Notre impact, leur histoire
La couture, un nouveau chemin pour Aminata
Voici l’histoire de Coulibaly Aminata, 18 ans, qui raconte comment une formation en couture soutenue par le projet ACCEL Africa de l’OIT l’a aidée à dépasser une période difficile de son enfance et à se construire un avenir professionnel en Côte d’Ivoire. Elle raconte ici son parcours.
26 janvier 2026
Je m’appelle Coulibaly Aminata. J’ai 18 ans et je viens de Côte d’Ivoire. Quand j’avais 15 ans, j’ai perdu mes parents. Après ça, tout a changé.
Lorsque j’étais enfant, j'allais à l’école. J’aimais l’école et tout ce qu’on y faisait. Quand mes parents étaient vivants, je ne travaillais pas. Parfois, j'allais aux champs avec mon papa, mais il ne me forçait pas. Moi j’aimais l’aider.
J’ai perdu mes parents quand j’avais 15 ans. Après leur décès, je suis venue vivre chez mon oncle. Il est planteur de cacao. En arrivant chez lui, je me sentais gênée, parce que je n’étais plus avec mes parents. Mon père me manquait énormément.
Après la mort de mes parents, j’ai arrêté l’école parce qu’il n’y avait pas les moyens. À ce moment-là, je partais souvent aux champs avec mon oncle.
Quand je partais aux champs, on transportait le cacao. Le matin, on allait au champ, à midi je préparais à manger, et le soir on rentrait à la maison. Je n’aimais pas le travail aux champs, parce que c’était difficile. Les sacs de cacao étaient lourds, le soleil tapait fort et le riz grattait la peau. Une fois, je me suis blessée au pied avec une machette. Et plus le temps passait, plus je me disais que je ne voulais pas de cette vie.
Il y a eu une période où je ne faisais plus grand-chose. Quand je ne partais pas aux champs, je traînais dans la rue avec mes camarades. Je me promenais, je perdais mon temps. Et je savais que la rue peut t’emmener vers de mauvaises choses.
Coudre pour un avenir meilleur
Depuis longtemps, j’aimais la couture. Quand j’ai quitté l’école, je voulais devenir couturière, mais je n’avais pas les moyens de me lancer. Je ne savais même pas par où commencer.
J'étais dans la rue quand les gens de la cooperative m'ont trouvée. Ils nous ont parlé du projet ACCEL Africa et nous ont dit qu'ils paieraient pour qu'on apprenne un métier, pour qu'on n'ait plus besoin de traîner dans la rue ou dans les champs. Au début, je ne les croyais pas, mais ils ont parlé à mon oncle et l'ont convaincu de me laisser essayer.
Quand j’ai commencé à coudre, j’ai appris à confectionner des robes, des jupes et des chemisiers. Avant, je ne connaissais rien à la couture. C’est ici que j’ai tout appris.
Aujourd’hui, ma vie est différente. Le matin, je me lève et je vais travailler. Le soir, je rentre à la maison. Je ne traîne plus dans la rue et je ne vais plus aux champs.
J’aime être à l’atelier avec mes amis, et j’aime apprendre avec mon patron. Quand il me montre le travail, je suis contente parce que je progresse. Et je ressens une fierté que je n’avais pas avant.
J’aime la couture parce que quand je travaille et que je termine une robe, je suis heureuse. Je suis contente de voir ce que j’ai accompli. J’aime confectionner des robes pour les femmes, pour les enfants, et également pour les clients.
La couture a changé ma vie. Maintenant, je suis contente de voir ce que j’ai fait de mes mains. Je ne suis plus dans la rue.
Mon rêve: être ma propre patronne
Je ne veux pas seulement apprendre. Je veux créer quelque chose.
Mon rêve, c’est de devenir une grande couturière. Plus tard, je veux ouvrir mon propre atelier, être ma propre patronne, gagner de l’argent et devenir quelqu'un d'important.
Je pense souvent à celles qui traînent encore dehors, comme je le faisais auparavant. À ces jeunes, je leur conseille de chercher un travail, de trouver un métier. Traîner dans la rue n’est pas une bonne chose. Il y a beaucoup de mauvaix côtés et de conséquences négatives. Quand on est dans la rue, on peut apprendre à voler ou devenir un bandit. Il vaut mieux travailler.
En savoir plus:
- ACCEL Africa lutte contre le travail des enfants dans le secteur du cacao et l'extraction artisanale de l’or en Côte d'Ivoire en encourageant le développement et la formalisation des entreprises.
- Le projet travaille également avec les communautés vulnérables pour les sensibiliser aux risques auxquels les enfants sont exposés dans l'agriculture et à l'importance de l'éducation.
- ACCEL Africa soutient également les efforts de la Côte d'Ivoire visant à étendre la protection sociale aux producteurs de cacao, aux mineurs et aux travailleurs informels exposés au risque de travail des enfants.
- ACCEL Africa est financé par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas.
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