L’OIT renforce les capacités des jeunes à plaider en faveur des Principes et Droits Fondamentaux au Travail.
Afin de renforcer le rôle des jeunes dans la promotion des Principes et Droits Fondamentaux au Travail (PDFT), l’OIT, à travers le projet ACCEL Africa, a organisé une formation de trois jours à Lagos, du 24 au 26 mars 2025. De jeunes travailleurs issus du Nigeria Labour Congress, du Trade Union Congress, de Nigeria SDG Youths ainsi que de la société civile se sont réunis pour renforcer leurs compétences en plaidoyer en vue de lutter contre le travail des enfants et promouvoir le travail décent. Les participants, venus des États d’intervention du projet ACCEL Africa et d’autres régions, ont élaboré des plans d’action concrets pour mobiliser leurs pairs, défendre les droits des travailleurs et impulser le changement au sein de leurs communautés.
26 mars 2025
Lagos, Nigeria (ILO News) — Le Nigeria compte une population majoritairement jeune, avec environ 70 % de ses citoyens âgés de moins de 30 ans. Grâce à leur énergie, leur nombre et leur capacité à mobiliser les communautés, les jeunes disposent d’un potentiel important pour impulser le changement en luttant contre les pratiques de travail injustes, en défendant les droits des travailleurs et en plaidant pour des politiques protégeant les enfants contre l’exploitation.
Dans ce contexte, l’OIT, à travers le projet ACCEL Africa, a organisé un programme destiné aux travailleurs pour renforcer les capacités des jeunes à plaider en faveur des Principes et Droits Fondamentaux au Travail (PDFT), notamment l’élimination du travail des enfants et du travail forcé. Ce programme a réuni de jeunes travailleurs issus du Nigeria Labour Congress (NLC), du Trade Union Congress (TUC) et de leurs organisations affiliées, ainsi que des représentants de Nigeria SDG Youths et de la société civile. L’objectif était d’outiller les participants pour lutter contre le travail des enfants et promouvoir les PDFT et des conditions de travail décentes.
La formation de trois jours, tenue à Lagos du 24 au 26 mars 2025, a rassemblé des participants provenant des États d’intervention du projet ACCEL Africa — Niger, Osun et Ondo — où des actions sont en cours pour mettre fin au travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement mondiales de l’or artisanal et du cacao. D’autres participants sont venus d’Adamawa, de Kano et du Territoire de la capitale fédérale.
Le travail des enfants demeure un défi majeur au Nigeria. Selon le rapport de l’Enquête nationale sur le travail des enfants (2022) publié par le Bureau national des statistiques, près de 25 millions d’enfants — soit 39,2 % des enfants âgés de 5 à 17 ans — sont engagés dans le travail des enfants. La situation est encore plus grave en milieu rural, où 44,8 % des enfants sont concernés, contre 30 % en milieu urbain.
Une question centrale a dominé les discussions pendant la formation : comment les jeunes peuvent-ils activement lutter contre le travail des enfants et améliorer le respect des principes et droits fondamentaux au travail ?
Chukwumah Nzeh, du Département international du Nigeria Labour Congress, a souligné le rôle fondamental des syndicats dans la lutte contre le travail des enfants et la promotion du travail décent. Il a appelé les jeunes à s’impliquer activement dans les processus décisionnels syndicaux pour impulser un véritable changement.
Pour Nzeh, la réponse réside dans la mobilisation de la jeunesse et l’utilisation des médias sociaux. Mettant en avant le rôle du plaidoyer numérique, il a déclaré : « Nous avons un grand nombre de jeunes qui sont actifs, notamment sur les réseaux sociaux, et nous pouvons tirer parti de cela pour faire avancer le débat sur l’élimination du travail des enfants et le respect des droits des travailleurs dans l’espace numérique. »
De nombreux jeunes au Nigeria entrent sur le marché du travail par des emplois précaires et mal rémunérés, souvent exposés à l’exploitation et à la violence basée sur le genre. Pour le projet ACCEL Africa, s’attaquer aux causes profondes dès le départ implique de donner aux jeunes les moyens de devenir des acteurs du changement à partir du niveau communautaire — leur participation est donc essentielle.
Selon la Dre Vanessa Phala, Directrice du Bureau de pays de l’OIT pour Abuja, le Ghana, le Libéria, la Sierra Leone et le Bureau de liaison pour la CEDEAO — représentée lors de l’événement par Inviolata Chinyangarara, Spécialiste principale ACTRAV, Bureau de pays d’Abuja — les jeunes du monde entier font de plus en plus entendre leur voix contre le travail des enfants et le travail forcé.
« Les jeunes du monde entier s’élèvent contre le travail des enfants et le travail forcé, et mènent des actions pour sensibiliser aux Principes et Droits Fondamentaux au Travail (PDFT). Ils diffusent des connaissances auprès de leurs pairs, agissent comme porte-voix des enfants dont les droits ne sont pas respectés, et interpellent les décideurs afin qu’ils agissent de toute urgence pour protéger les enfants en danger », a déclaré Inviolata Chinyangarara, Spécialiste principale ACTRAV, Bureau de pays d’Abuja.
Les participants ont également mis en lumière le lien entre travail décent et égalité de genre. Nafisat Shuaibu, participante originaire de l’État du Niger, a souligné que les préjugés liés au genre constituent un obstacle majeur à la promotion du travail décent.
« L’inégalité de genre est une réalité sur le lieu de travail. Lorsque je visite certaines organisations, je vois comment les femmes sont traitées ou dévalorisées, et cela me dérange profondément. Je ferai de mon mieux pour défendre les droits des femmes », a-t-elle déclaré.
Le camarade Tolu Akinmayowa, syndicaliste au sein du Trade Union Congress, a insisté sur l’importance d’une collaboration entre les parties prenantes et le gouvernement pour renforcer la participation des jeunes dans les processus décisionnels liés au monde du travail.
« Nous avons besoin de soutien technique et financier pour que cela se concrétise. Il ne faut pas non plus sous-estimer l’importance de la formation et du renforcement des capacités des jeunes », a-t-il affirmé.
Celine Oni, Coordinatrice nationale du projet ACCEL Africa, a rappelé que si le renforcement des capacités est essentiel, c’est l’action au sein des communautés qui produit un véritable impact.
« L’une de mes attentes est que les jeunes puissent partager leurs plans et messages de plaidoyer dans leurs communautés, y compris à travers des messages percutants sur les réseaux sociaux », a-t-elle déclaré, en soulignant que les jeunes du secteur informel doivent également être inclus pour des résultats plus larges.
À la clôture de la formation, un message s’est clairement dégagé : les jeunes ne sont pas seulement l’avenir — ils sont le présent. Pour les participants, cette formation ne représente qu’un point de départ. Ils se sont engagés à lutter contre le travail des enfants et à promouvoir les principes et droits fondamentaux au travail, en définissant des actions concrètes à entreprendre, telles que l’organisation de réunions avec les parties prenantes, des campagnes de sensibilisation communautaires, du plaidoyer médiatique, des actions auprès des décideurs politiques, et des initiatives de retour d’information communautaire.
Projets pertinents
ACCEL Africa
Accélérer l’action pour l’élimination du travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement en Afrique