Il n’y aura pas de croissance économique en Afrique sans transformation structurelle ni emplois décents, selon l’OIT
La création d’emplois durables et décents pour la jeunesse d’Afrique, grâce à une transformation structurelle, est une mission essentielle que doit assumer la communauté des entreprises, au côté des gouvernements et des organisations syndicales de la région.
NAIVASHA, KENYA (OIT info) – Pour que l’économie se transforme, que la croissance dure et que des emplois décents soient créés, les gouvernements africains, en partenariat avec le secteur privé et les représentants des travailleurs, doivent relever l’un des principaux défis de notre époque – créer des emplois décents pour la jeunesse africaine, a déclaré le Directeur régional pour l’Afrique de l’OIT, Aeneas C. Chuma, lors du premier sommet des employeurs africains à Naivasha, au Kenya.
«Compte tenu de l’excellente croissance économique enregistrée ces dix dernières années, l’Afrique est maintenant largement considérée comme une nouvelle terre d’opportunités et un pôle de croissance potentiel. Mais cette croissance a-t-elle permis d’améliorer vraiment la qualité de vie de l’immense majorité des Africains?», s’interroge Aeneas C. Chuma, en écho au principal thème du sommet, «Promouvoir la croissance des entreprises et l’entreprenariat pour créer des emplois».
Le Directeur pour l’Afrique de l’OIT a exhorté les décideurs présents à s’attaquer aux principales contraintes qui pèsent sur eux, notamment à pallier le manque d’infrastructures, à approfondir l’intégration régionale, à former une main-d’œuvre compétente tout en élargissant les possibilités d’emploi, et à s’emparer des technologies numériques.
Ces dix dernières années, la trajectoire de l’Afrique a ouvert de nouvelles et vastes perspectives de croissance et de développement transformateurs mais «la forte demande de matières premières qui a soutenu la croissance récente n’est pas acquise une fois pour toutes – le ralentissement ou la réorientation de l’économie chinoise que nous observons actuellement et la baisse durable des prix du pétrole ont des effets délétères pour de nombreux exportateurs africains de matières premières. Si l’on n’est pas capable de construire une base solide de développement économique qui offre des débouchés aux jeunes urbains, l’instabilité ainsi générée pourrait anéantir les progrès actuels», a averti M. Chuma.
Le premier sommet des employeurs africains a lieu du 5 au 7 mai 2016 à Naivasha au Kenya, en présence du Président kenyan, Uhuru Kenyatta, du Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, du Sous-directeur général et Directeur pour l’Afrique, Aeneas C. Chuma, ainsi que la Directrice exécutive de la Fédération des employeurs kenyans, Jacqueline Mugo.