Emploi rural
Alliance pour l’agro-entrepreneuriat des jeunes ruraux en Côte d’Ivoire
Après une première phase ayant inséré 1 583 jeunes ruraux dans l’emploi, une table ronde à Abidjan a réuni le FIDA, l’OIT, le gouvernement ivoirien et des bailleurs de fonds pour renforcer l’impact du projet ProAgro YOUTH.
4 octobre 2025
ABIDJAN (OIT Infos) – En seulement trois ans, le projet ProAgro YOUTH de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a généré près de 1 600 emplois décents, formé plus de 2 500 jeunes et accompagné 600 initiatives entrepreneuriales rurales. Ce programme innovant transforme non seulement des vies individuelles, mais s’impose désormais comme un levier de transformation économique, sociale et inclusive en Côte d’Ivoire.
Alors que la première phase du projet touche à sa fin, une table ronde stratégique à Abidjan a rassemblé le Fonds international de développement agricole (FIDA), le gouvernement ivoirien, l’OIT et plusieurs partenaires techniques et financiers pour envisager une montée en échelle ambitieuse de l’initiative. Objectif : faire du programme un modèle national de développement rural axé sur l’emploi décent.
Donner une voix à la transformation
« Ce sont des parcours de vie qui changent. Ce sont des jeunes, autrefois désengagés, qui reprennent confiance et deviennent des acteurs du développement économique local », a souligné Hermann Fumilayo Messan, Directeur pays du FIDA, illustrant l’impact profond et durable du programme sur les bénéficiaires.
Face à une Afrique subsaharienne où quelque 25 millions de jeunes arrivent chaque année sur un marché du travail ne proposant que 3 millions d’opportunités formelles, le FIDA met en œuvre une réponse ciblée articulée autour de trois piliers :
- Un plan jeunesse continental,
- L’orientation de 64 % de ses ressources vers des projets pour les jeunes,
- Des actions intégrées allant de la formation à l’accès à la terre et au financement.
En Côte d’Ivoire, cette stratégie se traduit par des modèles d’insertion dans des filières agricoles à fort potentiel comme le maraîchage, le riz et l’aquaculture, avec un accès renforcé au financement et des parcours de formation connectés aux besoins réels du marché.
« Le succès du programme repose sur des partenariats solides, en particulier avec le secteur privé, qui garantissent des formations adaptées au marché et un accès réel aux opportunités économiques », a précisé Hermann Messan. Il a aussi souligné le rôle catalyseur de la digitalisation, avec des outils numériques conçus pour autonomiser les jeunes et renforcer leur compétitivité.
De son côté, Lars Nieder, Chef de la coopération au développement à l’Ambassade d’Allemagne, a salué « des résultats impressionnants » et a encouragé à « capitaliser sur les acquis pour assurer la pérennité du programme ».
Ce programme a transformé la vie de nombreux jeunes ruraux en leur offrant de réelles opportunités d’insertion, que ce soit dans l’emploi salarié que dans l’auto-emploi.
Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique
Vers une phase II à impact démultiplié
Pour Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la Jeunesse, « ProAgro YOUTH a déjà transformé la vie de milliers de jeunes ruraux ». Il a dévoilé les ambitions de la phase II : atteindre 5 000 jeunes, intégrer les filières vertes et numériques, renforcer la prise en compte des jeunes femmes, des zones fragiles et des groupes vulnérables.
Le ministre N’guessan Koffi, en charge de la Formation professionnelle, a quant à lui insisté sur les retombées sociétales du projet : « En formant et en accompagnant les jeunes ruraux, nous investissons dans la stabilité sociale, la paix durable et la prospérité économique. »
ProAgro YOUTH : d’un programme pilote à un projet de société
Ndeye Coumba Diop, Directrice du Bureau pays de l’OIT-Abidjan, a appelé à faire de la phase II un véritable projet de société, porté collectivement par les institutions nationales et les partenaires au développement : « ProAgro YOUTH a démontré qu’il est possible de créer de l’emploi décent en milieu rural. La prochaine étape est de changer d’échelle pour toucher davantage de jeunes et bâtir un avenir inclusif et durable. »
Mis en œuvre par l’OIT, en partenariat avec les autorités ivoiriennes, et avec l’appui du FIDA, du ministère allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et de la Fondation VISA, le programme est désormais un catalyseur d’ambition pour une génération de jeunes entrepreneurs ruraux en quête d’opportunités et de dignité.