Les membtres de la famille Diarra brandissent fièrement leurs cartes d’assuré maladie. Ils sont désormais protégés contre les dépenses de santé qui fragilisent leur ménage et menacent leur équilibre financier.

Protection sociale

Le Burkina Faso pose les fondations d’une couverture maladie universelle plus inclusive

Les acquis du projet « Bâtir des socles de protection sociale pour tous » renforcent durablement le Régime d’assurance maladie universelle et préparent son extension aux travailleurs de l’économie informelle et à leurs familles au Burkina Faso.

12 octobre 2026

Les membtres de la famille Diarra brandissent fièrement leurs cartes d’assuré maladie. Ils sont désormais protégés contre les dépenses de santé qui fragilisent leur ménage et menacent leur équilibre financier. © François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan

OUAGADOUGOU, Burkina Faso (OIT Infos) – Le Burkina Faso dispose désormais de bases solides pour faire progresser la couverture maladie universelle. Adoption des principaux textes réglementaires du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU), définition de ses paramètres techniques et financiers, élaboration de son système d’information, contractualisation de plus de 3 100 formations sanitaires et enrôlement de plus de 408 000 personnes dont plus de 5000 de l’économie informelle : autant d’avancées qui rapprochent le pays de son ambition de garantir un accès plus équitable aux soins de santé.

Ibraïm Diarra, victime d’un accident de la route, témoigne de l’importance du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU), qui lui a permis de bénéficier d’une prise en charge médicale au moment où il en avait le plus besoin.
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
Ibraïm Diarra, victime d’un accident de la route, témoigne de l’importance du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU), qui lui a permis de bénéficier d’une prise en charge médicale au moment où il en avait le plus besoin.

Ces résultats ont été obtenus dans le cadre du projet « Bâtir des socles de protection sociale pour tous », mis en œuvre par l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans le cadre de son Programme phare mondial sur les socles de protection sociale, avec l’appui financier des Gouvernements de la Belgique et du Luxembourg. L’OIT a accompagné les autorités burkinabè dans le renforcement des capacités institutionnelles, techniques et opérationnelles nécessaires à la mise en œuvre du RAMU.

Des acquis structurants pour étendre la couverture

Parmi les réalisations les plus importantes figurent l’adoption de onze décrets et trois arrêtés prioritaires, la réalisation de l’étude actuarielle du régime, , l’élaboration du référentiel national des actes et produits de soins de santé et du guide du contrôle médical, la formalisation des processus métiers du RAMU ainsi que la mise au point du cahier des charges de son système d’information.

Grâce au RAMU, toute ma famille est prise en charge. J’ai fait plus de trois radios et trois plâtres. Avec mon assurance, je n’ai pas senti les dépenses. Si cette assurance maladie n’existait pas, il aurait fallu l’inventer.

Braïma Diarra, enseignant et également bénéficiaire du RAMU

Le projet a également soutenu le dialogue entre les parties prenantes ayant conduit à la définition des mécanismes de financement du régime et à l’identification de mécanismes d’adhésion automatique pour les travailleurs du secteur non-structuré. Ces avancées renforcent la capacité du Burkina Faso à déployer un système cohérent de protection sociale en santé et préparent notamment l’intégration de tous les régimes de santé avec le transfert progressif à la Caisse nationale d’assurance maladie universelle (CNAMU) de la gestion de la gratuité des soins accordée aux femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans.

Nestor Lengané, responsable juridique de la CNAMU, souligne l’importance de l’appui technique de l’OIT dans l’opérationnalisation du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) au Burkina Faso.
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
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Nestor Lengané, responsable juridique de la CNAMU, souligne l’importance de l’appui technique de l’OIT dans l’opérationnalisation du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) au Burkina Faso.

Pour Nestor Lengané, Directeur des affaires juridiques de la CNAMU, les acquis du projet constituent une étape décisive dans l’opérationnalisation du régime.

« Grâce à cet accompagnement, la CNAMU dispose aujourd’hui d’outils techniques, juridiques et organisationnels essentiels pour assurer ses missions. Les bases sont désormais réunies pour renforcer l’efficacité du système et accompagner son extension progressive à l’ensemble de la population. »

Une attention particulière a également été accordée aux travailleurs de l’économie informelle, qui représentent la majorité de la population active du pays. Pour préparer leur intégration progressive au RAMU, le projet a appuyé l’élaboration d’une stratégie nationale d’extension, d’une stratégie de marketing social de la CNAMU ainsi que de mécanismes favorisant la participation des mutuelles sociales.

