COVID-19 et VIH/sida dans le secteur informel en Côte d’Ivoire: l’OIT tire la sonnette d’alarme
Le Bureau de Pays de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), Abidjan a publié les résultats de son étude sur l’impact de la COVID-19 sur les travailleurs vivant avec le VIH/sida (TVVIH) dans le secteur informel en Côte d’Ivoire.
25 mai 2021
Selon une nouvelle étude faite dans le secteur informel en Côte d’Ivoire, le monde du travail est aussi touché par la pandémie mondiale a Coronavirus. « En Côte d’Ivoire plus de 50% des emplois sont informels et les acteurs de ce secteur sont les plus impactés par cette crise sanitaire », révèle l’étude.
Simon Barussaud, le consultant de l’OIT qui a conduit l’étude, souligne dans cette étude quatre principaux facteurs de vulnérabilité dont souffrent les TVVIH. Il s’agit des facteurs socioéconomiques, sanitaires, psychologiques et professionnels.
Au plan socioéconomique, l’étude dévoile le licenciement et la perte d’emploi, la baisse du niveau de revenu et la diminution du pouvoir d’achat des ménages.
S’agissant du facteur sanitaire, l’étude se félicite du maintien à 97.3% de l’accès aux Anti Rétroviraux (ARV) malgré la réticence à fréquenter les établissements sanitaires tout en déplorant la forte exposition au virus dans le cadre de l’activité économique informelle malgré le respect des mesures de précaution. A ce niveau, « les stratégies de résilience et/ou dispositif d’appui n’ont pas manqué », souligne l’étude relevant « le déploiement d’un plan de contingence par le Plan National de Lutte contre le Sida (PNLS) qui vise à adapter le processus de délivrance des ARV aux conditions sanitaires avec une forte implication des Organisations Non Gouvernementales (ONG) communautaires dans la délivrance des ARV et l’appui multiforme aux travailleurs vivant avec le VIH/sida ».
En ce qui concerne la dimension professionnelle et du dialogue sociale, l’Impact de la COVID-19 sur les travailleurs vivant avec le VIH/sida a été ressenti au niveau des « nombreuses violations du code du travail à travers des licenciements sans préavis ni indemnités de salaire, la diminution forcée du salaire et/ou des horaires de travail et surtout, la forte stigmatisation des travailleurs vivant avec le VIH sur leur lieu de travail en cas de connaissance de leur statut sérologique ». En termes de stratégies de résilience, l’étude souligne la « faible présence syndicale dans l’économie informelle a fortiori parmi les travailleurs vivant avec le VIH et le rôle limité des organisations professionnelles ainsi que la capacité limitée de défendre ses droits et d’être intégré dans les mécanismes de dialogue social ».
Au plan psychologique, l’impact de la COVID-19 sur les travailleurs vivant avec le VIH/sida a été caractérisé, selon l’étude, par une « forte dégradation de l’état psychologique des travailleurs vivant avec le VIH/sida causée par la précarisation de leur situation socioéconomique ainsi que par la marginalisation sociale et la crainte d’attraper le virus ».
« La note conceptuelle tend à répondre aux préoccupations des travailleurs vivant avec le VIH en appuyant concrètement les travailleurs porteurs du virus du Sida pour leur permettre de se relancer professionnellement, faire face à leurs problèmes psychologiques et avoir des actions sur l’environnement sociologique de la Côte d’Ivoire en termes de sensibilisation sur la loi de 2014 portant sur prévention des discriminations à l’encontre des porteurs de VIH », explique le consultant. Pour lui, « le dialogue social est au cœur du processus », ajoutant que « cette étude n’aura d’impact que si elle a des relais auprès des partenaires techniques et financiers ou des agents d’exécution pour matérialiser les recommandations faites ».
« C’est un travail de plaidoyer que le BIT doit faire pour appuyer les travailleurs vivant avec le VIH/sida afin de les sortir de leur isolement et surtout les aider à intégrer les organisations communautaires qui leur permettra d’être au cœur du dialogue social, condition pour atténuer les stigmates sociaux qui pèsent sur ces travailleurs » conclut le rédacteur de l’étude, M. Barussaud.
