À Bamako, l’OIT et le Japon ouvrent la route de l’espoir
485 mètres de route de ZRNY (Zone de Recasement, de NiamaKôrô et de Yirmadjô), autrefois impraticable en toute saison, s’apprêtent à disparaître des mémoires. Dans quelques mois, elle cédera la place à une voie praticable, symbole d’un renouveau.
9 juin 2025
Bamako (Nouvelles de l’OIT) – À Bamako, une dynamique nouvelle est en marche, portée par l’Organisation internationale du Travail (OIT) et le gouvernement du Japon. Ce 24 avril 2025, dans une atmosphère d’engagement et d’espoir partagé, l’OIT et l’ambassade du Japon au Mali, aux côtés de la Ministre de l’Entrepreneuriat, de l’emploi et de la formation professionnelle, ont officiellement lancé le projet « Améliorer la résilience et la cohésion sociale : routes, conservation des sols et moyens de subsistance inclusifs ».
Le projet n’est pas comme les autres, il est pensé avec et pour les populations locales. Il permettra à 125 jeunes, dont plusieurs déplacés internes, d’être non seulement formés, employés et impliqués dans la construction de routes, mais surtout dans la reconstruction du tissu social.
Une route, des destins qui changent
A ZRNY, on n’y construit pas seulement que de routes. Mais à chaque pelletée de terre, c’est un jeune qui va se relever, une femme qui reprendra confiance, une communauté qui va respirer.
Santara Nana Maiga est la présidente des femmes de ZRNY. Elle ne voit pas en ce projet, de simples travaux de voirie, mais plutôt une renaissance en marche, le changement de plusieurs destins : « Ici, les jeunes ne poseront pas que des pavés. Ils reconstruiront des vies. Car avant ce projet, ils étaient tous presqu’invisibles. Maintenant, ils seront utiles à notre communauté. »
Une initiative au service de la cohésion sociale
Mis en œuvre par l’OIT et financé par le gouvernement du Japon, ce projet s’inscrit dans une stratégie globale visant à assister le gouvernement malien à prévenir les tensions intercommunautaires, valoriser les ressources locales et impliquer les femmes à tous les niveaux du projet. Il répond à une double urgence : restaurer des infrastructures essentielles et offrir des opportunités économiques aux jeunes vulnérables.
« Ce projet donne un visage humain à l’infrastructure. Chaque mètre construit est un acte de résilience, un symbole de solidarité, et une réponse concrète aux aspirations de la jeunesse malienne. », relève Oumou Sall Seck, Ministre de l’Entrepreneuriat, de l’Emploi et de la Formation professionnelle au lancement du projet.
Au-delà du bitume, ce chantier est une école à ciel ouvert. Les jeunes qui seront engagés vont recevoir une formation technique, participer à la planification, et expérimenter un travail collaboratif structurant.
« Je serai content d’intégrer ce projet pour non seulement apprendre, mais surtout comprendre que je pourrai bâtir autre chose que des routes. Je pourrai bâtir ma vie. », se réjouit Amadou, 28 ans.
Projet HIMO : un soutien international, un impact local et une vision partagée pour un avenir inclusif
L’ambassadeur du Japon au Mali, dont le pays finance le projet, réaffirme son engagement pour un développement centré sur l’humain.
« À travers ce projet HIMO, nous misons sur des solutions durables, ancrées localement, qui créent de l’emploi, renforcent la dignité et apaisent les tensions. Le Japon est fier de soutenir une telle vision », souligne Yukuo Murata.
Ce projet incarne l’approche HIMO comme levier de résilience, de stabilité et d’autonomisation. Il illustre la volonté commune des partenaires de renforcer le tissu social tout en favorisant l’accès à l’emploi décent.
« L’approche HIMO n’est pas seulement un outil de construction. C’est une philosophie du développement inclusif. Elle réunit des institutions, des communautés et des individus autour d’un objectif commun : faire du travail un levier de paix, de compétences et de transformation sociale. » déclare pour sa part, Ndeye Coumba Diop, Directrice du Bureau pays de l’OIT à Abidjan.