Une mobilisation multipartite et inclusive pour une migration circulaire profitable à tous
La mobilité internationale représente une opportunité pour les travailleurs et travailleuses marocains, à condition que les parcours migratoires soient réguliers, fluides, éthiques et se fassent dans le respect des droits.
16 janvier 2025
Les accords bilatéraux de main-d’œuvre signés en 2001 entre le Maroc et l’Espagne prévoient que des travailleuses saisonnières marocaines participent à la récolte des fruits rouges en Espagne. Chaque année, environ 15 000 travailleuses marocaines font le voyage vers Huelva et y travaillent pendant plusieurs mois avant de revenir dans leur pays d’origine. Mais il ne s'agit pas uniquement de répondre aux pénuries de compétences dans l’agriculture européenne. Il est également essentiel que les travailleuses saisonnières puissent jouir de toutes les protections associées à leur travail en Europe mais aussi qu’elles aient des perspectives d’évolution professionnelle dans leurs communautés d'origine au Maroc.
Le projet WAFIRA est né d'une volonté de plusieurs partenaires internationaux de répondre ensemble à un défi commun : promouvoir une mobilité régulière qui, d'une part facilite l'accès à un vivier de main d'œuvre pour les entreprises européennes, et d'autre part offre des opportunités économiques aux travailleurs migrants tout en respectant leurs droits fondamentaux.
Cet engagement fort des partenaires clés est un élément important en faveur de la réussite du projet, à plusieurs titres.
• Pour développer des relations constructives et des expertise diverses
Le projet pilote WAFIRA s’inscrit dans le cadre des accords gouvernementaux entre le pays d'origine, le Maroc, et de destination, l'Espagne, sur l'idée de renforcer les avantages d'une migration régulière, sûre et ordonnée.
Au-delà des gouvernements eux-mêmes, le projet réunit un ensemble de parties prenantes dans sa mise en œuvre opérationnelle :
- Le secteur privé espagnol, notamment les employeurs des travailleuses migrantes, et les partenaires sociaux marocains, représentants des employeurs et des syndicats de travailleurs, qui apportent une connaissance fine du marché du travail et de ses défis ;
- L’ANAPEC qui est en charge au Maroc de l’accompagnement des ouvrières agricoles saisonnières à la mobilité internationale ;
- L’OIT pour qui il est essentiel de travailler avec ses mandants, dans le long terme, pour que le cadre politique et réglementaire ainsi que le travail des institutions nationales soutiennent l'effort d’intégration des migrants à leur retour, par exemple en matière de développement local, d’autonomisation économique des femmes ou encore d’accès à la protection sociale.
Pour Jeanne Schmitt, Conseillère Technique Principale et cheffe de projet WAFIRA au bureau de l’OIT au Maroc, « Nouer des partenariats solides avec les acteurs institutionnels et la société civile a été essentiel pour s'aligner sur les priorités nationales et internationales et mobiliser des expertises complémentaires ».
• Pour une mise en œuvre efficace et au plus proche des bénéficiaires
Naima Aomari, Coordinatrice Nationale du projet WAFIRA au bureau de l’OIT au Maroc, relève que la consultation d’un grand nombre d’acteurs de nature différente, notamment du secteur privé, a été fondamentale dès la phase de conception du projet « L’implication des employeurs espagnols au projet est un avantage significatif pour gagner la confiance des femmes et les encourager à participer au projet. »
Les partenariats et les collaborations ont été choisis en fonction des thématiques, ajoute Naima Aomari, afin de rassembler les expertises techniques et assurer un impact sur le terrain. « Avec la Fondation Marocaine pour l'Education Financière (FMEF), nous avons étroitement collaboré sur l'alphabétisation financière des bénéficiaires. Avec l'Office National du Conseil Agricole (ONCA), nous avons élaboré un programme ad hoc de formation et des outils numériques sur les bonnes pratiques dans le domaine de l'élevage, car c’est un secteur d'activité important pour les femmes. Nous avons également fait appel à des institutions marocaines, lors des formations, comme Al Barid Bank, la Fondation Création d'Entreprises ou encore la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) afin de renseigner les femmes sur leurs droits et opportunités mais aussi de sensibiliser les responsables des institutions sur les besoins spécifiques de ces femmes pour qu’ils les informent de façon adaptée sur les avantages de la bancarisation et de la sécurité sociale.»
• Pour une qualité et une régularité du suivi
Le partenariat opérationnel avec l’ANAPEC a été particulièrement décisif pour la réussite de l’implémentation du projet.
Imane Belmaati, Directrice Générale de l'ANAPEC, souligne que « L'ANAPEC est en charge au Maroc de l’accompagnement des ouvrières agricoles saisonnières avec pour objectif de permettre à des femmes résidant en milieu rural d’accéder à des opportunités d’emploi afin de renforcer leur autonomisation et réduire leur vulnérabilité.»
En effet, un parcours de formation et d'accompagnement de deux ans, spécifiquement adapté aux besoins des femmes migrantes circulaires, a été élaboré, testé et finalisé avec l'ANAPEC. Il inclut un suivi au cours de toutes les phases entrepreneuriales pendant le cycle migratoire c'est à dire avant le départ, pendant le séjour en Espagne et au retour au Maroc.
Les conseillers spécialisés en accompagnement entrepreneurial des deux régions pilotes Rabat-Salé-Kénitra (RSK) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (TTA) ont également joué un rôle essentiel dans la conception et la mise en œuvre des activités auprès des bénéficiaires aussi bien au niveau central, régional et local, notamment pour les actions de sensibilisation, formations, accompagnement, finalisation des Business Modèles Canvas et création de 209 AGR sous statut auto-entrepreneur ou encore dans les décisions d’octroi des subventions du fonds d’amorçage du projet.
A propos du projet WAFIRA
Issu d’une coopération transversale et multi-acteurs entre les autorités marocaines et espagnoles, le secteur privé espagnol et l’OIT, et co-financé par l’Union européenne, le projet WAFIRA est un projet pilote lancé en octobre 2021 et allant jusqu’en février 2025. Il a accompagné et formé 250 travailleuses rurales marocaines pour la concrétisation de leurs projets d’entreprises tout en renforçant les institutions marocaines pour une prestation adaptée de services et de soutien à l’activité entrepreneuriale des femmes migrantes saisonnières.
Contenu pertinent
WAFIRA – Women As Financially Independent Rural Actors
Projets pertinents
WAFIRA – Women As Financially Independent Rural Actors