Pour le Directeur de Pays de l’OIT, en Côte d’Ivoire, cette étude est importante parce qu’elle met l’accent sur les différents problèmes auxquels les travailleurs vivant avec le VIH/sida sont confrontés. « Il est important d’écouter tout le monde sur cette nouvelle vulnérabilité qu’est la COVID-19. Il s’agira donc pour nous de partager les résultats de l’étude qui sont des informations de première main et qui permettront d’avoir un calendrier de travail cohérent pour des actions concrètes », a déclaré Frédéric Lapeyre.
Le tripartisme étant au cœur de l’action de l’OIT, le gouvernement, le patronat et les syndicats étaient présents à la restitution des résultats de cette étude pour faire entendre leurs voix.
« Cette étude revêt une importance capitale pour le Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale parce que, une de nos missions régaliennes est la promotion et la sauvegarde de l’emploi des personnes vulnérables au nombre desquelles les personnes vivant avec le VIH/sida », s’est félicitée Sylvie Kabran, la représentante de la Direction Générale de l’Emploi, promettant que « le gouvernement jouera toujours son rôle d’accompagnement pour le bonheur de tous les travailleurs ».
Côté patronat, l’on se félicite également des résultats de cette étude qui a révélé selon le représentant de la Confédération Générale des Entreprises de Cote d’Ivoire (CGECI) à cet atelier de restitution de l’étude, « le manque de dialogue social entre les différentes parties pour adresser les problèmes des travailleurs vulnérables dû à la COVID-19 et au VIH/sida. Le patronat est ouvert à apporter sa contribution pour engager le dialogue social » rassure Edouard Ladouyou.
Les syndicalistes entendent eux aussi apporter leur contribution pour la définition d’un nouveau cadre juridique qui prend en compte les travailleurs vulnérables. « Nous ferons tout, dans le cadre tripartite, pour mettre en place ce cadre juridique protecteur du travailleur », promet un des représentants des confédérations syndicales.
Parlant des Ivoiriens vivant avec le VIH/sida, le président de leur Réseau (RIP +) a émis un vœu : « Nous souhaitons qu’à partir de cette étude, la question du VIH/sida, dans le monde du travail ne soit plus un problème pour la performance. Car aujourd’hui, le VIH est une maladie chronique avec laquelle on peut vivre. Il n’est donc plus question de se cacher derrière son statut dans le milieu du travail », conseille Alain Somian, le Directeur exécutif de RIP+.
Dans le cadre d’unité d’action du Système des Nations Unies pour le Développement (SNUD), Brigitte Quenum, Directrice pays d’ONUSIDA en Côte d’Ivoire a salué cette étude, soulignant qu’aujourd’hui, « VIH/sida et COVID-19, c’est le même combat et que la question se trouve maintenant dans l’accès aux médicaments ».
Simon Barussaud, le consultant de l’OIT qui a conduit l’étude, souligne dans cette étude quatre principaux facteurs de vulnérabilité dont souffrent les TVVIH. Il s’agit des facteurs socioéconomiques, sanitaires, psychologiques et professionnels.
Au plan socioéconomique, l’étude dévoile le licenciement et la perte d’emploi, la baisse du niveau de revenu et la diminution du pouvoir d’achat des ménages.
S’agissant du facteur sanitaire, l’étude se félicite du maintien à 97.3% de l’accès aux Anti Rétroviraux (ARV) malgré la réticence à fréquenter les établissements sanitaires tout en déplorant la forte exposition au virus dans le cadre de l’activité économique informelle malgré le respect des mesures de précaution. A ce niveau, « les stratégies de résilience et/ou dispositif d’appui n’ont pas manqué », souligne l’étude relevant « le déploiement d’un plan de contingence par le Plan National de Lutte contre le Sida (PNLS) qui vise à adapter le processus de délivrance des ARV aux conditions sanitaires avec une forte implication des Organisations Non Gouvernementales (ONG) communautaires dans la délivrance des ARV et l’appui multiforme aux travailleurs vivant avec le VIH/sida ».
En ce qui concerne la dimension professionnelle et du dialogue sociale, l’Impact de la COVID-19 sur les travailleurs vivant avec le VIH/sida a été ressenti au niveau des « nombreuses violations du code du travail à travers des licenciements sans préavis ni indemnités de salaire, la diminution forcée du salaire et/ou des horaires de travail et surtout, la forte stigmatisation des travailleurs vivant avec le VIH sur leur lieu de travail en cas de connaissance de leur statut sérologique ». En termes de stratégies de résilience, l’étude souligne la « faible présence syndicale dans l’économie informelle a fortiori parmi les travailleurs vivant avec le VIH et le rôle limité des organisations professionnelles ainsi que la capacité limitée de défendre ses droits et d’être intégré dans les mécanismes de dialogue social ».