Les organisations représentatives de l’économie informelle ont bénéficié de formations, d’actions de sensibilisation et d’espaces de concertation destinés à mieux faire connaître les principes de l’assurance maladie et les opportunités offertes par le RAMU. Le projet a également soutenu la réflexion sur des mesures d’adhésion automatique susceptibles de faciliter l’accès des travailleurs du secteur informel au régime.

Alexis Zongo, Secrétaire général du Conseil national de l’économie informelle, souligne le rôle essentiel du RAMU dans l’accès des travailleurs de l'économie informelle aux soins de santé au Burkina Faso.
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
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Alexis Zongo, Secrétaire général du Conseil national de l’économie informelle, souligne le rôle essentiel du RAMU dans l’accès des travailleurs du secteur informel aux soins de santé au Burkina Faso.

Pour Zongo Alexis, Secrétaire général du Conseil national de l’économie informelle du Burkina Faso, cette démarche a permis de mieux ancrer la réforme dans les réalités des travailleurs.

« Le projet a donné une véritable place aux acteurs de l’économie informelle dans les discussions sur l’avenir de la protection sociale en santé. Cette approche participative a favorisé une meilleure compréhension du RAMU et renforcé l’adhésion des travailleurs aux réformes engagées. »

Des effets déjà perceptibles pour les bénéficiaires

Au-delà des dispositifs institutionnels, les premiers bénéficiaires du RAMU témoignent déjà des effets concrets de cette couverture sur leur quotidien.

Sia Fatoumata, fonctionnaire et bénéficiaire du RAMU, vit avec une maladie chronique qui l’oblige à effectuer régulièrement des analyses et à acheter des médicaments. Avant de bénéficier de cette couverture, elle ne savait pas toujours comment faire face à ces dépenses récurrentes. Aujourd’hui, elle se dit « sauvée » par le RAMU, qui prend en charge 70 % de ses dépenses liées à la maladie.

« Avant, je stressais souvent lorsque je devais faire mes analyses ou acheter mes médicaments. Avec le RAMU, je n’ai plus cette peur de tomber malade parce que je sais que je suis prise en charge à 70 %. Toute ma famille est heureuse de l’avènement du RAMU. »

Mme Sia Fatoumata, satisfaite de la prise en charge médicale dont elle bénéficie grâce au RAMU, présente fièrement ses reçus de soins.
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
Mme Sia Fatoumata, satisfaite de la prise en charge médicale dont elle bénéficie grâce au RAMU, présente fièrement ses reçus de soins.

Braïma Diarra, enseignant et également bénéficiaire du RAMU, souligne, lui aussi les effets immédiats de cette protection. Au moment de son témoignage, il portait un plâtre à la suite d’une fracture du poignet et avait déjà effectué plusieurs examens et interventions.

« Grâce au RAMU, toute ma famille est prise en charge. J’ai fait plus de trois radios et trois plâtres. Avec mon assurance, je n’ai pas senti les dépenses. Si cette assurance maladie n’existait pas, il aurait fallu l’inventer. »

Ces témoignages illustrent concrètement l’un des objectifs majeurs du RAMU : réduire le poids des dépenses de santé sur les ménages et améliorer leur accès aux soins.

Alors que le Burkina Faso poursuit ses efforts pour étendre progressivement la couverture santé à l’ensemble de sa population, les outils développés, les capacités consolidées et les partenariats noués offrent une base solide pour renforcer l’accès aux soins et la protection face aux risques liés à la maladie.

Mme Sia et ses enfants présentent leurs cartes d’assurance maladie, un précieux sésame pour accéder aux soins de santé grâce au RAMU.
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
© François Gombahi Kouassi / OIT-Abidjan
Mme Sia et ses enfants présentent leurs cartes d’assurance maladie, un précieux sésame pour accéder aux soins de santé grâce au RAMU.

À travers cet accompagnement, l’OIT réaffirme son engagement aux côtés du Burkina Faso pour promouvoir des systèmes de protection sociale plus inclusifs, plus résilients et plus efficaces, capables de contribuer durablement à la justice sociale et au travail décent.

Détails additionnels

Références

  • DOI: N/A