Transition juste
La décarbonation des PME japonaises nécessite des financements au service d’une transition juste
Alors que le secteur automobile japonais se décarbone, les PME sont de plus en plus contraintes de s’adapter. Une transition juste nécessitera non seulement de nouvelles technologies et des financements, mais aussi le développement des compétences, un accompagnement des travailleurs et des politiques ciblées afin de veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.
21 août 2026
GENÈVE (OIT Infos) – Les petites et moyennes entreprises représentent une part importante de l’activité économique et de l’emploi et jouent, à ce titre, un rôle central dans la transition juste. Au Japon, les PME emploient près de 70 % de la population active et sont fortement intégrées aux chaînes d’approvisionnement, notamment dans le secteur automobile, dont la transformation constitue un enjeu majeur pour la décarbonation de l’économie mondiale.
Le passage aux véhicules connectés, autonomes, partagés et électriques oblige les entreprises présentes dans les chaînes de valeur des composants automobiles, des matières premières et de l’électronique non seulement à adopter de nouvelles technologies, mais aussi à faire évoluer leurs modèles de production, à développer de nouvelles compétences, à s’adapter aux évolutions du marché et à gérer les conséquences de cette transformation pour les travailleurs. Environ 1,6 million de travailleurs japonais pourraient être directement concernés.
La décarbonation des PME ne constitue donc pas uniquement un défi technologique. Elle soulève également des enjeux en matière de capacités techniques, de transition de la main-d’œuvre et d’accès au financement. Les PME disposent souvent d’une expertise technique limitée et doivent supporter des coûts d’investissement initiaux élevés, tout en rencontrant des difficultés d’accès aux capitaux, dans un contexte d’incertitude quant à l’évolution de la demande.
Avec son cadre de transformation verte, ou Green Transformation (GX), le Japon déploie une réponse structurée combinant politiques publiques et soutien financier public. Sur le plan financier, il s’appuie notamment sur l’émission d’obligations souveraines de transition et sur la mise en place progressive d’un mécanisme de tarification du carbone, avec l’introduction d’un système d’échange de quotas d’émission, suivie de celle d’un prélèvement carbone. Le programme plus large d’investissements publics et privés, d’un montant de 150 000 milliards de yens, prévoit des subventions pluriannuelles en faveur des PME afin de limiter les perturbations économiques et de préserver les capacités industrielles pendant la transition.
Cependant, l’élaboration d’un plan de transition représente elle-même un investissement pour une PME. De nombreuses entreprises y renoncent en raison d’une compréhension insuffisante des bénéfices attendus, de manque de capacités, de contraintes financières et d’un manque de temps. Au-delà des subventions, les PME ont besoin d’un accompagnement plus global: sensibilisation aux bénéfices de la décarbonation, les dispositifs d’assistance technique, appui à la mesure des émissions et à la mise en place de systèmes de collecte de données et de reporting, meilleure visibilité sur les aides disponibles, les mécanismes privés de financement vert, ainsi que signaux de demande clairs de la part de leurs clients.
La dimension sociale doit également être intégrée de manière plus explicite. Les dispositifs d’appui existants restent fortement axés sur les aspects technologiques de la décarbonation. Une attention accrue et des financements supplémentaires doivent être consacrés aux programmes de reconversion professionnelle et de développement des compétences, en tenant compte des enjeux de genre, afin que les femmes puissent bénéficier de cette transformation et passer de fonctions particulièrement exposées à l’automatisation à des postes techniques plus qualifiés.
Les institutions financières peuvent jouer un rôle clé dans la décarbonation des PME. Au-delà des prêts verts, elles peuvent accompagner les entreprises au moyen de financements liés à des plans de transition juste, des actions de sensibilisation, une orientation vers les dispositifs publics, les subventions et les garanties disponibles, des services de conseil sur mesure et des produits financiers incitant les entreprises à assurer une transition inclusive de leur main-d’œuvre et à poursuivre des objectifs de travail décent.
Découvrez les enjeux la décarbonation des PME au Japon et, à travers l’expérience directe des PME japonaises du secteur des composants automobiles, les mesures nécessaires pour accompagner une transition juste.
Explorez les leviers dont disposent les banques, les investisseurs, les assureurs et les institutions de financement du développement pour mettre en pratique une stratégie de transition juste. Inspirez-vous de l’expérience des acteurs pionniers réunis au sein du Just Transition Finance Hub de l’OIT et explorez la manière dont les investisseurs institutionnels japonais peuvent intégrer les droits humains et les droits du travail dans leurs pratiques d’investissement.
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