Protection sociale
Coopération Sud-Sud : la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau et le Rwanda partagent leurs expériences en matière d’extension de la protection sociale
Découvrez comment la coopération Sud-Sud, initiée par l’OIT, permet à la Côte d’Ivoire, à la Guinée-Bissau et au Rwanda de s’unir pour étendre la protection sociale
18 juillet 2025
Abidjan (Nouvelles de l’OIT) – Trois pays, trois expériences, un même engagement. La Côte d’Ivoire, le Rwanda et la Guinée-Bissau se sont réunis du 23 au 27 juin à Abidjan pour partager leurs avancées, leurs défis et leurs solutions en matière d’extension de la protection sociale, dans le cadre d’un atelier organisé par l’Organisation internationale du Travail (OIT).
La solidarité africaine en action
Soutenu par la France, cet atelier s’inscrit dans une dynamique de coopération Sud-Sud. L’objectif : favoriser le dialogue entre pairs pour accélérer l’inclusion des travailleurs de l’économie informelle dans les systèmes nationaux de protection sociale.
En Afrique, selon les données du Rapport mondial de l’OIT sur la protection sociale 2024-2026, seuls 20 pour cent de la population bénéficient aujourd’hui d’une couverture effective. Face à ce constat, les trois pays ont mis en commun leurs expériences.
Côte d’Ivoire : entre vision et mise en œuvre
La Côte d’Ivoire, hôte de l’événement, a présenté ses dispositifs : la Couverture Maladie Universelle (CMU), le Régime Social des Travailleurs Indépendants (RSTI), ainsi que les régimes complémentaires des agents de l’État.
Les participants ont visité les principales institutions de mise en œuvre : Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS), Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), Caisse Générale de Retraite des Agents de l’État (CGRAE). Ils ont également échangé avec les partenaires sociaux, témoins et acteurs du déploiement progressif d’une protection sociale plus inclusive.
Rwanda et Guinée-Bissau : des solutions adaptées
Le Rwanda a exposé son système d’assurance santé communautaire, fondé sur l’implication locale et la participation active des citoyens. La Guinée-Bissau, quant à elle, a partagé les efforts en cours pour structurer un système de protection sociale dans un environnement fortement informel.
Ces échanges ont souligné la valeur de l’adaptation contextuelle des politiques publiques, dans une logique de respect des réalités locales et des ressources disponibles.
Une vision partagée pour construire ensemble des systèmes durables
L’atelier a permis aux délégations de coconstruire des feuilles de route concrètes autour de deux axes majeurs :
- Le financement durable de la protection sociale ;
- La transition vers l’économie formelle.
L’approche par les pairs, fondée sur la confiance mutuelle, a été saluée comme un catalyseur de solutions efficaces et de politiques transformatrices.
« L’Afrique a les moyens de ses ambitions. La coopération Sud-Sud permet de transformer les expériences locales en leviers régionaux de progrès »,
a souligné Dramane Batchabi, Spécialiste en protection sociale, au bureau de l’OIT à Dakar.
En repartant, les délégations ont emporté bien plus que des notes. Elles ont consolidé une communauté de pratique, fondée sur le dialogue, l’action et l’innovation sociale.
Pour Anita Amorim, responsable des partenariats émergents à l’OIT- Genève, cet atelier est une preuve vivante que
« les pays du Sud sont porteurs de solutions inspirantes pour d’autres pays confrontés à des enjeux similaires, construites à partir de leurs propres réalités. »
Pour en savoir plus sur les actions en matière de protection sociale, consultez nos pages pays en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau et au Rwanda.