Au plan psychologique, l’impact de la COVID-19 sur les travailleurs vivant avec le VIH/sida a été caractérisé, selon l’étude, par une « forte dégradation de l’état psychologique des travailleurs vivant avec le VIH/sida causée par la précarisation de leur situation socioéconomique ainsi que par la marginalisation sociale et la crainte d’attraper le virus ».
« La note conceptuelle tend à répondre aux préoccupations des travailleurs vivant avec le VIH en appuyant concrètement les travailleurs porteurs du virus du Sida pour leur permettre de se relancer professionnellement, faire face à leurs problèmes psychologiques et avoir des actions sur l’environnement sociologique de la Côte d’Ivoire en termes de sensibilisation sur la loi de 2014 portant sur prévention des discriminations à l’encontre des porteurs de VIH », explique le consultant. Pour lui, « le dialogue social est au cœur du processus », ajoutant que « cette étude n’aura d’impact que si elle a des relais auprès des partenaires techniques et financiers ou des agents d’exécution pour matérialiser les recommandations faites ».
« C’est un travail de plaidoyer que le BIT doit faire pour appuyer les travailleurs vivant avec le VIH/sida afin de les sortir de leur isolement et surtout les aider à intégrer les organisations communautaires qui leur permettra d’être au cœur du dialogue social, condition pour atténuer les stigmates sociaux qui pèsent sur ces travailleurs » conclut le rédacteur de l’étude, M. Barussaud.
Pour le Directeur de Pays de l’OIT, en Côte d’Ivoire, cette étude est importante parce qu’elle met l’accent sur les différents problèmes auxquels les travailleurs vivant avec le VIH/sida sont confrontés. « Il est important d’écouter tout le monde sur cette nouvelle vulnérabilité qu’est la COVID-19. Il s’agira donc pour nous de partager les résultats de l’étude qui sont des informations de première main et qui permettront d’avoir un calendrier de travail cohérent pour des actions concrètes », a déclaré Frédéric Lapeyre.
Le tripartisme étant au cœur de l’action de l’OIT, le gouvernement, le patronat et les syndicats étaient présents à la restitution des résultats de cette étude pour faire entendre leurs voix.
« Cette étude revêt une importance capitale pour le Ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale parce que, une de nos missions régaliennes est la promotion et la sauvegarde de l’emploi des personnes vulnérables au nombre desquelles les personnes vivant avec le VIH/sida », s’est félicitée Sylvie Kabran, la représentante de la Direction Générale de l’Emploi, promettant que « le gouvernement jouera toujours son rôle d’accompagnement pour le bonheur de tous les travailleurs ».
Côté patronat, l’on se félicite également des résultats de cette étude qui a révélé selon le représentant de la Confédération Générale des Entreprises de Cote d’Ivoire (CGECI) à cet atelier de restitution de l’étude, « le manque de dialogue social entre les différentes parties pour adresser les problèmes des travailleurs vulnérables dû à la COVID-19 et au VIH/sida. Le patronat est ouvert à apporter sa contribution pour engager le dialogue social » rassure Edouard Ladouyou.
Les syndicalistes entendent eux aussi apporter leur contribution pour la définition d’un nouveau cadre juridique qui prend en compte les travailleurs vulnérables. « Nous ferons tout, dans le cadre tripartite, pour mettre en place ce cadre juridique protecteur du travailleur », promet un des représentants des confédérations syndicales.
Parlant des Ivoiriens vivant avec le VIH/sida, le président de leur Réseau (RIP +) a émis un vœu : « Nous souhaitons qu’à partir de cette étude, la question du VIH/sida, dans le monde du travail ne soit plus un problème pour la performance. Car aujourd’hui, le VIH est une maladie chronique avec laquelle on peut vivre. Il n’est donc plus question de se cacher derrière son statut dans le milieu du travail », conseille Alain Somian, le Directeur exécutif de RIP+.
Dans le cadre d’unité d’action du Système des Nations Unies pour le Développement (SNUD), Brigitte Quenum, Directrice pays d’ONUSIDA en Côte d’Ivoire a salué cette étude, soulignant qu’aujourd’hui, « VIH/sida et COVID-19, c’est le même combat et que la question se trouve maintenant dans l’accès aux médicaments ».