Syndicalisme et travail décent

Convention collective dans le secteur du BTP au Burkina Faso : un avant-projet de texte élaboré par les Centrales Syndicales de l’Unité d’Action Syndicale

Ouagadougou (Nouvelles de l’OIT) – Doter le secteur du Bâtiment et des Travaux Publiques (BTP) au Burkina Faso d’une Convention collective est un objectif des six centrales syndicales de l’Unité d’Action Syndicale (UAS). Aujourd’hui, une étape est franchie vers l’atteinte de cet objectif.

24 août 2021

Les Centrales syndicales ont élaboré un projet de Convention soumis au Ministère en charge des questions du Travail. Elles sont à la phase de préparation des bases syndicales en vue d’une négociation. Cette phase permet non seulement aux bases syndicales de prendre connaissance du contenu de cet avant-projet, d’examiner le long chemin qu’elles doivent parcourir avant que la Convention collective ne soit adoptée mais aussi et surtout, elle leur donne l’occasion d’élaborer des stratégies nécessaires à mettre en œuvre pour amener les acteurs concernés autour de la table de négociation.

C’est dans ce cadre qu’une session de renforcement des capacités de 30 délégués syndicaux en matière de négociation collective, de lobbying et de plaidoyer appliqués à la réalité du secteur du Bâtiment et des Travaux Publiques (BTP) au Burkina Faso, a été organisée du 10 au 13 août 2021 à Ouagadougou par l’UAS avec l’étroit appui de l’Organisation internationale du Travail (OIT) à travers le Bureau des Activités pour les Travaille (ACTRAV).

Kattia Paredes Moreno, spécialiste principale des activités des travailleurs (ACTRAV), lors de son allocution à l’ouverture de l’atelier

Une Convention collective pour mieux prévenir les conflits


Pour ACTRAV qui appuie l’Unité d’Action Syndicale (UAS), faitière des six centrales syndicales du Burkina Faso, cette initiative est à saluer compte tenu du déficit de travail décent qui prévaut dans ce secteur.

« L’appui fourni par l’OIT aux travailleurs du Burkina Faso est en droite ligne avec son mandat normatif. La conférence internationale du travail a adopté, en juin 1998, une Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail et son suivi. Cet instrument, du seul fait de leur adhésion à l’Organisation internationale du travail, oblige les Etats membres à respecter, promouvoir et réaliser la liberté d’association, la reconnaissance effective du droit de négociation collective, l’élimination de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire, l’abolition effective du travail des enfants, et l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession » a rappelé Kattia Paredes Moreno, spécialiste principale des activités des travailleurs au bureau de pays de l’OIT basé en Côte d’Ivoire.

Le Burkina Faso ayant ratifié l’ensemble des Conventions Fondamentales « a de ce fait, l’obligation de promouvoir la négociation collective et donc l’adoption des Conventions collectives allant dans le sens de l’amélioration des conditions de travail et de la prévention des conflits » a souligné Mme Paredes.

Le BTP comme reflet du dynamisme économique

Abdoul Karim Ouédraogo, coordinateur de l’Internationale du Bâtiment et du Bois (IBB) en Afrique francophone, a au cours de la session de formation, décrit le contexte de déficit du travail décent, notamment celui en rapport avec la sécurité et la santé dans le secteur du BTP au Burkina Faso.
Vue des participants « Le secteur de la construction offre des emplois pour des travailleurs peu qualifiés ou ayant un niveau moyen. Elle est d’une importance particulière pour de nombreux travailleurs vulnérables tels que les paysans, pauvres et sans terres. Un grand nombre de migrants des zones rurales vers les zones urbaines cherchent des emplois dans la construction » a révélé M. Ouédraogo.

« Au Burkina Faso, on constate que beaucoup d’entreprises privés investissent dans le BTP y compris les multinationales. Ce secteur représente donc une source d’emplois pour beaucoup de travailleurs » a souligné Kattia Paredes Moreno.
Et pourtant, constate Abdoul Karim Ouédraogo, « 77% des travailleurs exercent leur activité sans un contrat de travail ou avec des contrats de travail qui sont généralement liés aux chantiers et qui ont de ce fait une durée de vie relativement limitée. 74% des contrats ont une durée inférieure à un mois ».

L’avant-projet de texte de la Convention collective du secteur du BTP en gestation au Burkina Faso comprend 91 articles prenant en compte tous ces aspects du travail entre autres ‘’le contrat de travail, les conditions de rupture du contrat de travail, la rémunération, les droits syndicaux, la santé et la sécurité au travail, la retraite, les avantages acquis etc ’’.

« Cet avant-projet de texte d’une Convention Collective dans le secteur du BTP est porteur des aspirations à un travail décent pour nombre des travailleurs Burkinabés » s’est félicitée Mme Paredes.
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