L’autonomisation des jeunes redonne espoir : le parcours transformateur d’Ackim Matafale
De la campagne malawite à l’entrepreneuriat réussi, l’histoire d’Ackim Matafale montre comment l’autonomisation ciblée des jeunes peut redonner espoir.
14 novembre 2025
LILONGWE (OIT Infos) – Un jeune homme originaire d’une zone rurale du Malawi a vu ses rêves brisés lorsqu’il a échoué à ses examens de Form 2. Pour lui, redoubler n’était pas une option, car il n’avait plus l’espoir d’améliorer ses résultats scolaires. Pourtant, l’espoir perdu peut être retrouvé lorsque des actions sont entreprises pour soutenir ceux qui en ont besoin. L’histoire d’autonomisation des jeunes d’Ackim Matafale apporte ainsi de l’espoir et une nouvelle perspective de vie.
Né de parents petits exploitants de café, Ackim est le dernier d’une fratrie de sept enfants. Grandir n’a pas été facile pour lui, mais ses parents ont fait de leur mieux pour subvenir aux besoins de la famille grâce aux revenus tirés de la ferme. Bien qu’ils aient souhaité à tout prix qu’il fasse des études, il était un enfant turbulent qui abandonnait facilement ce rêve.
La vie l’a mis à l’épreuve, et il a compris qu’il devait gagner de l’argent quoi qu’il arrive. Il a commencé de petites activités, comme le transport à bicyclette dans la communauté, mais il ne gagnait pas grand-chose. Le capital de départ lui avait été donné par ses parents grâce aux ventes de café. Cette activité n’a pas fonctionné pour lui, notamment en raison de l’environnement rural.
Le projet ACCEL Africa, financé par le Ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, a soutenu la communauté d’Ackim, et il a eu la chance de faire partie des 150 jeunes (95 hommes et 55 femmes) des districts caféicoles de Mzimba, Chitipa et Ntchisi à avoir bénéficié de l’initiative d’autonomisation des jeunes. Celle-ci comprenait une formation professionnelle de trois mois dans divers métiers et la fourniture de kits de démarrage entre 2022 et 2024. La mise en œuvre s’est faite en collaboration avec Impact Center for Economic Empowerment and Development (ICEED), le partenaire chargé de l’amélioration des moyens de subsistance, ainsi qu’avec TEVETA et les conseils de district (notamment les services du Travail, de la Jeunesse, du Développement communautaire et de la Protection sociale).
Après la formation, en 2023, Ackim a lancé son entreprise de soudure au centre commercial de Chinthembwe. Il fabrique divers articles pour ses clients, les plus demandés étant les cadres de fenêtres et les portes en acier. Il gagne au moins 360 000 MWK (205,60 USD) par mois.
En janvier 2025, Ackim a ouvert un second atelier de soudure à Mponela, dans le district de Dowa, une zone commerciale très active, où il a employé un homme pour gérer l’entreprise. Il a utilisé les revenus générés par sa première activité pour acheter du matériel supplémentaire, dont une machine de soudure et une meuleuse, utilisées dans le deuxième atelier.
Ackim a également construit un local commercial semi-détaché au centre de Chinthembwe, qu’il prévoit d’utiliser pour son entreprise dans une pièce, tout en louant l’autre.
À propos de la transformation de sa vie, Ackim a déclaré en toute confiance :
Je suis désormais financièrement indépendant ; je peux subvenir à mes besoins et soutenir mes parents chaque fois que cela est nécessaire.
Pour Ackim, la diversification est la clé du succès. Il s’est également lancé dans l’élevage à des fins commerciales ; il a acheté une truie et en possède désormais sept après en avoir vendu deux.
Ackim a commencé à former d’autres jeunes de sa communauté selon leur intérêt et la demande. Il n’accepte que ceux qui montrent un réel engagement et lui prouvent qu’ils sont sérieux dans leur volonté d’être formés à la fabrication et à la soudure. Il a déjà formé l’un de ses amis pendant quatre mois ; celui-ci avait terminé ses études secondaires mais n’arrivait pas à trouver un emploi. Grâce à cette formation, il a pu obtenir un travail à Lilongwe, la capitale du Malawi. Ackim a offert cette formation gratuitement afin de montrer à la communauté sa capacité à former d’autres jeunes.
Ackim se projette désormais vers une expansion de son entreprise, où il pourra former encore davantage de jeunes au sein de sa communauté.
J’aimerais acheter davantage d’équipements, employer plus de personnes et commencer à former des gens moyennant des frais.
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