Le BIT et les employeurs, ensemble pour la formalisation de l’économie informelle au Cameroun

En 2015, la Conférence Internationale du Travail (CIT) a adopté la Recommandation 204 relative à la « transition de l’économie informelle vers l’économie formelle ». Cette Recommandation guide les gouvernements, les organisations d’employeurs et de travailleurs sur le développement, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des stratégies pour faciliter la transition vers l’économie formelle.

6 avril 2017

A l’instar d’autres pays en développement singulièrement africains, le secteur informel au Cameroun représente une proportion hautement significative de l’économie. Selon l’Institut National de la Statistique, il participe pour près de 50% au PIB et concentre près de 90% des actifs occupés.

C’est dans ce cadre que l’étude sur la migration de l’économie informelle vers l’économie formelle : proposition de stratégie pour le Groupement Inter-patronal du Cameroun (GICAM), commanditée par l’organisation patronale avec l’appui technique et financier de l’OIT, a été validée au cours d’un atelier tenu à cet effet le 6 Avril 2017 au siège du GICAM à Douala, en présence d’une cinquantaine de participants.

L’objectif de l’étude était d’asseoir les bases d’une démarche partenariale public-privé visant à favoriser la migration des unités évoluant dans l’économie informelle vers l’économie formelle et de renforcer les capacités du GICAM en vue de la mise en place d’une offre de services compétitive dans ce domaine. Cette activité s’inscrit dans une action globale du BIT en faveur de la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle. C’est dans cette optique que Le Bureau de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) pour le Cameroun, la Guinée Equatoriale et São Tomé et Principe, s’engage à appuyer le Gouvernement du Cameroun, les organisations de travailleurs et les organisations des employeurs dans la mise en œuvre d’un processus qui vise à sensibiliser, informer et renforcer les capacités des mandants pour le suivi de la Recommandation 204.

L’étude s’est ainsi appesanti sur : (i) la catégorisation du secteur informel et ses déterminants, (ii) une analyse de ses incidences, (iii) la stratégie de migration des unités informelles vers le secteur formel avec un focus sur les avantages de cette migration pour le GICAM et ses membres, ainsi qu’une analyse SWOT sur la capacité de cette organisation patronale à impulser la formalisation des unités informelles et enfin (iv) un plan d’action de ce processus de formalisation. Il est à rappeler que l’appui à la formalisation des unités informelles rentre incontestablement dans les missions fondamentales du GICAM (représentation et défense du secteur privé, offre de services aux membres, promotion de l’espace économique camerounais).

Pour la mise en œuvre du plan d’action proposé et adopté par l’atelier, les recommandations de l’étude insistent sur la nécessité d’une intervention conjointe du gouvernement et du GICAM dans le cadre d’un partenariat public-privé. Par ailleurs, il a été rappelé le rôle déterminant que les grandes entreprises et autres partenaires au développement peuvent jouer dans le cadre du processus de migration de l’économie informelle vers l’économie formelle.