marché du travail
Les effets négatifs pour le marché du travail des réfugiés syriens travaillant en Jordanie peuvent être évités ou inversés par des mesures globales.
30 avril 2014
AMMAN (OIT Info) – La crise des réfugiés syriens accentue la nécessité de s’attaquer aux problèmes qui préexistaient sur le marché du travail jordanien, selon un rapport de l’OIT. Ces difficultés ont trait au chômage élevé chez les jeunes Jordaniens, ainsi qu’à la prévalence d’emplois de mauvaise qualité et à faible productivité.
Le rapport, The Impact of the Syrian refugee Crisis on the Labour Market in Jordan: A Preliminary Analysis (L’impact de la crise des réfugiés syriens sur le marché du travail en Jordanie: analyse préliminaire), constate que le remplacement de travailleurs jordaniens par des Syriens a été limité. Le chômage n’a pas augmenté dans les provinces qui accueillent le plus de réfugiés syriens. Toutefois, on estime que le taux d’activité économique des Syriens (48,5 pour cent) est plus élevé que celui des Jordaniens (36,5 pour cent) et que les réfugiés syriens hommes travaillent illégalement dans des secteurs qui, traditionnellement, n’attirent pas les Jordaniens, comme l’agriculture ou le bâtiment.
«Il faut se rappeler que pour une bonne part des Jordaniens les conditions d’emploi étaient déjà effroyables avant l’arrivée des réfugiés syriens», a déclaré Mary Kawar, spécialiste principale de l’emploi au Bureau régional de l’OIT pour les Etats arabes.
«Dès lors, toute stratégie de réponse à l’impact de la crise des réfugiés syriens sur le marché du travail doit adopter une approche holistique en termes de droit des réfugiés syriens à vivre dans la dignité et à disposer de moyens de subsistance, de nécessité pour les Jordaniens d’avoir accès à des emplois décents, et pour tous de bénéficier de la paix sociale», a ajouté Mme Kawar.
Le rapport souligne que, comme l’économie jordanienne se caractérise par de petites entreprises informelles, les réfugiés syriens vont probablement s’insérer progressivement sur le marché du travail au fur et à mesure qu’ils développent leurs contacts et leurs relations avec les employeurs jordaniens dans les régions qui les accueillent.
S’appuyant sur des sources de données secondaires du gouvernement jordanien et des organisations internationales, le rapport a pour but de fournir quelques indications sur l’impact de la crise des réfugiés syriens en attendant que des données plus concrètes soient disponibles. En collaboration avec le Département des statistiques (DOS) et le ministère du Travail, l’OIT conduit actuellement une étude plus complète du marché du travail, couvrant à la fois les Jordaniens et les réfugiés syriens.
Selon les données du DOS de 2011, le salaire journalier pour les métiers les moins qualifiés du secteur privé (hors agriculture) avoisinait les 10 dinars jordaniens (14 $) contre 15 dinars jordaniens (21 $) pour l’économie dans son ensemble.
Etant donné qu’en Jordanie plus de la moitié des pauvres travaillent et qu’environ la moitié des revenus des ménages pauvres provient des salaires, toute pression à la baisse sur les salaires menace de faire passer de nombreuses familles jordaniennes sous le seuil de pauvreté officiel (14,4 pour cent).
Pour de plus amples informations, veuillez contacter Nisreen Bathish Abou Ragheb, consultante en communication, OIT Jordanie, courriel: [email protected]
Le rapport, The Impact of the Syrian refugee Crisis on the Labour Market in Jordan: A Preliminary Analysis (L’impact de la crise des réfugiés syriens sur le marché du travail en Jordanie: analyse préliminaire), constate que le remplacement de travailleurs jordaniens par des Syriens a été limité. Le chômage n’a pas augmenté dans les provinces qui accueillent le plus de réfugiés syriens. Toutefois, on estime que le taux d’activité économique des Syriens (48,5 pour cent) est plus élevé que celui des Jordaniens (36,5 pour cent) et que les réfugiés syriens hommes travaillent illégalement dans des secteurs qui, traditionnellement, n’attirent pas les Jordaniens, comme l’agriculture ou le bâtiment.
