Nouveau programme OIT-Belgique

Promouvoir la protection sociale au Burkina Faso et au Sénégal

Le gouvernement de la Belgique et l’Organisation internationale du Travail vont appuyer le renforcement et l’extension des systèmes nationaux de protection sociale au Burkina Faso et au Sénégal pour mieux couvrir les travailleurs de l’économie informelle et leurs familles, faciliter leur accès aux soins de santé et leur permettre de faire face aux défis de demain.

16 décembre 2020

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Genève (OIT Infos) – Un nouveau programme OIT-Belgique sera consacré à l’extension de la protection sociale aux travailleurs de l’économie informelle au Burkina Faso et au Sénégal. Un accent particulier sera mis sur la couverture sanitaire, identifiée dans les deux pays comme prioritaire. Une collaboration avec des organisations régionales, telles que la Conférence interafricaine de la Prévoyance sociale (CIPRES) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) permettra au projet d’appuyer les politiques de protection sociale dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest.

Avec un financement de 2 millions d’euros sur une durée de 18 mois, le projet appuiera les agences de sécurité sociale des deux pays dans leurs efforts en cours. Des initiatives pilotes qui proposent une couverture sanitaire aux personnes travaillant dans l’économie informelle seront au cœur du projet. Un accent particulier sera mis sur le développement de systèmes de gestion d’information ainsi que sur la communication notamment au moyen de campagnes de sensibilisation ciblées. Une composante régionale et globale permettra à la fois un apprentissage mutuel entre les deux pays et un partage des connaissances avec d’autres pays en Afrique de l’Ouest. Les activités seront mises en œuvre en étroite collaboration avec d’autres programmes dans les deux pays, notamment des interventions financées par l’Union Européenne et la France.

Le renforcement de la protection sociale pour les travailleurs de l’économie informelle est au cœur de la politique de coopération au développement de la Belgique. En exposant ses priorités à la Chambre des représentants de Belgique, la Ministre de la Coopération au Développement, Meryame Kitir soulignait que « plus de 60 % des travailleurs et travailleuses du monde entier travaillent dans le secteur informel. Sans protection sociale, ces personnes sont extrêmement vulnérables aux chocs tels que le COVID-19. Voilà pourquoi la Belgique continue à soutenir l’Organisation internationale du Travail (OIT), dans le souci de faciliter la transition vers l’économie formelle pour un maximum de personnes. À cet égard, le dialogue social est essentiel. »

L’informalité et la précarité sont particulièrement prononcées dans les pays en développement. Des enquêtes nationales et régionales sur l’emploi conduites en 2015, ont identifié plus de 90% des travailleurs au Burkina Faso et au Sénégal comme étant en situation de vulnérabilité. Au Sénégal, seulement 20% de la population est couverte par au moins un régime de protection sociale. Tandis qu’au Burkina Faso ce taux ne s’élève qu’à 7,5%. Au Sénégal le régime de sécurité sociale reste encore arrimé au salariat. Un dialogue social large a débouché sur la conception d’un régime simplifié de sécurité sociale destiné à l’économie informelle, le Régime simplifié pour les petits Contribuables (RSPC), sous la tutelle du Ministère chargé du Travail. Un pilotage de la branche santé du RSPC pourra ainsi débuter prochainement. Au Burkina Faso, le régime d’assurance maladie universelle adopté en 2015, est en phase d’opérationnalisation, suite à la mise en place de la Caisse nationale d’Assurance maladie universelle (CNAMU) en 2018 et du Conseil national d’Orientation du Régime d’Assurance maladie universelle (CNO-RAMU) en 2020, placé sous la présidence du Premier ministre. La CNAMU déploie actuellement un mécanisme non contributif de prise en charge des individus indigents et a élaboré un plan d’opérationnalisation de l’assurance maladie pour les ménages des secteurs formel et informel.

Le partenariat OIT-Belgique appuiera les gouvernements et les partenaires sociaux dans la mise en œuvre de ces politiques. « Nous sommes ravis de coopérer avec la Belgique, un partenaire de longue date du BIT en matière de protection sociale et de dialogue social, dans la mise en œuvre concrète du programme phare du BIT sur les socles de protection sociale. Ce projet va améliorer la protection sociale des travailleurs de l’économie informelle et de leurs familles au Burkina Faso et au Sénégal. Il servira aussi d’exemple pour inspirer d’autres pays de la région d’Afrique de l’Ouest et permettra de réduire la population sans couverture sociale (estimée à plus de 80% de la population africaine), tout en bâtissant des institutions durables. » souligne Shahra Razavi, Directrice du Département de la protection sociale de l’OIT.
Face à la crise de la COVID-19, la situation sécuritaire et l’impact du changement climatique dans le Sahel, il est maintenant plus que jamais important de développer des systèmes de protection sociale et de soins de santé de qualité, accessibles à l’ensemble de la population, et sensibles aux chocs. L’extension de la protection sociale aux travailleurs de l’économie informelle est un élément clé pour assurer le financement des systèmes, œuvrer pour leur durabilité et accroître leur résilience.

Le projet a débuté le 1er décembre 2020 pour une durée de 18 mois.