Une approche holistique indispensable
«Il faut se rappeler que pour une bonne part des Jordaniens les conditions d’emploi étaient déjà effroyables avant l’arrivée des réfugiés syriens», a déclaré Mary Kawar, spécialiste principale de l’emploi au Bureau régional de l’OIT pour les Etats arabes.«Dès lors, toute stratégie de réponse à l’impact de la crise des réfugiés syriens sur le marché du travail doit adopter une approche holistique en termes de droit des réfugiés syriens à vivre dans la dignité et à disposer de moyens de subsistance, de nécessité pour les Jordaniens d’avoir accès à des emplois décents, et pour tous de bénéficier de la paix sociale», a ajouté Mme Kawar.
Le rapport souligne que, comme l’économie jordanienne se caractérise par de petites entreprises informelles, les réfugiés syriens vont probablement s’insérer progressivement sur le marché du travail au fur et à mesure qu’ils développent leurs contacts et leurs relations avec les employeurs jordaniens dans les régions qui les accueillent.
S’appuyant sur des sources de données secondaires du gouvernement jordanien et des organisations internationales, le rapport a pour but de fournir quelques indications sur l’impact de la crise des réfugiés syriens en attendant que des données plus concrètes soient disponibles. En collaboration avec le Département des statistiques (DOS) et le ministère du Travail, l’OIT conduit actuellement une étude plus complète du marché du travail, couvrant à la fois les Jordaniens et les réfugiés syriens.
Pression à la baisse sur les salaires
Selon le rapport, l’essor du travail illégal et la pression à la baisse sur les salaires ont été les principales répercussions de l’activité accrue des Syriens sur le marché du travail. Ces effets ont été attribués à une application déficiente de la législation qui laisse aux employeurs toute latitude pour embaucher illégalement et rémunérer en dessous du salaire mensuel national minimum de 190 dinars jordaniens (268 dollars).Selon les données du DOS de 2011, le salaire journalier pour les métiers les moins qualifiés du secteur privé (hors agriculture) avoisinait les 10 dinars jordaniens (14 $) contre 15 dinars jordaniens (21 $) pour l’économie dans son ensemble.
Etant donné qu’en Jordanie plus de la moitié des pauvres travaillent et qu’environ la moitié des revenus des ménages pauvres provient des salaires, toute pression à la baisse sur les salaires menace de faire passer de nombreuses familles jordaniennes sous le seuil de pauvreté officiel (14,4 pour cent).
La voie à suivre
L’OIT conclut que toute approche destinée à gérer l’impact des réfugiés syriens sur le marché du travail doit être exhaustive en s’attaquant aux problèmes fondamentaux du marché du travail en Jordanie, pas seulement en créant des emplois mais aussi en:- améliorant les conditions de travail et de rémunération;
- traitant l’emploi informel;
- renforçant la gestion des migrations;
- accélérant la mise en œuvre de la politique nationale d’emploi de Jordanie;
- renforçant le rôle du ministère du Travail, du secteur privé et des syndicats afin d’améliorer la gouvernance du marché du travail;
- et en améliorant la coordination et la cohérence des politiques nationales afin de maximiser le potentiel de création d’emplois.
- délivrer aux Syriens des permis de travail officiels dans des secteurs déterminés;
- créer des emplois d’urgence dans les communautés d’accueil;
- maximiser le potentiel de création d’emplois dans l’économie de l’aide;
- ainsi qu’à favoriser les retombées positives de la présence syrienne en Jordanie, notamment l’investissement et la hausse de la consommation qui, à leur tour, créent des emplois.
Pour de plus amples informations, veuillez contacter Nisreen Bathish Abou Ragheb, consultante en communication, OIT Jordanie, courriel: [email protected]